LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT Ce contrôle est réalisé dans chaque centrale nucléaire lors d’inspections, soit spécifiquement sur le thème de la radioprotection, soit sur les activités réalisées pendant les arrêts de réacteur, ou encore à la suite d’événements spécifiques. Ce contrôle est aussi réalisé à l’occasion de l’examen de dossiers abordant la radioprotection des travailleurs (rapports d’événement significatif, dossiers de conception, de maintenance ou de modification, documents d’application de la réglementation élaborés par EDF, etc.). Au cours des inspections menées en 2025, les inspecteurs ont constaté, comme en 2024, une démarche volontariste de la part d’EDF pour maîtriser les sources d’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants, notamment via les programmes de suivi et d’élimination des points dits « chauds ». Les inspecteurs ont aussi pu constater des progrès dans la mise en place de formation pour les intervenants chargés du contrôle des accès dans les bâtiments réacteurs, ainsi que la baisse du nombre d’événements significatifs concernant les chantiers de tirs radiographiques. En revanche, l’ASNR a de nouveau relevé dans plusieurs centrales nucléaires des difficultés concernant la surveillance des prestataires sur les chantiers, mais également au sujet de l’attitude des travailleurs sur leur propre protection et sur leur suivi radiologique, avec des écarts dans l’utilisation des dosimètres. Enfin, l’ASNR considère que des améliorations restent attendues dans la maîtrise du risque de dispersion de la contamination au sein des installations. L’ASNR constate encore des chantiers à risque de dispersion de contamination dont les dispositions de confinement ne sont pas à l’attendu. Elle considère qu’EDF doit réduire le nombre de points de contamination détectés sur les voiries des sites. Ces constats, que les inspecteurs relèvent depuis plusieurs années, doivent conduire EDF à se réinterroger sur les actions engagées dans ce cadre afin qu’elles se traduisent désormais par des améliorations effectives sur le terrain pour l’ensemble des centrales nucléaires. 2.8 Le droit du travail dans les centrales nucléaires 2.8.1 – L’inspection du travail dans les centrales nucléaires L’ASNR exerce les missions d’inspection du travail dans les installations des 57 réacteurs de production d’électricité et 11 autres installations, pour la plupart des réacteurs en démantèlement. Entre 800 et 2 000 personnes travaillent dans chaque centrale nucléaire selon le nombre de réacteurs. Environ 22 000 salariés d’EDF et 14 000 salariés d’entreprises prestataires sont ainsi affectés sur ces installations nucléaires. L’inspection du travail a pour mission de veiller à l’application de l’ensemble du code du travail par les employeurs, qu’il s’agisse d’EDF ou des entreprises prestataires. L’inspection du travail, qui contribue à la vision intégrée du contrôle recherchée par l’ASNR, mène ses actions de contrôle en lien avec les autres activités de contrôle de la sûreté des installations et de la radioprotection. 2.8.2 – L’évaluation de la santé et de la sécurité, des relations professionnelles et de la qualité de l’emploi dans les centrales nucléaires En 2025, les inspecteurs du travail ont réalisé des contrôles dans le cadre de campagnes définies dans la feuille de route annuelle de l’inspection du travail de l’ASNR sur les thèmes suivants : équipements de travail servant au levage, circulation des équipements mobiles de travail et aération-ventilation des locaux de travail à pollution spécifique. Tout comme en 2024, les contrôles réalisés par les inspecteurs du travail mettent en évidence que la préparation des chantiers doit être améliorée, afin de limiter notamment les risques d’exposition à l’amiante et au plomb. Les opérations de levage et les règles de circulation sur site restent également des points d’attention pour les inspecteurs. L’ASNR reste vigilante au déploiement effectif des plans d’action définis par EDF dans ces domaines. Les inspecteurs du travail ont également procédé à des rappels concernant la prévention des risques lors des épisodes de canicule. De plus, les protections collectives contre les chutes de hauteur (maintien en état des garde‑corps, des caillebotis et des échelles à crinoline), la prévention du risque d’incendie (audibilité du signal d’alarme, cheminement d’évacuation, réalisation d’exercices incendie) et les vérifications périodiques (installations électriques, système d’aération-ventilation des locaux) ont fait l’objet de plusieurs demandes. Enfin, les inspecteurs du travail ont suivi les événements mettant en cause la sécurité des travailleurs survenus sur les sites, engageant des enquêtes en cas d’accident grave ou mortel ou de presque accident grave. Ils ont aussi été sollicités pour traiter des dossiers en lien avec la durée du travail. L’ASNR relève que, selon les données d’EDF, l’accidentologie globale en 2025 a baissé de 3 % par rapport à 2024. Ces accidents de travail concernent principalement les risques de chute de plain‑pied, de manutention manuelle et de manipulation d’objets ou d’outils. En 2025, le climat social a présenté ponctuellement quelques tensions, notamment à l’occasion de la révision de notes d’organisation dans un contexte industriel chargé. FOCUS N°10 Contamination externe de deux travailleurs dans les centrales nucléaires de Gravelines et de Cattenom En 2025, deux situations de contamination significative d’un travail‑ leur, chacune détectée lors du contrôle radiologique réalisé en sortie du bâtiment réacteur, ont conduit à la déclaration de deux événements significatifs en matière de radioprotection classés au niveau 2 de l’échelle INES(*). Le premier événement est survenu le 10 juin 2025 à la centrale nucléaire de Cattenom. Il concerne la contamination au niveau du visage d’un travailleur ayant réalisé une opération de pose de matelas de plomb. Le second événement est survenu le 24 juillet 2025 à la centrale nucléaire de Gravelines. Il concerne la contamination à la nuque d’un travailleur ayant réalisé des tirs radiographiques. Dans les deux cas, les travailleurs ont été pris en charge afin que soit retirée la particule radioactive à l’origine de la contamination. Malgré les investigations menées sur le parcours emprunté par chacun de ces travailleurs, les zones à l’origine de leur contamina‑ tion n’ont pas pu être identifiées. Dans ces conditions, les doses susceptibles d’avoir été reçues par ces travailleurs ont été estimées sur la base d’hypothèses pénalisantes en termes de durée d’expo‑ sition, et cette estimation a conduit pour chacun d’eux à un dépas‑ sement de la limite réglementaire annuelle pour la dose équivalente à la peau, fixée à 500 millisieverts pour une surface de 1 cm² de peau. EDF a déclaré un événement significatif pour chacune de ces deux situations. En raison du dépassement d’une limite réglementaire d’exposition d’un travailleur, ces événements ont été classés au niveau 2 de l’échelle INES. À la suite de la déclaration de ces événements, l’ASNR a mené des inspections dans les centrales nucléaires concernées afin de vérifier qu’EDF avait pris toutes les mesures nécessaires pour gérer ces événements de manière adéquate et en analyser les causes. * Échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques, graduée de 0 à 7 par ordre croissant de gravité Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 313 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z
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