LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT 1 – Le « cycle du combustible » Le minerai d’uranium est extrait, puis purifié et concentré sous forme de Yellow Cake sur les sites miniers. Le concentré solide est ensuite transformé en hexafluorure d’uranium (UF6) à la suite d’opérations de conversion. Ces opérations sont réalisées dans les usines Orano de Malvési et du Tricastin. Ces usines, réglementées au titre de la législation des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), utilisent de l’uranium naturel dont la teneur en uranium-235 est de l’ordre de 0,7 %. La plupart des réacteurs électronucléaires dans le monde utilisent de l’uranium légèrement enrichi en uranium-235. La filière des réacteurs à eau sous pression (REP) nécessite, par exemple, de l’uranium enrichi en isotope-235. En France, l’enrichissement de l’UF6 entre 3 % et 6 % est réalisé par ultracentrifugation dans l’usine Georges Besse II (GB II) du Tricastin. Cet UF6 enrichi est ensuite transformé en oxyde d’uranium sous forme de poudre dans l’usine Framatome de Romans‑ sur‑Isère. Les pastilles de combustible fabriquées avec cet oxyde sont introduites dans des gaines pour constituer des « crayons », lesquels sont réunis pour former les assemblages de combustible. Ces assemblages sont ensuite introduits dans le cœur des réacteurs où ils délivrent de l’énergie, notamment par fission des noyaux d’uranium-235. L’irradiation de ces assemblages en cœur conduit, entre autres, à la création de plutonium. Avant leur utilisation dans les réacteurs, les combustibles nucléaires neufs peuvent être entreposés dans un des deux magasins interrégionaux (MIR) exploités par EDF au Bugey et à Chinon. Par ailleurs, Framatome a repris en 2023 la fabrication d’assemblages combustibles à base d’uranium issu du retraitement enrichi (URE) à destination de la centrale nucléaire de Cruas‑Meysse. Après une période d’utilisation de l’ordre de trois à quatre ans, les assemblages de combustibles usés sont extraits du réacteur puis refroidis en piscine, d’abord sur le site même de la centrale où ils ont été utilisés, puis dans l’usine de retraitement Orano de La Hague. Installation Produit traité Produit élaboré Produit expédié Origine Produit traité Tonnage (en tML(*)) Produit élaboré Tonnage (en tML(*)) Destination Tonnage (en tML(*)) Orano Tricastin Conversion Orano Malvési UF4 13 125 UF6 12 672 Parcs Orano Tricastin 12 672 Orano Tricastin Atelier TU5 Orano La Hague Nitrate d’uranyle 1 241 U3O8 1 241 Parcs Orano Tricastin 1 260 Orano Tricastin Usine W Orano Tricastin GB II – Urenco UF6 appauvri 6 804 U3O8 6 804 Parcs Orano Tricastin 6 799 Orano Tricastin GB II Orano Tricastin Conversion UF6 8 334 UF6 appauvri 7 211 Orano Usine W Tricastin 7 211 UF6 enrichi 1 123 Usines de fabrication de combustibles 1 123 Framatome Romans Orano Tricastin GB II UF6 enrichi 691 Assemblages combustibles 787 EDF 683 Urenco (Pays‑Bas, Allemagne et Royaume-Uni) 78 Taishan (Chine) 81 Tenex (Russie) 62 OL3 (Finlande) 4 ANF Lingen (Allemagne) Crayons gadolinium 9 Poudre UO2 et U3O8 15 Framatome Richland (États‑Unis) 12 CEA 3 Crayons UO2 18 Enusa (Espagne) 12 Orano Melox Marcoule WSE Vasteras (Suède) UO2 appauvri 108 Assemblages combustibles MOX 85 EDF 86 Orano La Hague PuO2 9 Kansai (Japon) 14 Orano La Hague Combustibles traités dans l’établissement de La Hague EDF UOX 871 Uranium sous forme de nitrate d’uranyle 1 133 Orano Tricastin 1 081 BR2 (Belgique) RTR < 1 PuO2 14 Melox Marcoule 10 Combustibles entreposés dans les piscines de l’établissement de La Hague EDF et autres exploitants Éléments combustibles irradiés 10 013 – – – – TABLEAU 1 Flux de l’industrie du « cycle du combustible « en 2025 * tML : tonne de métal lourd. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 331 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z
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