Auvergne‑Rhône‑Alpes Site du Tricastin Le site nucléaire du Tricastin, situé dans la Drôme et le Vaucluse, constitue un vaste site industriel accueillant la plus importante concentration d’installations nucléaires et chimiques de France. Il est implanté sur la rive droite du canal de Donzère‑Mondragon (canal de dérivation du Rhône) entre Valence et Avignon. Il s’étend sur une surface de 800 hectares répartie sur trois communes, Saint‑Paul‑Trois‑Châteaux et Pierrelatte dans la Drôme, ainsi que Bollène dans le Vaucluse. Ce site regroupe de nombreuses installations, dont une centrale nucléaire comprenant quatre réacteurs de 900 MWe, des installations du « cycle du combustible nucléaire » et une installation qui assurait des opérations de maintenance et d’entreposage, désormais en cours de démantèlement. Centrale nucléaire du Tricastin La centrale nucléaire du Tricastin est constituée de quatre REP d’une puissance de 900 MWe chacun : les réacteurs 1 et 2, mis en service en 1980, constituent l’INB 87 et les réacteurs 3 et 4, mis en service en 1981, constituent l’INB 88. L’ASNR considère que les performances de la centrale nucléaire du Tricastin en matière de sûreté nucléaire rejoignent l’appréciation générale des performances que l’ASNR porte sur les centrales nucléaires d’EDF. Ses performances dans le domaine de l’environnement se distinguent favorablement. Enfin l’ASNR estime que les performances en matière de radioprotection ont progressé grâce à la mise en œuvre d’un plan d’action dans ce domaine, et rejoignent désormais l’appréciation générale des performances que l’ASNR porte sur les centrales nucléaires d’EDF dans ce domaine. En matière de sûreté nucléaire, l’ASNR estime que les performances de la centrale nucléaire restent assez satisfaisantes, sans toutefois progresser par rapport à 2024. Sur le plan de l’exploitation et de la conduite des réacteurs, l’ASNR estime qu’une vigilance particulière doit être portée sur la qualité de la préparation des activités et des documents associés, en particulier dans le cadre des activités d’exploitation courante (essais périodiques, mises en configuration des circuits, etc.). Un plan d’action dédié est déployé par EDF depuis 2025 et l’ASNR considère qu’il doit être poursuivi en 2026. Concernant la maintenance des installations, les performances de la centrale nucléaire du Tricastin sont considérées comme satisfaisantes. L’ASNR considère qu’EDF a maîtrisé, lors des quatre arrêts de réacteurs réalisés en 2025, la réalisation des activités prévues en respectant les exigences de sûreté associées. Dans le domaine de la radioprotection, les performances du site, qui étaient en retrait en 2024, se sont améliorées en 2025. Le site a notamment mis en place un plan d’amélioration de la radioprotection qui donne des premiers résultats. Néanmoins, la situation reste fragile ; EDF doit donc maintenir ses efforts en 2026 en veillant tout particulièrement à renforcer la culture de radioprotection des intervenants. En matière de protection de l’environnement, l’ASNR estime que les performances de la centrale se distinguent favorablement par rapport à l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF. L’organisation du site pour répondre aux exigences réglementaires dans le domaine de la protection de l’environnement a progressé. Des actions de progrès sont mises en œuvre, notamment dans le domaine du confinement des effluents et des dispositifs de rétention, et permettent de prévenir les événements atteignant les milieux environnants. En matière de santé et de sécurité au travail, l’ASNR considère que les résultats du site sont en retrait. Même si aucun événement n’a entraîné d’accident grave en 2025, l’accidentologie est en augmentation par rapport à 2024. En particulier, l’ASNR relève un point de vigilance sur la prévention des risques liés aux chutes de plain-pied, aux gestes et aux postures. LES INSTALLATIONS DU « CYCLE DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE » Les installations du « cycle » du Tricastin couvrent principalement les activités de l’amont du « cycle du combustible » et sont exploitées par Orano Chimie‑Enrichissement dénommé « Orano » ci‑après. Le site comporte : • l’installation TU5 (INB 155) de conversion de nitrate d’uranyle (UO2(NO3)2) issu du retraitement de combustibles usés en sesquioxyde d’uranium (U3O8) ; • l’usine W (installation classée pour la protection de l’environnement – ICPE – dans le périmètre de l’INB 155) de conversion d’hexafluorure d’uranium (UF6) appauvri en U3O8 ; • les anciennes installations ex‑Comurhex (INB 105) et l’usine Philippe Coste (ICPE dans le périmètre de l’INB 105) de conversion de tétrafluorure d’uranium (UF4) en UF6 ; • l’ancienne usine Georges Besse I (INB 93) d’enrichissement de l’UF6 par diffusion gazeuse ; • l’usine Georges Besse II (INB 168) d’enrichissement de l’UF6 par centrifugation ; • les parcs uranifères du Tricastin (INB 178-U) d’entreposage d’uranium sous forme d’oxydes ou d’UF6 ; • les ateliers de maintenance, de traitement des effluents liquides et de conditionnement de déchets (IARU – INB 138) ; • le laboratoire Atlas d’analyse des échantillons de procédé et de surveillance de l’environnement (INB 176) ; • une installation nucléaire de base secrète (INBS), qui regroupe notamment des installations anciennes en démantèlement, des parcs d’entreposage de substances radioactives et une unité de traitement d’effluents liquides. À l’issue des inspections qu’elle a conduites en 2025, l’ASNR considère que le niveau de sûreté des installations du site Orano du Tricastin est satisfaisant. L’ASNR a relevé en 2025 une bonne prise en compte des agressions externes, notamment l’inondation, ce sujet ayant été contrôlé lors de sept inspections sur le site. En 2025, l’ASNR a mené une campagne d’inspections inopinées simultanées sur les INB 178-U, 138, 155, 168 et sur l’ensemble de la plateforme, portant sur l’organisation de crise, dont l’un des objectifs était de tester l’organisation d’Orano via des exercices. Dans ce cadre, les inspecteurs ont fait réaliser plusieurs mises en situation et ont contrôlé le suivi des formations des équipiers de crise, ainsi que les contrôles et essais périodiques réalisés sur le matériel de crise. Ces inspections ont montré que l’organisation de l’exploitant apparaît adaptée. Afin de s’assurer de l’avancement du traitement du passif de substances radioactives diverses entreposées sur le site, l’ASNR a demandé à Orano de lui présenter annuellement l’état d’avancement de son plan d’action relatif au traitement de ces substances. En avril 2025, l’ASNR a mis en demeure Orano de terminer l’évacuation des imbrûlés de fluoration de l’aire 61, située sur le périmètre de l’INB 105, d’ici le 30 septembre 2026. En 2026, l’ASNR continuera à suivre attentivement la mise en œuvre du plan d’action fourni par Orano pour ces différents passifs. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 41
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