LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT rencontrées et renforcer durablement la maîtrise de la qualité des activités de maintenance. À cet égard, l’ASNR constate au travers de ses inspections la bonne tenue générale des installations, et a relevé une bonne maîtrise des arrêts de réacteur. L’ASNR considère qu’EDF doit améliorer la préparation des activités de maintenance. En effet, plusieurs événements significatifs et inspections ont mis en évidence des défauts de préparation. Le taux d’intégration documentaire des prescriptions liées à la maintenance s’est amélioré en 2025. La qualité de la documentation opérationnelle demeure perfectible. Des progrès sont également attendus concernant la qualité des analyses de fin d’intervention. De plus, les inspecteurs ont relevé à plusieurs reprises des défauts dans le remplissage des documents opérationnels par les opérateurs de maintenance. Le nombre d’événements significatifs pour la sûreté (ESS) dont l’analyse des causes révèle un lien avec une non-qualité de maintenance (NQM) est stable en 2025 par rapport à l’année précédente, après une baisse depuis 2022. Les principales défaillances à l’origine des NQM concernent la préparation et la qualité des dossiers, le suivi des procédures, ainsi que la formation, l’entraînement et la maîtrise du geste technique. Enfin, l’ASNR constate encore des difficultés liées à la gestion des pièces de rechange, qui conduisent parfois à des déprogrammations d’activités de maintenance. Par ailleurs, d’importantes disparités existent dans la tenue des magasins et le respect des conditions d’entreposage. Plusieurs sites sont en difficulté, nécessitant la mise en œuvre d’actions correctives prioritaires. L’organisation pour la réalisation de la maintenance La planification des activités de maintenance, bien qu’étant en nette amélioration sur la majorité des centrales nucléaires, reste un sujet d’importance que l’ASNR continuera à surveiller. L’ASNR constate parfois des défauts de coordination entre métiers, notamment entre la maintenance, la conduite et les équipes portant les projets. Ces défauts se matérialisent généralement par un nonrespect des fondamentaux de communication et de transfert d’informations. Ils sont souvent imputables à des organisations complexes et mal maîtrisées entrainant une méconnaissance des rôles et responsabilités des acteurs et des interfaces, ainsi qu’à des insuffisances dans la programmation des activités et à des problèmes d’adéquation entre les ressources matérielles et humaines. La maîtrise des activités sous‑traitées L’ASNR contrôle les conditions de préparation (calendrier, ressources requises, etc.) et d’exercice des activités sous‑traitées (relations avec l’exploitant, surveillance par l’exploitant, etc.). Elle vérifie aussi que les intervenants disposent des moyens nécessaires (outils, documents opératoires, etc.) à l’accomplissement de leur activité, notamment lorsque ces moyens sont mis à disposition par EDF. L’ASNR constate une dynamique positive au sein des centrales nucléaires pour améliorer la compétence des prestataires. EDF met en place des actions concrètes, comme la mise à disposition croissante d’espaces permettant une préparation sur maquette. Certains sites ont également ouvert leurs espaces de e-learning aux prestataires. La surveillance exercée par EDF sur les activités sous-traitées est globalement en amélioration. Toutefois, les difficultés rencontrées par certains prestataires nécessitent qu’EDF continue à renforcer ses actions. En particulier, la surveillance exercée par EDF se focalise parfois encore trop sur le respect des règles d’assurance qualité et de sécurité au détriment du geste technique. L’ASNR a notamment constaté que des prestataires interviennent parfois sans certaines compétences nécessaires à la bonne réalisation de leur opération et à la compréhension des impacts de leur activité sur le pilotage de l’installation. Il est également noté des plans de surveillance inadaptés et des défauts de traçabilité des actions de surveillance, ainsi que l’absence ou la réalisation partielle d’actions de surveillance. Ces différents constats questionnent non seulement le processus de sélection des intervenants extérieurs mais aussi la mise en place par l’exploitant de mesures suffisantes de vérification et de suivi du niveau de compétence des prestataires par une surveillance adaptée. 2.5.3 – Le contrôle de la conformité des installations aux exigences qui leur sont applicables Le maintien de la conformité des installations à leurs exigences de conception, de réalisation et d’exploitation est un enjeu majeur dans la mesure où cette conformité est essentielle pour s’assurer du respect de la démonstration de sûreté. Les processus mis en œuvre par l’exploitant, notamment lors des arrêts des réacteurs, contribuent au maintien de la conformité des installations. L’identification et le traitement des écarts Les contrôles engagés par EDF dans le cadre de son référentiel d’exploitation et les vérifications additionnelles demandées par l’ASNR au titre, notamment, du retour d’expérience peuvent conduire à la détection d’écarts par rapport aux exigences définies, qui doivent alors être traités. Ces écarts peuvent avoir diverses origines : problèmes de conception, défauts de réalisation lors de la construction, maîtrise insuffisante des opérations de maintenance, dégradations dues au vieillissement, défaillances organisationnelles, etc. Les actions de détection et de correction des écarts, prescrites par l’arrêté du 7 février 2012, jouent un rôle essentiel dans le maintien du niveau de sûreté des installations. Les vérifications « au fil de l’eau » La réalisation des programmes d’essais périodiques et de maintenance préventive sur les matériels et les systèmes contribue à identifier les écarts. Les visites de routine sur le terrain et les activités de contrôle technique et de vérification des activités considérées comme importantes pour la protection des personnes et de l’environnement constituent également des moyens efficaces pour détecter des écarts. Les vérifications lors des arrêts de réacteur EDF met à profit les arrêts des réacteurs nucléaires pour réaliser les travaux de maintenance et les contrôles qui ne peuvent être accomplis lorsque le réacteur est en production (voir focus n°8). Ces opérations permettent notamment de résorber les écarts déjà connus, mais peuvent également conduire à en détecter de nouveaux. Avant chaque redémarrage de réacteur, l’ASNR demande à EDF de recenser les écarts non résorbés, de mettre en œuvre des dispositions compensatoires adaptées et de justifier l’acceptabilité de ces écarts au regard de la protection des personnes et de l’environnement pour le cycle de production à venir. Les vérifications décennales : les examens de conformité EDF réalise des réexamens périodiques de ses réacteurs nucléaires tous les dix ans, conformément à la réglementation (voir point 3.2). EDF réalise alors une revue approfondie de l’état réel des installations par rapport aux exigences de sûreté qui leur sont applicables, notamment à partir du suivi en exploitation qu’elle a réalisé jusqu’alors, et répertorie les éventuels écarts. Ces vérifications sont complétées par un programme d’investigations complémentaires dont le but est de contrôler des parties de l’installation vis‑à‑vis de modes de dégradation qui ne font pas l’objet de contrôles dans le cadre du programme de maintenance préventive. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 307 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z
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