Rapport de l'ASNR 2025

Auvergne‑Rhône‑Alpes Le site du Tricastin est doté de deux installations principales de gestion des effluents liquides : la Station de traitement des effluents chimiques (STEC – INBS) et la Station de traitement des effluents uranifères (STEU – INB 138). Orano envisage de fortes évolutions de traitement des flux d’effluents de la plateforme du Tricastin et l’ASNR a instruit les dossiers d’options de sûreté pour ces projets. Ces projets vont permettre à terme de disposer d’installations plus performantes et aux standards de sûreté améliorés, mais l’ASNR note que le premier dossier de modification annoncé pour fin 2025 a pris du retard. En matière de projets, Orano a lancé en 2023 le chantier du projet AMC2 consistant en l’ajout d’une nouvelle installation destinée au lavage et au rinçage de conteneurs dédiés au transport d’UF6. Cette installation a été autorisée par le décret n° 2023‑1220 du 19 décembre 2023 et devrait entrer en service début 2026. En outre, afin d’augmenter ses capacités d’enrichissement, Orano a lancé en 2024 le chantier de construction du projet d’extension de l’usine d’enrichissement Georges Besse II (GB II) Nord qui a fait l’objet d’une concertation préalable en 2023. Orano a déposé en juin 2023 le dossier de demande de modification substantielle du décret d’autorisation de l’installation pour réaliser cette extension. L’enquête publique s’est déroulée en avril 2024. L’ASNR poursuit l’instruction de cette extension et a mené des contrôles du chantier en 2025 qui se sont avérés satisfaisants. Enfin, Orano a démarré en 2025 la construction des deux autres bâtiments de l’installation d’entreposage d’uranium de retraitement, dénommée « FLEUR », dont la mise en service avait été autorisée par l’ASN en janvier 2023. Usines Orano de chimie de l’uranium TU5 et W L’INB 155, dénommée « TU5 », peut mettre en œuvre jusqu’à 2 000 tonnes d’uranium par an, ce qui permet de traiter la totalité de l’UO2(NO3)2 issu des opérations de retraitement du combustible réalisées à l’usine Orano de La Hague pour le convertir en U3O8, un composé solide stable permettant de garantir des conditions d’entreposage de l’uranium plus sûres que sous une forme liquide ou gazeuse. Une fois converti, l’uranium de retraitement est entreposé sur le site du Tricastin. L’usine W, située dans le périmètre de l’INB 155, permet quant à elle de traiter l’UF6 appauvri, issu de l’usine d’enrichissement GB II, pour le stabiliser en U3O8. L’ASNR considère que les installations situées dans le périmètre de l’INB 155 sont exploitées avec un niveau de sûreté satisfaisant. L’ASNR a commencé l’instruction du dossier de réexamen périodique et a mené une première inspection sur ce sujet en 2025 qui s’est avérée satisfaisante. L’ASN avait relevé un retard du dépôt des dossiers liés aux conséquences sur les activités de l’usine W du projet d’augmentation de capacité de l’usine GB II Nord. Depuis le dépôt du dossier de modification instruit par l’ASNR, un contrôle de la réalisation des chantiers dans l’usine W a été réalisé. L’ASNR note un retard d’avancement à date et restera donc attentive à ces chantiers, tout comme aux modalités de gestion de l’uranium appauvri sur le site si un décalage de capacité de production venait à se maintenir entre l’usine W et l’usine d’enrichissement GB II. Usines Orano de fluoration de l’uranium L’usine Philippe-Coste est une ICPE mise en service en 2018 pour assurer la conversion de l’UF4, provenant de l’usine Orano de Malvési en UF6, pour alimenter l’usine d’enrichissement GB II ou d’autres installations similaires à l’étranger. Elle est située sur le périmètre de l’INB 105 (Comurhex) qui assurait jusqu’à fin 2017 des fonctions similaires et qui est actuellement en cours de démantèlement. Le démantèlement de l’INB 105 est autorisé par le décret n° 2019‑1368 du 16 décembre 2019 et doit aboutir d’ici au 31 décembre 2034. Les principaux enjeux associés sont liés aux risques de dissémination de substances radioactives, ainsi que d’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants et de criticité, en raison de substances uranifères résiduelles présentes dans certains équipements. En 2025, compte tenu du retard dans le désentreposage de matières et déchets radioactifs, l’ASNR a mis en demeure Orano d’assurer l’évacuation des matières uranifères entreposées dans l’aire 61 de Comurhex, en application de la décision CODEP-CLG-2020-038011 de l’ASN du 23 juillet 2020. L’exploitant a mis en place des moyens suffisants pour accélérer les opérations et a évacué la quasi-totalité de ces matières dans le courant de l’année 2025, ce qui est satisfaisant. Un important travail reste néanmoins à mener pour gérer le passif de matières et de déchets encore entreposés dans l’installation, notamment sur l’aire 79. En parallèle, l’exploitant a repris les opérations de démantèlement des anciens équipements de l’installation et mis en place deux nouveaux sas de conditionnement de déchets, dans des conditions de sûreté et de radioprotection globalement satisfaisantes. L’ASNR veillera en 2026 à ce que l’exploitant poursuive les travaux afin de respecter les prescriptions techniques fixées par la décision de démantèlement et en cohérence avec une fin du démantèlement au 31 décembre 2034. L’ASNR considère que le niveau de sûreté de l’usine de fluoration de l’uranium Philipe Coste est satisfaisant. L’ASNR a actualisé le 31 juillet 2025 la décision encadrant le fonctionnement de cette usine afin de préciser divers attendus réglementaires et prendre en compte le retour d’expérience des premières années de fonctionnement. L’exploitant a également lancé le chantier de la nouvelle installation de traitement de surface et celle de conditionnement des fluorines. Il lui reste à réaliser des unités modernes de traitement des effluents non uranifères. Usine d’enrichissement Georges Besse I Constituant l’INB 93, l’installation d’enrichissement de l’uranium Georges Besse I (Eurodif) était principalement composée d’une usine de séparation des isotopes de l’uranium par le procédé de diffusion gazeuse. À la suite de l’arrêt de la production de cette usine en mai 2012, l’exploitant a mis en œuvre, de 2013 à 2016, des opérations de « rinçage intensif suivi de la mise “en air” » (opération Prisme). Ces opérations ont permis d’extraire la quasi‑totalité de l’uranium résiduel déposé dans les barrières de diffusion. Le décret prescrivant à Orano de procéder aux opérations de démantèlement de l’usine Georges Besse I a été publié le 5 février 2020. Les enjeux du démantèlement concernent notamment le volume important de déchets de très faible activité (TFA) produits, dont 160 000 tonnes de déchets métalliques qui font l’objet d’études spécifiques pour déterminer leur filière d’élimination. En 2025, les parcs d’entreposage en exploitation qui étaient historiquement présents sur le périmètre de l’INB 93 ont été rattachés à la nouvelle INB n° 178-U (Atrium) par le décret n° 2025-689 du 24 juillet 2025. Ces parcs représentaient l’essentiel de l’activité radiologique encore présente sur l’usine et des risques associés. Dans les installations, les opérations préparatoires au démantèlement se sont poursuivies en 2025 par le démontage d’anciens équipements et l’aménagement de locaux pour les travaux à venir, notamment à l’emplacement du futur atelier où seront découpés et conditionnés en colis les 1400 diffuseurs de l’installation. 42 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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