de risques incomplètes lors d’intervention sur le contrôlecommande. Il convient enfin de noter que peu d’événements ont pour origine des défaillances matérielles excepté les fuites relevées sur les soupapes du circuit primaire qui ont été résorbées, et un colmatage non prévu d’échangeurs de chaleur et dont les modalités de conservation n’étaient pas adaptées. L’ASNR assure également les missions d’inspection du travail sur le réacteur EPR de Flamanville. En 2025, l’ASNR a contrôlé principalement le respect par les entreprises des dispositions relatives au droit du travail en matière de sécurité des chantiers. Cette année a aussi été l’occasion d’examiner les conditions d’intervention des travailleurs à l’intérieur de l’enceinte alors que le cœur du réacteur était chargé (dispositif « two-rooms »). L’ASNR considère que l’organisation en matière de prévention des risques est globalement adaptée et les résultats rejoignent ceux du parc en exploitation. Centre de stockage de la Manche Mis en service en 1969, le Centre de stockage de la Manche (CSM) fut le premier centre de stockage de déchets radioactifs exploité en France. 527 225 m3 de colis de déchets y sont stockés. Les derniers colis de déchets ont été pris en charge par ce centre en juillet 1994. Le CSM est réglementairement en phase de démantèlement (opérations préalables à sa fermeture) jusqu’à la fin de la mise en place de la couverture pérenne. Une décision de l’ASNR précisera la date de fermeture du stockage (passage en phase de surveillance), ainsi que la durée minimale de la phase de surveillance. Le 29 avril 2024, à l’issue de l’instruction du rapport de réexamen périodique transmis en 2019 par l’Andra, l’ASN a autorisé la poursuite du fonctionnement du centre. Elle a toutefois édicté des prescriptions visant à poursuivre les études sur le comportement de la couverture actuelle, de la couverture pérenne et sur la mémoire du site. Une prescription vise également la poursuite des études concernant la reprise éventuelle de colis contenant des radioéléments à vie longue. Par ailleurs, au titre de l’année 2025, l’ASNR considère que l’organisation définie et mise en œuvre pour l’exploitation des installations du CSM est globalement satisfaisante en matière de sûreté, de radioprotection et de surveillance de l’environnement. L’exploitant devra toutefois finaliser la mise en cohérence du référentiel de sûreté dans la continuité du réexamen périodique de l’installation, et plus spécifiquement réinterroger l’organisation mise en œuvre pour assurer le respect des dispositions de maîtrise du risque d’incendie. Grand accélérateur national d’ions lourds Le groupement d’intérêt économique Ganil a été autorisé en 1980 à créer un accélérateur d’ions à Caen (INB 113). Cette installation de recherche produit, accélère et distribue dans des salles d’expérience des faisceaux d’ions à différents niveaux d’énergie pour étudier la structure de l’atome. Les faisceaux de forte énergie produisent des champs importants de rayonnements ionisants, activant les matériaux en contact, qui émettent alors des rayonnements ionisants, même après l’arrêt des faisceaux. L’irradiation constitue donc le risque principal du Ganil. À la suite de son autorisation par le décret du 7 mars 2025, Le projet « DESIR », pour « Désintégration, Excitation et Stockage d’Ions Radioactifs », est en cours de réalisation sur le site. Il aura pour fonction première la création de nouveaux espaces d’expérimentation sur la base de faisceaux d’ions radioactifs issus des installations existantes. Sa mise est service est conditionnée à une autorisation de l’ASNR. L’instruction du second réexamen de sûreté de l’installation s’est poursuivie en 2025. À la suite du dépôt du rapport de conclusion du second réexamen périodique le 18 mai 2021 et des compléments apportés par le Ganil, de l’inspection du réexamen du 20 décembre 2023 et des réponses apportées, les conclusions de ce réexamen ont été émises le 12 juin 2025. L’ASNR a autorisé la poursuite de l’exploitation des installations. Toutefois, l’ASNR a demandé au Ganil de renforcer sa politique en matière de prise en compte des facteurs organisationnels et humains. L’ASNR estime que la gestion de la sûreté nucléaire et de la radioprotection par le Ganil est globalement satisfaisante. Les contrôles faits par l’ASNR en 2025 ont porté sur la gestion de la maintenance et des équipements sous pression. Si la gestion de la maintenance est satisfaisante, et que le Ganil a une organisation effective concernant le suivi en service des équipements sous pression, l’application de certains aspects de la réglementation concernant ces équipements doit être améliorée. L’exploitant a présenté en 2024 une modification de son organisation qui a été autorisée par l’ASNR en 2025 et qui devrait être effective début 2026. L’ASNR sera attentive à la bonne prise en compte des enjeux de sûreté nucléaire et de radioprotection lors de sa mise en œuvre. Normandie 74 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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