Grand Est Centrale nucléaire de Fessenheim La centrale nucléaire de Fessenheim est située à 1,5 km de la frontière allemande et à 30 km environ de la Suisse. Elle comprend deux réacteurs, mis en service en 1977 et arrêtés définitivement en 2020, actuellement en phase de préparation au démantèlement. L’ASNR considère que le site poursuit la préparation du démantèlement de manière sérieuse. L’année 2026 sera notamment marquée par l’entrée en démantèlement du site, avec la finalisation de l’instruction du dossier de démantèlement et la publication du décret encadrant celui-ci. Comme les années précédentes, les activités préparatoires au démantèlement se sont déroulées de façon satisfaisante et globalement conforme aux plannings prévus, avec notamment le départ de trois parties inférieures des anciens générateurs de vapeur en vue de leur décontamination et valorisation par un procédé de fusion dans les installations de Cyclife en Suède. Des modifications importantes des systèmes de ventilation/chauffage et d’alimentation électrique du site sont en cours. L’ASNR considère par ailleurs que les modifications organisationnelles et les réductions d’effectifs successives depuis 2020 ont été bien gérées et n’ont pas conduit à observer d’effet négatif sur l’exploitation du site. La baisse d’effectif impose néanmoins une vigilance quant au maintien de certaines compétences à moyen terme. En matière de radioprotection, les performances du site sont considérées comme globalement satisfaisantes. Enfin, dans le contexte de l’entrée en démantèlement du site, les décisions de l’ASNR encadrant les rejets et prélèvements d’eau de la centrale nucléaire de Fessenheim vont être modifiées afin d’être adaptées aux besoins spécifiques du démantèlement. Centrale nucléaire de Nogent‑sur‑Seine La centrale nucléaire de Nogent‑sur‑Seine, exploitée par EDF dans le département de l’Aube sur le territoire de la commune de Nogent‑sur‑Seine, à 70 km au nord‑ouest de Troyes, est constituée de deux REP d’une puissance de 1 300 MWe chacun, mis en service en 1987 et 1988. Le réacteur 1 constitue l’INB 129, le réacteur 2 constitue l’INB 130. L’ASNR considère que les performances du site de Nogent‑sur‑Seine dans les domaines de la sûreté nucléaire, de la protection de l’environnement et de la radioprotection rejoignent l’appréciation générale que l’ASNR porte sur les centrales nucléaires d’EDF. S’agissant de la sûreté nucléaire, l’ASNR estime que les résultats sont dans l’ensemble corrects, avec un point de vigilance concernant les durées de poste relativement faibles des agents constituant les équipes de conduite des réacteurs. Les questions de maintien des compétences et de formation des agents devront par conséquent faire l’objet d’un suivi particulier. L’ASNR estime par ailleurs que les améliorations constatées en 2024 dans la gestion des mises en configuration de circuits se sont confirmées en 2025. Concernant la maintenance, l’année 2025 a été marquée par un arrêt du réacteur 1 pour maintenance et rechargement en combustible. Les activités se sont déroulées de manière satisfaisante durant cet arrêt, hormis la mise en service non désirée d’un système de sauvegarde à l’occasion d’un essai périodique de matériel. Concernant la radioprotection des travailleurs, l’ASNR constate le maintien de résultats satisfaisants en matière de gestion de la propreté radiologique des chantiers. Néanmoins, la gestion des sas d’accès aux chantiers de maintenance reste perfectible, notamment en ce qui concerne le confinement dynamique. Concernant la protection de l’environnement, l’ASNR note positivement la poursuite des efforts entrepris s’agissant de la gestion du confinement des pollutions liquides. Elle considère toutefois que l’organisation du site présente encore des axes de progrès, en particulier concernant la gestion des rejets. Enfin, les contrôles mis en œuvre au titre de l’inspection du travail n’ont pas soulevé de point de fragilité particulier, en dehors des aspects précités relatifs à la radioprotection des travailleurs. Les points d’amélioration identifiés au cours des inspections sont par ailleurs traités avec sérieux par l’employeur. Centre de stockage de l’Aube Autorisé par le décret du 4 septembre 1989 et mis en service en janvier 1992, le Centre de stockage de l’Aube (CSA) a pris le relais du Centre de stockage de la Manche (CSM) qui a cessé ses activités en juillet 1994, en bénéficiant de son retour d’expérience. Cette installation, implantée à Soulaines‑Dhuys, présente une capacité de stockage d’un million de mètres cubes (m3) de déchets FMA‑VC. Elle constitue l’INB 149. Les opérations autorisées dans l’installation incluent le conditionnement des déchets, soit par injection de mortier dans des caissons métalliques de 5 ou 10 m3, soit par compactage de fûts de 200 litres. À la fin de l’année 2025, le volume des déchets stockés était d’environ 396 000 m3, soit 40 % de la capacité autorisée. Selon les estimations réalisées par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) en 2016 dans le rapport de conclusion du réexamen périodique du CSA, la saturation de la capacité de l’installation pourrait intervenir à l’horizon 2062, au lieu de 2042 comme initialement prévu. Ceci s’explique par une meilleure connaissance des déchets futurs et de leurs chroniques de livraison, mais aussi par une optimisation de la gestion des déchets via le compactage de certains colis. L’ASNR considère que le CSA est exploité dans des conditions satisfaisantes dans les domaines de la sûreté nucléaire, de la radioprotection et de l’environnement. Les inspections menées en 2025 ont notamment permis de constater une gestion satisfaisante des déchets générés par le CSA, une bonne maîtrise du risque d’inondation externe, ainsi qu’une prise en compte satisfaisante du risque lié à la fraude. Un axe de progrès a toutefois été mis en évidence concernant l’organisation mise en place pour la gestion et le suivi en service des équipements sous pression (ESP). 60 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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