Rapport de l'ASNR 2025

Auvergne‑Rhône‑Alpes Site de Romans‑sur‑Isère Usines Framatome de fabrication de combustibles nucléaires Sur son site de Romans‑sur‑Isère dans la Drôme (26), la société Framatome exploite l’INB 63-U, dénommée « Usine de fabrication de combustibles nucléaires » issue de la réunion de deux anciennes INB, l’unité de fabrication d’éléments combustibles pour les réacteurs de recherche (ex‑INB 63) et l’unité de fabrication de combustibles nucléaires destinés aux REP (ex‑INB 98). La fabrication du combustible pour les réacteurs électronucléaires nécessite de transformer l’UF6 en poudre d’oxyde d’uranium. Les pastilles fabriquées à partir de cette poudre, dans l’usine Framatome de Romans‑sur‑Isère, sont placées dans des gaines métalliques en zirconium pour constituer les crayons de combustible, ensuite réunis pour former les assemblages destinés à être utilisés dans les réacteurs des centrales nucléaires. S’agissant des réacteurs expérimentaux, les combustibles sont plus variés, certains d’entre eux utilisant, par exemple, de l’uranium très enrichi sous forme métallique. Ces combustibles sont également fabriqués dans un atelier appelé « Cerca » de l’usine de Romans-sur-Isère. Dans l’usine Cerca, l’ASNR a noté que l’exploitant réalise correctement le transfert progressif des activités de production depuis la « zone uranium » vers la « nouvelle zone uranium », dite NZU. Celle-ci présente des performances améliorées en matière de confinement des locaux et du procédé, et de prévention des risques en cas de séisme extrême. En août 2025, l’exploitant a déclaré un événement significatif relatif à la qualification des ancrages sismiques des équipements de l’unité TRIGA, qui est restée dans l’ancienne partie de l’usine Cerca ; un plan d’action spécifique de remise en conformité est mis en place pour corriger les écarts. En 2025, Framatome a mené d’autres campagnes de production de combustibles avec de l’uranium de retraitement enrichi (URE). La demande de modification substantielle de l’unité de fabrication de combustibles nucléaires destinés aux REP, qui vise à permettre l’augmentation de la production de combustibles à base d’URE, qui a fait l’objet d’une enquête publique en février 2024, a été autorisée par le décret n°2025-1186 du 8 décembre 2025. À l’issue des inspections qu’elle a conduites en 2025, l’ASNR considère que le niveau de sûreté des installations de Framatome est contrasté. Le démarrage de la NZU est un point très positif et les inspections menées en 2025 par l’ASNR ont généralement montré une bonne maîtrise des processus contrôlés. Parmi les sujets jugés en retrait, l’ASNR a relevé en inspection des écarts significatifs sur les procédures de préparation des colis de transport de combustible neuf. L’ASNR a également relevé des écarts sur la maîtrise du vieillissement de la station de condensation de l’acide fluorhydrique qui ont conduit à un suivi renforcé par l’ASNR et à la mise en demeure de Framatome le 8 juillet 2025. Par ailleurs, Framatome avait présenté début 2025 à l’ASNR un plan d’action pour résorber les quantités de déchets entreposés sur le site. Cependant, l’ASNR constate qu’à fin 2025 une dynamique de résorption globale des déchets n’a pas encore été amorcée. L’ASNR sera donc attentive en 2026 à la réalisation de la jouvence annoncée de la station de condensation de l’acide fluorhydrique et à la concrétisation effective des actions envisagées sur les déchets. LES INSTALLATIONS INDUSTRIELLES ET DE RECHERCHE Réacteur à haut flux de l’Institut Laue‑Langevin L’Institut Laue‑Langevin (ILL), organisme de recherche internatio‑ nale, abrite un réacteur à haut flux neutronique (RHF) de 58 MWth, à eau lourde, qui produit des faisceaux de neutrons thermiques très intenses destinés à la recherche fondamentale, notamment dans les domaines de la physique du solide, de la physique neutronique et de la biologie moléculaire. Le RHF constitue l’INB 67 et occupe une surface de 12 hectares, entre l’Isère et le Drac en amont du confluent, à proximité du centre CEA de Grenoble. De juillet 2024 à avril 2025, le RHF a été mis à l’arrêt pour intégrer des améliorations issues du dernier réexamen de sûreté de l’installation, comprenant en particulier la mise en place d’un système d’extinction d’incendie par aspersion dans le hall d’expérimentation du bâtiment réacteur et le renforcement sismique du pont polaire conformément à la décision n° 2022-DC-0738 de l’ASN du 28 juillet 2022. Après deux cycles d’irradiation, un nouvel arrêt a débuté en octobre 2025 et est prévu jusqu’en mars 2026. Il permettra d’intégrer les dernières améliorations en matière de sûreté issues du dernier réexamen. Le traitement de l’inventaire résiduel en tritium issu de l’ancienne installation de détritiation, prévu initialement au 30 juin 2025, a finalement pris du retard. Une inspection réalisée en décembre 2025 a permis de vérifier que l’installation de traitement, techniquement complexe, était presque achevée et que les premiers essais de fonctionnement étaient concluants. L’exploitant prévoit de démarrer le traitement au premier trimestre 2026. Enfin, les autorisations encadrant les prélèvements et rejets du RHF ont été mises à jour en 2025 par les décisions n° 2025-DC-014 et 2025-DC-015 de l’ASNR du 26 juin 2025. Au regard des actions de contrôle qu’elle a conduites en 2025, l’ASNR considère que le RHF est exploité dans des conditions de sûreté et de radioprotection satisfaisantes. L’ASNR souligne en particulier les bonnes conditions dans lesquelles l’ILL a mené l’important programme de modifications de l’installation issu du dernier réexamen, qui a renforcé le niveau de sûreté du RHF. Irradiateur Ionisos La société Ionisos exploite un irradiateur industriel implanté à Dagneux dans l’Ain. Cet irradiateur, constituant l’INB 68, utilise le rayonnement issu de sources de cobalt-60, notamment pour stériliser du matériel médical (seringues, pansements, prothèses). L’exploitant a déposé en octobre 2021 un dossier visant à obtenir l’autorisation de construire un nouvel irradiateur. Ce dossier est en cours d’instruction par l’ASNR. La construction de cette nouvelle installation nécessite également que l’exploitant finalise l’assainissement et la déconstruction des anciens irradiateurs D1 et D2 présents sur le site. Depuis plusieurs années, en réponse aux demandes de l’ASNR, l’exploitant a renforcé ses équipes et lancé des actions visant à mieux assurer la conformité de l’installation à la réglementation INB. En 2025, même si la situation reste perfectible, l’ASNR considère que l’exploitant est dans une démarche de progrès, qui s’est en particulier traduite par la définition et la mise en œuvre exhaustive de contrôles et d’essais périodiques sur les matériels importants pour la protection. Cette démarche de progrès devra être poursuivie. 44 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=