CEA la remise d’études ou de justifications complémentaires dans les domaines de la prévention des risques d’incendie, des risques liés à la dissémination de matières radioactives, et des risques liés au séisme. Les réacteurs d’irradiation Les réacteurs d’irradiation sont de type piscine. Ils permettent d’étudier les phénomènes physiques liés à l’irradiation de matériaux et de combustibles ainsi que leurs comportements. Les flux neutroniques obtenus par ces installations étant plus puissants que ceux présents dans un réacteur électronucléaire de type réacteur à eau sous pression (REP), les expériences permettent de réaliser des études de vieillissement de matériaux et composants soumis à un flux important de neutrons. Après irradiation, les échantillons font l’objet d’examens destructifs, notamment dans des laboratoires de recherche, afin de caractériser les effets de l’irradiation. Ils constituent donc un outil important pour la qualification des matériaux soumis à un flux neutronique. En outre, ces réacteurs de recherche sont des sources de production significatives de certains radionucléides à usage médical. La puissance de ces réacteurs varie de quelques dizaines à une centaine de mégawatts thermiques. Ces réacteurs fonctionnent par cycles d’environ 20 à 30 jours. Le réacteur Jules Horowitz (RJH – INB 172), réacteur d’irradiation d’une puissance nominale de 100 MWth, est en cours de construction à Cadarache. La mise en service de l’installation, jalonnée dans le temps, est en cours d’instruction par l’ASNR. Le 19 juillet 2023, le Conseil de politique nucléaire a en outre acté la poursuite des investissements de l’État et de la filière pour finaliser la construction du RJH, afin que la France dispose de cette nouvelle installation opérationnelle à l’horizon 2032-2034. Ce réacteur permettra à la fois d’appuyer la recherche sur la prolongation de la durée de vie du parc existant, sur les EPR 2, mais aussi pour les petits réacteurs modulaires (PRM ou Small Modular Reactors – SMR, voir chapitre 9). Il vise également à fournir une capacité significative de production de radionucléides à usage médical. Les réacteurs à fusion Contrairement aux réacteurs de recherche décrits précédemment, qui mettent en œuvre des réactions de fission nucléaire, certaines installations de recherche visent à produire des réactions de fusion nucléaire. L’installation ITER (INB 174) est un projet international de réacteur à fusion en cours de construction à Cadarache. L’objectif principal visé par ITER est la démonstration scientifique et technique de la 2. Tokamak, acronyme russe qui signifie « chambre toroïdale avec bobines magnétiques », est une machine qui utilise des champs magnétiques pour créer, confiner et contrôler un plasma chaud d’isotopes d’hydrogène dans lequel la réaction de fusion peut se produire. maîtrise de la fusion nucléaire par confinement magnétique d’un plasma deutérium‑tritium, lors d’expériences de longue durée avec une puissance significative (500 mégawatts – MW, pendant 400 secondes). Parmi les principaux enjeux de maîtrise des risques et inconvénients de ce type d’installation, on peut citer la maîtrise du confinement des matières radioactives (du tritium en particulier) et les risques d’exposition aux rayonnements ionisants du fait d’une forte activation des matériaux sous flux neutronique intense. La gestion des déchets tritiés ou activés est également un enjeu fort pour ces installations, bien que leur radiotoxicité et leur durée de vie soient a priori très inférieures à celles des déchets issus de l’exploitation des réacteurs à fission. En 2025, Iter Organization (IO) a poursuivi les échanges avec l’ASNR relatifs à l’adaptation nécessaire du cadre réglementaire afin de prendre en compte la modification du programme expérimental de l’installation et le « nouveau scénario de référence ». IO a par ailleurs transmis en 2025 les premiers dossiers attendus par l’ASNR en vue d’une autorisation de l’assemblage des secteurs de la chambre vide du tokamak(2). L’ASNR a engagé l’instruction de ces dossiers et confirme l’amélioration de la transparence des échanges sur les enjeux de sûreté associés, déjà observée les années précédentes. 1.2 Les laboratoires et autres installations de recherche 1.2.1 – Les laboratoires du CEA Les laboratoires menant des activités de recherche et de déve- loppement pour la filière nucléaire contribuent à l’approfondis- sement des connaissances pour la production électronucléaire, la fabrication et le retraitement du combustible, ou encore la gestion des déchets. Principes et enjeux de sûreté Les principaux enjeux inhérents à ces installations sont la protection des personnes contre les rayonnements ionisants, la prévention de la dispersion de substances radioactives, la maîtrise des risques d’incendie et celle de la réaction en chaîne (criticité). Les principes de conception de ces laboratoires sont similaires. Des zones dédiées, dénommées « cellules blindées », permettent la manipulation de substances radioactives et la réalisation d’expérimentations, à l’aide de moyens de manutention adaptés. Ces cellules blindées sont dimensionnées avec des épaisseurs de murs et de vitres importantes, afin de protéger les opérateurs contre les rayonnements ionisants. Elles permettent également le confinement des matières radioactives, grâce à un système de ventilation et de filtres spécifiques. Le risque de criticité est maîtrisé au travers de consignes strictes pour la manipulation, l’entreposage et le suivi des matériaux étudiés, et l’usage de matériels spécialement conçus. Enfin, le risque d’incendie est géré à l’aide de dispositifs techniques (portes coupe‑feu, clapets, détecteurs, équipements d’intervention, etc.) et d’une organisation limitant la présence de matières calorifiques. La formation du personnel et une organisation rigoureuse sont des facteurs essentiels pour garantir la maîtrise de ces principaux risques. Les laboratoires d’essais sur les combustibles et les matériaux Une partie de ces laboratoires, exploités par le CEA, permet de réaliser diverses expérimentations sur les matériaux ou combustibles irradiés. Certains programmes de recherche ont, par exemple, pour objectif de permettre un taux de combustion plus élevé des combustibles ou d’améliorer leur sûreté. Certaines de ces installations sont également exploitées pour des activités de préparation et de reconditionnement de combustibles. Réacteurs de recherche en construction Cadarache : ITER, RJH Laboratoires et installations d’entreposage de matières du CEA Cadarache : LECA/STAR, Lefca, Magenta Saclay : LECI Marcoule : Atalante Accélérateurs de particules Caen : Ganil Genève : CERN Usines de production de radioéléments artificiels Saclay : UPRA Installations industrielles d’ionisation Dagneux, Pouzauges, Sablé-sur-Sarthe : Ionisos Marseille : Gammaster Marcoule : Gammatec Saclay : Poséidon Réacteurs de recherche Cadarache : Cabri Grenoble : RHF CAEN SABLÉ-SUR-SARTHE POUZAUGES DAGNEUX MARSEILLE GENÈVE GRENOBLE MARCOULE CADARACHE SACLAY Les installations nucléaires de recherche et industrielles diverses 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 341
RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=