Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT 3 – La poursuite du fonctionnement des centrales nucléaires 3.1 L’âge des centrales nucléaires Les centrales nucléaires actuellement en fonctionnement en France ont été construites sur une période de temps assez courte : 45 réacteurs électronucléaires représentant près de 50 gigawatts électriques (GWe), soit les trois quarts de la puissance délivrée par l’ensemble des réacteurs électronucléaires français, ont été mis en service entre 1980 et 1990, et sept réacteurs, représentant 10 GWe, entre 1991 et 2000. En décembre 2025, la moyenne d’âge des 57 réacteurs en fonctionnement, calculée à partir des dates de première divergence, se répartit comme suit : ∙43 ans pour les 32 réacteurs de 900 MWe ; ∙38 ans pour les 20 réacteurs de 1300MWe; ∙26 ans pour les quatre réacteurs de 1450 MWe ; ∙1 an pour le réacteur EPR (1600 MWe). 3.2 Le réexamen périodique Le principe du réexamen périodique Tous les dix ans, EDF doit procéder au réexamen périodique de chacun de ses réacteurs. Les réexamens périodiques des réacteurs électronucléaires comportent deux volets : ∙la vérification de l’état de l’installation et de sa conformité : ce premier volet vise à évaluer la situation de l’installation au regard des règles qui lui sont applicables. Elle s’appuie sur un ensemble de contrôles et d’essais complémentaires à ceux réalisés au fil de l’eau. Ces vérifications peuvent comprendre des revues de conception, des contrôles sur le terrain de matériels ou encore des essais décennaux comme les épreuves des enceintes de confinement. Les éventuels écarts détectés lors de ces investigations font ensuite l’objet de remises en conformité dans des délais adaptés aux enjeux. La maîtrise du vieillissement est également intégrée à ce volet du réexamen ; ∙la réévaluation de sûreté : ce second volet vise à améliorer le niveau de sûreté en tenant compte notamment de l’expérience acquise au cours de l’exploitation, de l’évolution des connaissances, des exigences applicables aux installations les plus récentes, ainsi que des meilleures pratiques internationales. À l’issue des études de réévaluation, EDF identifie les modifications de ses installations qu’elle compte mettre en œuvre pour en renforcer la sûreté. Le processus de réexamen des réacteurs électronucléaires d’EDF Afin de tirer bénéfice de la standardisation de ses réacteurs électronucléaires, EDF procède dans un premier temps au réexamen des dispositions communes à l’ensemble des réacteurs d’un même type (réacteurs de 900 MWe, de 1300 MWe ou de 1450 MWe). Les résultats de ce programme sont ensuite déclinés sur chaque réacteur à l’occasion de son réexamen périodique. EDF réalise une part importante des contrôles et des modifications liés aux réexamens périodiques lors des visites décennales de ses réacteurs. Conformément aux dispositions de l’article L. 593‑19 du code de l’environnement, l’exploitant adresse à l’ASNR un rapport de conclusion à l’issue du réexamen périodique. Dans ce rapport, l’exploitant prend position sur la conformité de son installation et détaille les modifications réalisées visant à remédier aux écarts constatés ou à améliorer la sûreté de l’installation et précise, le cas échéant, les améliorations complémentaires qu’il mettra en œuvre. L’analyse de l’ASNR L’ASNR instruit les réexamens périodiques en plusieurs étapes. Elle prend tout d’abord position sur les objectifs du réexamen et les orientations des programmes génériques de vérification de l’état des installations et de la réévaluation de la sûreté proposés par EDF, après avoir recueilli l’avis des groupes permanents d’experts (GPE). Sur cette base, EDF réalise les études de réévaluation de la sûreté et définit les modifications des installations à mettre en œuvre. L’ASNR prend ensuite position sur les résultats de ces études et sur ces modifications, après avoir consulté à nouveau les GPE. Cette position clôt la phase générique du réexamen, commune à tous les réacteurs d’un même type. Cet examen générique ne tenant pas compte d’éventuelles spécificités propres à chaque installation, l’ASNR prend position sur l’aptitude à la poursuite du fonctionnement de chaque réacteur électronucléaire en s’appuyant notamment sur les résultats des contrôles de conformité et sur l’évaluation du rapport de conclusion du réexamen périodique du réacteur remis par EDF. À la suite de l’instruction de ce rapport, l’ASNR communique son analyse au ministre chargé de la sûreté nucléaire. Elle peut édicter de nouvelles prescriptions pour encadrer la poursuite de son fonctionnement. Le rapport de conclusion des réexamens périodiques au‑delà de la 35e année de fonctionnement d’un réacteur électronucléaire fait l’objet d’une enquête publique. Cinq ans après la remise de ce rapport, l’exploitant remet à l’ASNR un rapport intermédiaire rendant compte de la mise en œuvre des prescriptions prises à l’occasion du réexamen, au vu duquel l’ASNR peut compléter ses prescriptions. 3.3 Les réexamens périodiques en cours des centrales nucléaires 3.3.1 – Les réacteurs de 900 MWe Le quatrième réexamen périodique Les 32 réacteurs de 900 MWe d’EDF en fonctionnement ont été mis en service entre 1978 et 1987. Plus de la moitié ont atteint l’échéance de leur quatrième réexamen périodique. Ce quatrième réexamen périodique présente des enjeux particuliers : ∙certains matériels atteignent la durée de vie prise en compte pour leur conception. Les études portant sur la conformité des installations et la maîtrise du vieillissement des matériels doivent donc être réexaminées en prenant en compte les mécanismes de dégradation réellement constatés et les stratégies de maintenance et de remplacement mises en œuvre par EDF ; ∙la réévaluation de la sûreté de ces réacteurs et les améliorations qui en découlent doivent être réalisées au regard des objectifs de sûreté des réacteurs de nouvelle génération, comme l’EPR, dont la conception répond à des exigences de sûreté significativement renforcées. Les modifications associées à ce réexamen périodique intègrent celles liées au déploiement du « noyau dur ». Position de l’ASNR sur la phase générique du réexamen EDF a proposé en 2013 à l’ASN des objectifs pour ce réexamen périodique, notamment le niveau de sûreté à atteindre pour poursuivre le fonctionnement des réacteurs. Après instruction, avec l’appui de l’IRSN, des objectifs proposés par EDF et consultation de ses GPE, l’ASN a pris position sur ces objectifs et a formulé des demandes complémentaires en avril 2016. EDF a complété son programme de travail et présenté en 2018 à l’ASN les mesures qu’elle envisage pour répondre à ces demandes. L’ASN a finalisé en 2020, avec l’appui de l’IRSN, l’instruction des études génériques liées à ce réexamen. Elle a pris position, au début de l’année 2021, sur les conditions de la poursuite de fonctionnement des réacteurs. L’ASN a considéré que l’ensemble des dispositions prévues par EDF et celles qu’elle a prescrites ouvrent la perspective d’une poursuite de fonctionnement de ces réacteurs pour les dix ans qui suivent leur quatrième réexamen périodique. En octobre 2023, EDF a sollicité auprès de l’ASN un report des échéances de certaines des prescriptions de la décision adoptée 314 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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