Appartiennent à cette catégorie de laboratoires : ∙ le Laboratoire d’examen des combustibles actifs (LECA), situé à Cadarache, et son extension, la Station de traitement, d’assainissement et de reconditionnement (STAR), qui constituent l’INB 55 ; ∙le Laboratoire d’études et de fabrication de combustibles nucléaires avancés (Lefca – INB 123), situé à Cadarache ; ∙le Laboratoire d’essais sur combustibles irradiés (LECI – INB 50), situé à Saclay. En 2025, le CEA a poursuivi les travaux de transformation de ces installations (travaux de jouvence et de renforcements sismiques, désentreposage de substances et de déchets radioactifs, etc.) et de réorganisation de leurs activités. L’ASNR a ainsi engagé l’instruction technique de la demande de modification du décret d’autorisation du Lefca que le CEA souhaite utiliser pour réaliser de nouvelles activités support à ses autres installations et à ses projets de démantèlement et d’assainissement. Les laboratoires de recherche et de développement (R&D) Des activités de R&D sont aussi menées pour l’industrie nucléaire dans des laboratoires sur les nouvelles technologies, notamment concernant le développement de nouveaux combustibles, leur recyclage ou encore la gestion des déchets ultimes. L’atelier alpha et le laboratoire pour les analyses de transuraniens et études de retraitement (Atalante – INB 148), situés à Marcoule et exploités par le CEA, assurent un appui technique à Orano Cycle pour optimiser les procédés mis en œuvre dans les usines de La Hague. Des travaux expérimentaux y sont menés pour la qualification du comportement des matrices de verres nucléaires afin de garantir les propriétés de confinement sur le long terme des colis de déchets de haute activité. L’ASNR contrôle la bonne mise en œuvre des actions engagées à la suite du dernier réexamen périodique. 1.2.2 – Les installations d’entreposage de matières du CEA Les installations d’entreposage de matières, exploitées par le CEA, sont essentiellement consacrées à la conservation de matières uranifères et plutonifères fissiles non irradiées (ou faiblement irradiées) provenant d’autres installations du CEA. Cette activité permet d’alimenter les laboratoires (Atalante, Lefca, etc.) en fonction de leurs besoins expérimentaux. Elles sont devenues, plus récemment, un exutoire temporaire des matières fissiles présentes jusque‑là dans des installations désormais à l’arrêt, telles que les réacteurs de recherche (Éole, Minerve, Osiris, Masurca, notamment). Les principaux enjeux inhérents à ces installations sont la prévention de la dispersion de substances radioactives et la maîtrise de la réaction en chaîne (criticité). L’installation Magenta (INB 169), mise en service en 2011, exploitée par le CEA sur son site de Cadarache, est dédiée à l’entreposage de matières fissiles non irradiées ainsi qu’à la caractérisation, par des mesures non destructives, des matières nucléaires réceptionnées. Elle remplace notamment le magasin central des matières fissiles (MCMF – INB 53), définitivement arrêté fin 2017. L’instruction du premier réexamen périodique de l’installation s’est poursuivie en 2025. 1.2.3 – Les accélérateurs de particules Certains accélérateurs de particules sont des INB. Ces installations utilisent des champs électriques ou magnétiques pour accélérer des particules chargées. Les faisceaux de particules accélérées produisent des champs importants de rayonnements ionisants, activant les matériaux en contact, qui émettent alors des rayonnements ionisants, même après l’arrêt des faisceaux. L’exposition aux rayonnements ionisants de la population, du personnel et de l’environnement constitue donc le risque principal de ce type d’installations. Le Ganil Le Grand Accélérateur national d’ions lourds (Ganil – INB 113), situé à Caen, permet de mener des travaux de recherche fondamentale et appliquée, notamment en physique atomique et en physique nucléaire. Cette installation de recherche produit, accélère et distribue des faisceaux d’ions à différents niveaux d’énergie pour étudier la structure de l’atome. Après avoir donné un avis favorable fin 2024 sur le décret modificatif du décret d’autorisation de création de l’installation pour intégrer un nouveau bâtiment de réception des faisceaux, dénommé « Désir », l’ASNR devrait recevoir en 2026 la demande de mise en service des nouveaux équipements associés. Le CERN Situé entre la France et la Suisse, le Centre européen pour la recherche nucléaire (CERN) est une organisation internationale dont la mission est de mener à bien des programmes de recherche fondamentale à caractère purement scientifique concernant les particules de haute énergie. Le CERN exploite, sur plusieurs sites connectés entre eux, toute une chaîne de dispositifs de recherche sur la structure de la matière, qui comprend actuellement plusieurs accélérateurs linéaires et circulaires, ainsi que plusieurs détecteurs et systèmes d’acquisition. Du fait de sa nature extraterritoriale, le CERN fait l’objet de modalités de vérifications particulières de la part des autorités de sûreté française et suisse. 1.3 Les installations industrielles diverses 1.3.1 – Les installations industrielles d’ionisation Les installations industrielles d’ionisation, dénommées « irradiateurs », utilisent les rayons gamma émis par des sources scellées de cobalt‑60 afin d’irradier des cibles dans des cellules d’irradiation. Ces cellules d’irradiation sont dimensionnées avec des épaisseurs de murs et de vitres importantes, afin de protéger les opérateurs contre les rayonnements ionisants. Les sources scellées sont, soit entreposées en piscine sous une épaisseur d’eau qui garantit la protection des travailleurs, soit extraites de la piscine d’entreposage pour irradier le matériel cible. L’exposition du personnel aux rayonnements ionisants constitue le risque principal dans ces installations. Les principales applications des irradiateurs sont la stérilisation de dispositifs médicaux, de produits agroalimentaires et de matières premières pharmaceutiques. Les irradiateurs peuvent aussi permettre l’étude de comportement des matériaux sous rayonnements ionisants, notamment pour qualifier des matériaux pour l’industrie nucléaire. Ces irradiateurs sont utilisés par : ∙le groupe Ionisos, qui exploite trois installations situées à Dagneux (INB 68), Pouzauges (INB 146) et Sablé‑sur‑Sarthe (INB 154). Un projet de nouvel irradiateur (D7) est en cours d’instruction pour le site de Dagneux ; ∙le groupe Steris, qui exploite les installations Gammaster (INB 147) et Gammatec (INB 170), à Marseille et à Marcoule ; ∙le CEA, qui exploite l’irradiateur Poséidon (INB 77) sur le site de Saclay. 1.3.2 – L’usine de production de radioéléments artificiels L’usine de production de radioéléments artificiels (UPRA), située à Saclay et exploitée par CIS bio international, est une installation nucléaire conçue sur les mêmes principes qu’un laboratoire (zones dédiées permettant la manipulation et des expérimentations de substances radioactives, à l’aide de moyens de manutention adaptés), destinée à mettre au point des radionucléides à usage médical. CIS bio international est une filiale du groupe Curium, fabricant de produits radiopharmaceutiques. 342 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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