Réacteur EPR – Flamanville 3 1. L'îlotage est une opération qui intervient lors de défaillances du réseau électrique. Il consiste à isoler le réacteur du réseau électrique externe, tout en le maintenant en puissance. Le réacteur ne produit alors, par l'intermédiaire de son alternateur, que l'énergie électrique nécessaire à son fonctionnement dans un état sûr. Le réacteur EPR de Flamanville a été mis en service le 8 mai 2024. La première réaction nucléaire en chaîne est intervenue le 3 septembre 2024, et le réacteur a fait l’objet d’un premier couplage au réseau national d’électricité le 21 décembre 2024. Les opérations de démarrage se sont poursuivies en 2025 avec deux étapes soumises à l’autorisation de l’ASNR : le passage à une puissance supérieure à 25 % en avril 2025 et le passage à une puissance supérieure à 80 % en décembre 2025. Le réacteur a ensuite atteint sa pleine puissance le 14 décembre 2025. Les faits marquants de cette année 2025 pour le réacteur EPR de Flamanville sont détaillés au point 4 du chapitre 8 du présent rapport. En 2025, le contrôle de l’ASNR s’est focalisé sur la poursuite des essais de démarrage, l’exploitation du réacteur jusqu’à sa pleine puissance et sur la prise en compte du retour d’expérience. L’ASNR considère que les essais de démarrage ont été bien conduits par l’exploitant. Si les activités d’exploitation ont été maîtrisées, il est attendu une amélioration de la robustesse des organisations dans certains domaines, en particulier en vue du premier arrêt du réacteur pour maintenance et rechargement du combustible (voir focus n°14 du chapitre 8). Concernant les essais de démarrage, l’ASNR a notamment réalisé une instruction des résultats des essais du cœur du réacteur à différents niveaux de puissance, mais également des résultats des essais de certains transitoires importants du réacteur tels que l’arrêt du réacteur en puissance, le déclenchement de la turbine, l’îlotage(1) du réacteur ou encore la perte de toutes les alimentations électriques externes. Pour ce dernier essai, l’ASNR a mené une inspection dédiée afin de vérifier le comportement approprié de l’installation lors de ce transitoire. L’ASNR considère que le déroulement de ces essais s’est avéré satisfaisant et que les résultats associés ne remettent pas en cause la sûreté de l’installation. En ce sens, en 2025, elle a autorisé successivement le passage à une puissance supérieure à 25 % et 80 % du réacteur. S’agissant de l’exploitation du réacteur, l’ASNR a poursuivi le contrôle initié en 2024 au travers d’un programme d’inspections thématiques tel qu’elle le décline sur les autres réacteurs du parc en fonctionnement. Ces inspections ont porté sur des thématiques variées avec notamment une inspection dimensionnante portant à la fois sur la conduite incidentelle et accidentelle et sur l’organisation de crise (voir focus n°8 du chapitre 8). Ces inspections ont mis en exergue une situation satisfaisante sur la plupart des sujets inspectés. Néanmoins, des améliorations notables sont attendues, notamment sur la mise en œuvre des moyens locaux de crise, le traitement des écarts, la maîtrise des agressions et la prévention des pollutions. Sur ces thèmes, il ressort de ces inspections des manquements organisationnels tant dans la formalisation des organisations, dans le référentiel de l’exploitant que dans la mise en œuvre effective de l’organisation attendue. L’ASNR considère essentiel qu’EDF progresse sur ces sujets dans la perspective de la première visite complète du réacteur prévue en 2026. De plus, l’ASNR a réalisé des inspections réactives en lien avec le traitement par l’exploitant d’aléas (le colmatage non prévu d’échangeurs de chaleur et les fuites relevées sur les soupapes du circuit primaire) qui ont permis de constater la bonne maîtrise des activités. L’ASNR a également contrôlé les modalités de prise en compte du retour d’expérience de ces premiers mois d’exploitation du réacteur, au travers notamment d’inspections sur les thèmes de la conduite, de l’implémentation de paramètres dans le contrôle-commande et de la prise en compte du retour d’expérience des réacteurs EPR implantés à l’étranger. L’ASNR considère qu‘EDF exploite de manière adéquate le retour d’expérience des premiers mois d’exploitation du réacteur et maintient un lien important avec ses homologues étrangères pour bénéficier du retour d’expérience international. En 2025, le site a déclaré un nombre d’événements significatifs pour la sûreté en baisse par rapport à 2024, mais néanmoins conséquent, dont une part importante, par rapport au parc en fonctionnement, a été classée au niveau 1 de l’échelle INES. Ces événements sont principalement liés à des non-respects des spécifications d’exploitation par les équipes en charge de la conduite du réacteur au vu notamment d’un manque de maîtrise de la configuration de l’installation. Par ailleurs, quelques événements sont liés à des problèmes de déclinaison opérationnelle des règles d’essais périodiques permettant de tester les matériels, et à des analyses Normandie LE PARC D’INSTALLATIONS ET D’ACTIVITÉS À CONTRÔLER COMPORTE : ▸ des installations nucléaires de base : • les centrales nucléaires, exploitées par EDF, de Flamanville (2 réacteurs de 1300 MWe), Paluel (4 réacteurs de 1300 MWe), Penly (2 réacteurs de 1300 MWe), et de Flamanville 3 (1 réacteur de 1600 MWe), • le chantier de construction de deux réacteurs de type EPR 2 de Penly, • l’établissement de retraitement de combustibles nucléaires usés d’Orano de La Hague, • le Centre de stockage de la Manche (CSM) de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), • le Grand accélérateur national d’ions lourds (Ganil) à Caen ; ▸ des activités nucléaires de proximité du domaine médical : • 8 services de radiothérapie externe (28 appareils), • 1 service de protonthérapie, • 1 service de curiethérapie, • 13 services de médecine nucléaire, • 50 établissements mettant en œuvre des pratiques interventionnelles radioguidées, • 70 scanners, • environ 2 100 appareils de radiologie médicale et dentaire ; ▸ des activités nucléaires de proximité du domaine industriel, vétérinaire et de la recherche : • environ 450 établissements industriels et de recherche, dont 27 entreprises exerçant une activité de radiographie industrielle, • 5 accélérateurs de particules, dont 2 cyclotrons, plus un 3e cyclotron destiné à l’hadronthérapie en cours d’installation, • 21 laboratoires, principalement implantés dans les universités de la région, • 5 entreprises utilisant des gammadensimètres, • environ 260 cabinets ou cliniques vétérinaires pratiquant le radiodiagnostic, 1 centre de recherche équine et 1 centre hospitalier équin ; ▸ des activités liées au transport de substances radioactives ; ▸ des laboratoires et organismes agréés par l’ASNR : • 9 sièges de laboratoires pour les mesures de la radioactivité de l’environnement, • 2 agences d’organismes pour les vérifications en radioprotection, • 4 organismes agréés pour le mesurage du radon dans les ERP. Chap.7 Chap 6 Chap.5 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 73
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