Rapport de l'ASNR 2025

Grand Est Centrale nucléaire de Chooz La centrale nucléaire de Chooz est exploitée par EDF dans le département des Ardennes sur le territoire de la commune de Chooz, à 60 km au nord de Charleville‑Mézières. Le site est constitué de la centrale nucléaire des Ardennes, dite « Chooz A », comprenant le réacteur A (INB 163), exploité de 1967 à 1991, dont les opérations de mise à l’arrêt définitif et de démantèlement ont été autorisées par le décret n° 2007‑1395 du 27 septembre 2007, et la centrale nucléaire de Chooz B, comprenant deux réacteurs d’une puissance de 1 450 MWe chacun (INB 139 et 144), mis en service en 2001. Réacteurs B1 et B2 en exploitation L’ASNR considère que les performances de la centrale nucléaire de Chooz B en matière de sûreté nucléaire et de protection de l’environnement rejoignent l’appréciation générale que l’ASNR porte sur les centrales nucléaires d’EDF. Elles se distinguent favorablement en matière de radioprotection des travailleurs. Sur le plan de l’exploitation des installations, l’ASNR note une tendance à l’amélioration, notamment dans le respect des exigences en matière de surveillance des installations, de gestion des alarmes et de gestion de la documentation, qui devra être confirmée en 2026. Une meilleure coordination entre les métiers chargés de la conduite des réacteurs et ceux chargés de la maintenance, ainsi qu’un respect plus rigoureux des procédures sont toutefois attendus, ces deux sujets ayant été en cause dans plusieurs événements significatifs. En matière de maintenance, l’année a été marquée par un arrêt pour maintenance et rechargement en combustible du réacteur 1 comportant un important volume d’activités. Ces dernières ont été globalement maîtrisées, en dépit de dysfonctionnements rencontrés lors des opérations de redémarrage. Plusieurs défauts dans la réalisation d’activités de maintenance ont toutefois été relevés, dont certains ont été à l’origine d’événements significatifs pour la sûreté. En matière de radioprotection, l’ASNR considère que les progrès constatés en 2024, notamment sur les sujets liés à la propreté radiologique des installations, ont été confirmés en 2025. Des écarts ponctuels concernant la culture de radioprotection et la maîtrise du risque de dispersion de la contamination sur les chantiers ont cependant été constatés en 2025. Un effort particulier est attendu de la part de l’exploitant en 2026 sur ces deux axes de progrès. S’agissant de la protection de l’environnement, l’ASNR considère que l’organisation du site reste satisfaisante. Quelques axes d’amélioration ont été identifiés concernant le confinement liquide des effluents et la performance des matériels de prélèvement d’eau et de rejet des effluents liquides. Enfin, en matière de santé et de sécurité au travail, l’arrêt pour maintenance du réacteur 1 a été marqué par plusieurs accidents ou « presque-accidents » en lien avec le risque de chute de charges. Ils mettent en évidence la nécessité d’une meilleure analyse des risques en amont des activités et d’une meilleure coordination entre l’exploitant et ses intervenants extérieurs. Réacteur A en démantèlement En 2025, les opérations liées à l’extraction de la cuve ont constitué les principales activités réalisées au sein de la caverne réacteur (HR). Une fois la cuve levée et posée sur un stand de transit, le calorifuge recouvrant sa partie inférieure a pu être enlevé puis découpé. Le puits de cuve a quant à lui été obstrué à l’aide d’un dispositif reconstituant l’étanchéité du fond de la piscine et servant également de support à la cuve pour les prochaines étapes de découpe, programmées en 2026. Dans la caverne auxiliaire (HK), les opérations de démantèlement des matériels encore présents se sont poursuivies. Concernant la sûreté nucléaire et la radioprotection des travailleurs, l’année 2025 a été marquée par une augmentation du nombre d’événements significatifs et de contaminations internes, malgré les actions engagées par l’exploitant en la matière depuis plusieurs années. L’analyse de ces différentes situations, ainsi que les inspections réalisées tout au long de l’année, y compris de façon réactive à la suite des événements, ont conduit l’ASNR à demander le renforcement des dispositions préventives, notamment vis-à-vis de la radioprotection des travailleurs. Elle a en outre décidé, le 26 décembre 2025, de placer le site sous surveillance renforcée pour l’ensemble des activités de démantèlement jusqu’à ce que les résultats satisfassent à nouveau aux attentes en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection des travailleurs. En matière d’environnement, les performances jugées dans l’ensemble satisfaisantes par l’ASNR au cours des dernières années se sont maintenues en 2025. LE PARC D’INSTALLATIONS ET D’ACTIVITÉS À CONTRÔLER COMPORTE : ▸ des installations nucléaires de base : • la centrale nucléaire de Cattenom (4 réacteurs de 1300 MWe), • la centrale nucléaire de Chooz A (1 réacteur de 305 MWe, en démantèlement), • la centrale nucléaire de Chooz B (2 réacteurs de 1450 MWe), • la centrale nucléaire de Fessenheim (2 réacteurs de 900 MWe, à l’arrêt définitif, début du démantèlement prévu en 2026), • la centrale nucléaire de Nogent‑sur‑Seine (2 réacteurs de 1300 MWe), • le Centre de stockage de déchets radioactifs de faible et moyenne activité à vie courte (FMA-VC), implanté à Soulaines‑Dhuys dans l’Aube (CSA) ; ▸ le projet Cigéo de stockage géologique de déchets radioactifs de haute et moyenne activité à vie longue ; ▸ des activités nucléaires de proximité du domaine médical : • 14 services de radiothérapie externe, • 5 services de curiethérapie, • 19 services de médecine nucléaire, • environ 100 services de scanographie, • 70 établissements mettant en œuvre des pratiques interventionnelles radioguidées, • environ 2 300 établissements de radiologie médicale et dentaire ; ▸ des activités nucléaires de proximité du domaine industriel, vétérinaire et de la recherche : • environ 200 activités industrielles et vétérinaires relevant des régimes d’autorisation ou d’enregistrement, • 34 entreprises exerçant une activité de radiographie industrielle, • 37 unités de recherche, publiques ou privées ; ▸ des activités liées au transport de substances radioactives ; ▸ des laboratoires et organismes agréés par l’ASNR : • 6 laboratoires pour les mesures de la radioactivité dans l’environnement, • 2 organismes pour la mesure du radon. Chap.7 Chap 6 Chap.5 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 59

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