Rapport de l'ASNR 2025

Auvergne‑Rhône‑Alpes Accélérateurs et centre de recherche du CERN À la suite de la signature d’une convention internationale entre la France, la Suisse et l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN) le 15 novembre 2010, l’ASNR et l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) – organisme de contrôle de la radioprotection suisse – contribuent à la vérification des exigences de sûreté et de radioprotection appliquées par le CERN, y compris en matière de gestion des déchets nucléaires et de transport de substances radioactives. Le CERN n’est pas directement soumis aux réglementations suisse ou française, mais doit mettre en œuvre les meilleures pratiques au regard des réglementations, normes et recommandations internationales. Deux visites conjointes des autorités suisse et française ont eu lieu en 2025, portant sur les systèmes d’accès aux zones présentant des risques d’exposition radiologique et sur la gestion des situations d’urgence, avec la réalisation d’un exercice de crise. Ces visites ont mis en évidence des pratiques satisfaisantes. LES SITES EN DÉMANTÈLEMENT Réacteur Superphénix et atelier pour l’entreposage des combustibles Le réacteur à neutrons rapides Superphénix (INB 91), prototype indus‑ triel refroidi au sodium d’une puissance de 1 200 MWe, est implanté à Creys-Mépieu en Isère. Il a été définitivement arrêté en 1997. Le réac‑ teur a été déchargé et l’essentiel du sodium a été neutralisé et condi‑ tionné sous forme de blocs de béton. Superphénix est associé à une autre INB, l’atelier pour l’entreposage du combustible (Apec – INB 141). L’Apec est principalement constitué d’une piscine abritant le combus‑ tible déchargé de la cuve et de l’entreposage des colis de béton sodé issus de la neutralisation du sodium de Superphénix. L’ASNR a autorisé en 2018 l’engagement de la deuxième étape du démantèlement de Superphénix, qui consiste à ouvrir la cuve du réacteur pour démanteler ses équipements internes. En 2025, l’exploitant a notamment démantelé le « petit bouchon tournant » de la cuve du réacteur et a transféré en février son « sommier », pièce massive activée et particulièrement irradiante, dans un atelier de découpe téléopéré. En raison de difficultés techniques, l’exploitant n’a cependant pas été en mesure d’évacuer les pièces découpées du sommier vers l’installation Iceda. À la suite de l’extraction du sommier, la cuve a été intégralement vidangée et l’exploitant prépare le démantèlement de la cuve de sécurité qui entoure la cuve du réacteur. Parallèlement à ces opérations sur la cuve et ses équipements internes, l’exploitant a également poursuivi le démantèlement des équipements associés aux quatre générateurs de vapeur et a réalisé en fin d’année un chantier de traitement d’une pollution par des hydrocarbures à proximité de l’ancienne salle des machines. En décembre 2025, EDF a transmis à l’ASNR le rapport de conclusion du réexamen de sûreté de l’Apec, et celui du réacteur Superphénix est attendu en mars 2026. Concernant l’Apec, l’ASNR est attentive à la cohérence entre l’échéance d’exploitation de l’Apec, prévue en 2035 par le décret du 24 juillet 1985, et la stratégie d’EDF de gestion des combustibles entreposés, dont certaines échéances dépassent cet horizon. Il conviendra qu’EDF précise les perspectives qu’elle envisage sur ce sujet. En décembre 2025, EDF a également transmis à l’ASNR un dossier de demande de mise à jour des autorisations de rejets du site. Au vu des inspections menées en 2025, l’ASNR considère que la sûreté et la radioprotection des opérations de démantèlement du réacteur Superphénix et d’exploitation de l’atelier pour l’entreposage des combustibles sont assurées de manière satisfaisante. Base chaude opérationnelle du Tricastin La Base chaude opérationnelle du Tricastin (BCOT) constitue l’INB 157. Elle est exploitée par EDF et avait pour vocation l’entretien et l’entreposage de matériels et outillages provenant des circuits et matériels contaminés des réacteurs électronucléaires, à l’exclusion des éléments combustibles. La BCOT est située au sein du site Orano du Tricastin. Par courrier du 22 juin 2017, EDF a déclaré l’arrêt définitif de la BCOT en juin 2020 et son démantèlement a été autorisé par le décret n° 2023‑1049 du 16 novembre 2023. À la fin du démantèlement, prévue au plus tard le 31 décembre 2033, les bâtiments assainis seront restitués à Orano. En 2025, EDF a achevé le démantèlement des derniers conteneurs de tubes guides de grappe et a engagé les activités de démantèlement électromécanique des équipements encore présents dans les installations, notamment les deux boîtes à gants et la piscine de la casemate 18. En parallèle de ces travaux de démantèlement, l’exploitant a procédé en 2025 à une rénovation complète de la détection incendie du site et il prévoit l’installation d’une nouvelle ventilation début 2026 afin d’adapter l’installation aux travaux à venir. L’ASNR considère que les opérations de démantèlement de la BCOT sont menées dans des conditions de sûreté et de radioprotection satisfaisantes. Actions de l’ASNR pour la prévention du risque radon Actions de contrôle En 2025, l’ASNR a conduit trois inspections de collectivités territoriales responsables d’établissements d’enseignement et d’accueil collectif d’enfants de moins de six ans (communes de Givors et de Montluçon, Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes). L’ASNR a également conduit quatre inspections dédiées d’établissements comportant des lieux de travail spécifiques en matière d’exposition potentielle au radon (trois établissements thermaux et un barrage hydroélectrique). Le bilan de ces inspections met en évidence une prise en compte contrastée du risque radon. Si certains établissements ont mis en œuvre une démarche de prévention du risque radon satisfaisante, d’autres n’ont pris en compte que partiellement les dispositions réglementaires relatives à la gestion de ce risque. Actions de sensibilisation La division de Lyon de l’ASNR mène également des actions de sensibilisation en lien avec le risque d’exposition au gaz radon qui se sont traduites en 2025 par une contribution aux actions de sensibilisation des services de prévention et de santé au travail de la région AuvergneRhône-Alpes, dans le cadre de sa participation au groupe de travail sur la prévention du risque radon qui s’inscrit dans le plan régional de santé au travail (PRST). Les zones à potentiel radon en France métropolitaine, et notamment en région Auvergne-Rhône-Alpes, sont présentées en page 99. 86 Rn radon Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 45

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