Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT En 2025, 36 installations nucléaires de tout type (réacteurs de production d’électricité ou de recherche, laboratoires, usines de retraitement de combustible, installations de traitement de déchets, etc.) étaient arrêtées ou en cours de démantèlement en France, ce qui correspond à plus du quart des installations nucléaires de base (INB) en exploitation. À l’exception des réacteurs à eau sous pression (REP) des centrales électronucléaires, conçus sur un modèle générique, la plupart des INB en démantèlement présentent une variété de technologies, d’usages et d’historiques de fonctionnement rendant complexes les opérations de démantèlement. La durée pour la réalisation des opérations de démantèlement d’une INB peut ainsi varier significativement d’une installation à l’autre. L’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) relève que, s’il faut compter une vingtaine d’années pour démanteler les REP, le démantèlement pourra s’étendre bien au‑delà de 2050 pour certaines installations du « cycle du combustible » ou d’anciennes installations d’entreposage de déchets, plusieurs d’entre elles contenant encore une quantité importante de déchets à reprendre et à conditionner. Pour ces installations, le développement et la construction de nouveaux matériels et procédés sont nécessaires, entraînant des démantèlements longs et complexes. Ainsi, l’ASNR relève que les échéanciers établis par les exploitants dans les années 2000 en vue de la prise des premiers décrets de démantèlement se retrouvent devoir être actualisés, afin d’intégrer le retour d’expérience des premières opérations et d’intégrer des marges opérationnelles plus réalistes, conduisant ainsi à des échéances de fin de démantèlement beaucoup plus lointaines. L’ASNR est vigilante quant aux enjeux de sûreté liés aux allongements notables des délais de démantèlement. Les installations en démantèlement présentent aussi des risques particuliers pour les intervenants, liés à la multitude de chantiers réalisés et aux conditions souvent très spécifiques dans lesquelles ils se déroulent. L’ASNR maintient une attention particulière à la bonne déclinaison des principes de radioprotection et à la mise en place de moyens de confinements adaptés aux chantiers. 1 – Le cadre juridique et technique du démantèlement Le terme de démantèlement couvre l’ensemble des activités, techniques et administratives, réalisées après l’arrêt définitif d’une installation nucléaire, à l’issue desquelles l’installation peut être déclassée, c’est‑à‑dire qu’elle peut être retirée de la liste des INB. Ces activités comprennent l’évacuation des matières radioactives et des déchets encore présents dans l’installation et les opérations de démontage des matériels, composants et équipements utilisés pendant le fonctionnement, ainsi que l’assainissement des locaux et des sols puis, éventuellement, des opérations de démolition de structures de génie civil. Les opérations de démantèlement et d’assainissement visent à atteindre un état final prédéfini qui permet de prévenir les risques et les impacts que peut présenter le site pour l’environnement et les personnes, en tenant compte de ses usages futurs possibles. Le démantèlement d’une installation nucléaire est prescrit par décret pris après avis de l’ASNR. Cette phase de vie des installations comprend une succession d’opérations qui présentent une complexité parfois forte, des durées longues, la production de grandes quantités de déchets et des coûts importants ; celles‑ci doivent être anticipées au mieux ce, d’autant qu’elles doivent être effectuées dans les meilleurs délais possibles, comme prévu par la réglementation. Au fil des chantiers de démantèlement, les changements continus que connaissent les installations modifient la nature des risques et constituent des défis pour les exploitants en matière de gestion de projet. 1.1 Les enjeux du démantèlement La réalisation, dans des délais maîtrisés, des opérations de démantèlement, souvent longues et coûteuses, représente un enjeu pour les exploitants en matière de gestion de projet, de maintien des compétences, ainsi que de coordination des différents travaux, qui font intervenir de nombreuses entreprises spécialisées. Pour autant, le principe du démantèlement immédiat en France impose aux exploitants de réaliser leurs opérations de démantèlement dans des délais aussi courts que possible, dans des conditions économiques acceptables (voir point 1.2). Le démantèlement consiste en une série d’opérations qui tendent, progressivement, à diminuer la quantité de substances radioactives présentes dans l’installation, et donc par des risques évolutifs. Si la baisse des quantités de substances présentes dans l’installation réduit tendanciellement les risques, les travaux réalisés, parfois au plus près des substances radioactives, présentent toutefois des enjeux de radioprotection importants pour les travailleurs. D’autres 346 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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