Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT Les risques liés aux séismes Le 11 novembre 2019, un séisme s’est produit au niveau de la commune du Teil. Il a conduit EDF à mettre à l’arrêt les réacteurs de la centrale nucléaire de Cruas‑Meysse afin de procéder à des vérifications, qui n’ont pas révélé d’anomalie. L’ASN a demandé à EDF dès novembre 2019 de déterminer si ce séisme devait conduire à revoir les niveaux de séisme à retenir pour la protection des sites des centrales nucléaires du Tricastin et de Cruas‑Meysse. Après des investigations de terrain, EDF a défini un nouveau niveau d’aléa qui est utilisé dans les études de réévaluation sismique associées au quatrième réexamen périodique du site de Cruas-Meysse. Par ailleurs, l’ASNR a demandé à EDF de poursuivre ses investigations afin d’obtenir une meilleure caractérisation des failles existantes autour des centrales nucléaires du Tricastin et de Cruas‑Meysse. EDF a entrepris un important programme d’investigations de terrain qui s’est poursuivi en 2025 et dont les conclusions ont vocation à être prises en compte lors du cinquième réexamen périodique des réacteurs des sites concernés. Les risques liés aux températures extrêmes Les inspections portant sur les risques associés aux températures extrêmes mettent en évidence que l’organisation d’EDF s’est améliorée sur une majorité de sites. Toutefois, dans un contexte de changement climatique, qui conduit à ce que les périodes de grands chauds ou de grands froids peuvent être plus précoces, l’ASNR constate sur certains sites un manque d’anticipation des mises en configuration estivale ou hivernale des installations. 2.5 La conformité et la maintenance des installations 2.5.1 – La maintenance des installations et la maîtrise des activités sous‑traitées La maintenance des installations La maintenance préventive constitue une ligne de défense essentielle pour assurer la conformité d’une installation à son référentiel de sûreté. Afin d’améliorer la fiabilité des équipements importants pour la sûreté, mais aussi la performance industrielle, EDF optimise ses activités de maintenance en s’inspirant des pratiques de l’industrie conventionnelle et des exploitants de centrales nucléaires à l’étranger. EDF a décidé en 2008 de déployer la méthodologie de maintenance dénommée « AP913 », développée par les exploitants nucléaires américains et reposant sur deux axes principaux : l’évolution des organisations pour développer le suivi de la fiabilité des matériels et des systèmes et la mise en œuvre d’un nouveau type de programmes de maintenance préventive. Le diagnostic de la mise en œuvre de l’AP913 réalisé par EDF mi-2016 a fait apparaître des difficultés liées à la mise en œuvre du suivi des performances et à l’augmentation des tâches de maintenance générée par les programmes de maintenance AP913. EDF a ainsi défini en 2017 de nouvelles orientations stratégiques en matière de maintenance et de fiabilité. Elle a précisé les rôles des différents services et métiers liés à la réalisation de la maintenance, en réaffirmant que les services de maintenance sont responsables de la maîtrise d’ouvrage des matériels qu’ils entretiennent, en particulier dans un contexte de poursuite du fonctionnement des réacteurs au‑delà de 40 ans. EDF a également mis en place des bilans de fonction pour obtenir une vision intégrée des matériels et systèmes participant à chaque fonction, ainsi qu’une nouvelle phase de son projet de maîtrise des volumes de maintenance (MVM). Cette démarche vise à proposer des outils et méthodes pour ajuster les volumes de maintenance préventive. La maîtrise des activités sous‑traitées La réalisation des opérations de maintenance des réacteurs est en grande partie sous‑traitée par EDF à des entreprises extérieures. EDF motive le recours à la sous‑traitance par le besoin de faire appel à des compétences pointues ou rares et par la forte saisonnalité des arrêts de réacteur et donc le besoin d’absorber les pics de charge. Le choix d’EDF de recourir à la sous-traitance ne doit pas remettre en cause les compétences techniques qu’elle doit conserver pour exercer sa responsabilité d’exploitant en matière de protection des personnes et de l’environnement, et être en mesure de surveiller effectivement la qualité des travaux effectués par les sous‑traitants. Une sous‑traitance mal maîtrisée est en effet susceptible de conduire à une mauvaise qualité du travail réalisé et d’avoir un impact négatif sur la sûreté de l’installation et la radioprotection des intervenants. EDF met en place les dispositions nécessaires pour maîtriser les risques associés aux activités sous‑traitées et les actualise régulièrement. EDF a ainsi renforcé la préparation des arrêts de réacteur afin, notamment, de sécuriser la disponibilité des ressources humaines et matérielles. 2.5.2 – L’évaluation de la maintenance et des activités sous‑traitées La maintenance des installations La maintenance des centrales nucléaires fait l’objet de contrôles réguliers. En 2025, l’ASNR estime que la situation d’ensemble est demeurée assez satisfaisante, tout en soulignant l’importance qu’EDF poursuive ses efforts afin de remédier aux difficultés FOCUS N°8 Les arrêts de réacteurs Les réacteurs électronucléaires doivent être arrêtés périodique‑ ment, tous les 12 à 18 mois, pour renouveler leur combustible, qui s’épuise pendant le cycle de production d’électricité. Un tiers ou un quart du combustible est ainsi renouvelé à chaque arrêt. Ces arrêts rendent momentanément accessibles certaines parties de l’installation qui ne le sont pas en phase de production. Ils sont donc mis à profit par EDF pour réaliser des opérations de contrôle, d’essais et de maintenance, ainsi que pour réaliser des travaux. Ces arrêts peuvent être de plusieurs types : • arrêt pour simple rechargement et arrêt pour visite partielle : d’une durée de quelques semaines à quelques mois, ces arrêts sont consacrés au renouvellement d’une partie du combustible et à la réalisation d’un programme de vérification et de maintenance, plus important lors d’une visite partielle que lors d’un arrêt pour simple rechargement ; • arrêt pour visite décennale : il s’agit d’un arrêt faisant l’objet d’un programme de vérification et de maintenance approfondi. Ce type d’arrêt, qui dure plusieurs mois et intervient tous les dix ans, permet à l’exploitant de procéder à des opérations lourdes telles que la visite complète et l’épreuve hydraulique du circuit primaire, l’épreuve de l’enceinte de confinement ou l’intégration des évolu‑ tions de conception résultant des réexamens périodiques. Ces arrêts sont planifiés et préparés par l’exploitant plusieurs mois à l’avance. L’ASNR contrôle les dispositions prises par l’exploitant pour assurer la sûreté de l’installation, la protection de l’environne‑ ment et la radioprotection des travailleurs pendant l’arrêt, ainsi que la sûreté du réacteur pour le cycle de production à venir. Le contrôle réalisé par l’ASNR, au regard des dispositions de la décision n° 2014-DC-0444 du 15 juillet 2014 relative aux arrêts et aux redémarrages des REP, s’effectue par sondage. Il porte princi‑ palement sur les activités présentant le plus d’enjeux pour la sûreté, ainsi que sur le traitement des éventuels aléas. Il se compose d’inspections sur site et de contrôles documentaires, tout au long de l’arrêt et particulièrement avant le redémarrage du réacteur. C’est à l’issue de ce contrôle que l’ASNR donne ou non son accord au redémarrage du réacteur. 306 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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