Orano a construit une cellule de reprise au‑dessus de la fosse contenant les déchets, et un nouveau bâtiment dédié aux opérations de tri et de conditionnement. L’exploitant a validé la mise en service industrielle du procédé de reprise des déchets en 2022, à la suite des essais menés en 2020 et 2021. Sur le plan quantitatif, l’année 2023 avait permis la reprise d’une cinquantaine de fûts de déchets, et l’année 2024 a permis d’atteindre le chiffre de 200 fûts de déchets repris : c’est ainsi environ un tiers de la quantité totale de déchets de la phase n°1 qui a été repris depuis le début des opérations en 2020. L’augmentation du rythme de reprise en 2024 s’explique notamment par la mise en place d’une équipe de maintenance dédiée au silo 130 et par le passage en fonctionnement en 3*8 des équipes de reprise depuis novembre 2023 au lieu du 2*8 initial. Toutefois, en 2025, Orano a de nouveau rencontré des pannes et défauts de fiabilité des installations de reprise qui conduisent à un rythme de reprise plus faible que prévu. À la fin de l’année 2025, ce sont ainsi entre 40 et 45 % de la quantité totale de déchets de la phase n°1 qui ont été repris depuis le début des opérations en 2020. L’ASNR considère que ces mesures sont positives, mais que les différents aléas techniques observés en 2024 sur les équipements confirment la nécessité pour Orano d’améliorer la fiabilité des installations de reprise des déchets. Silo HAO et stockage organisé des coques L’atelier HAO (INB 80) assurait les premières étapes du processus de traitement des combustibles nucléaires usés : réception, entreposage, puis cisaillage et dissolution. Les solutions de dissolution produites dans l’INB 80 étaient ensuite transférées dans l’ensemble industriel UP2‑400, dans lequel avait lieu la suite des opérations de traitement. L’INB 80 est composée de : • HAO Nord, lieu de déchargement et d’entreposage des combustibles usés ; • HAO Sud, où étaient effectuées les opérations de cisaillage et dissolution ; • le bâtiment « filtration », qui comporte le système de filtration de la piscine de HAO Sud ; • le silo HAO, dans lequel sont entreposés des coques et embouts (morceaux de gaine et embouts de combustible) en vrac, des fines provenant essentiellement du cisaillage, des résines et des déchets technologiques issus de l’exploitation de l’atelier HAO entre 1976 et 1997 ; • le stockage organisé des coques (SOC), composé de trois piscines dans lesquelles sont entreposés des fûts contenant coques et embouts. En 2025, l’exploitant a poursuivi les opérations préalables à la reprise des déchets du silo HAO et la mise en œuvre des modifications matérielles définies à l’issue de l’analyse des points durs identifiés lors des essais fonctionnels du dispositif de reprise des déchets. Par la décision n° 2024-DC-0784 de l’ASN du 3 septembre 2024, l’exploitant a été autorisé à mettre en service la cellule de reprise et de conditionnement en fûts de coques et embouts inertés « sous eau » (ECE) des déchets du silo HAO et des piscines du SOC. Toutefois, l’exploitant a rencontré plusieurs difficultés techniques lors des essais et a subi des retards de mise à disposition de certains équipements de reprise qui l’ont conduit à annoncer un retard de deux ans sur le planning du projet. Dans ce cadre, Orano a déterminé les causes techniques, organisationnelles et humaines, puis a défini et mis en œuvre des dispositions pour en réduire les conséquences. À cet effet, l’ASNR note le plan de surveillance renforcé du fournisseur concerné afin de mieux maîtriser les délais de fourniture. En fin d’année 2025, l’ASNR note également que des risques de nouveaux retards dans la mise à disposition des équipements et dans l’avancement du projet subsistent. Actions de l’ASNR pour la prévention du risque radon Actions de contrôle Dans le domaine du risque radon, en 2025, la division de Caen a essentiellement réalisé des actions d’inspection : • Inspection d’un établissement ayant des lieux de travail souterrains, en l’occurrence le site des Monts d’Arrée en Bretagne dont le démantèlement est suivi par la division de Caen ; • Inspection de trois communes concernant la gestion des établissements recevant du public et plus particulièrement les écoles. Ils s’agit des villes de Vire-Normandie (14), Ville nouvelle d’Avranches (50) et de La Hague (50). Le bilan de ces inspections met en évidence une prise en compte globalement satisfaisante du risque radon. Seule une commune est en retard dans la réalisation d’actions de remédiation dans plusieurs écoles à la suite des mesurages mettant en évidence des dépassements de niveau de référence. Les zones à potentiel radon en France métropolitaine, et notamment en région Normandie, sont présentées en page 99. 86 Rn radon Normandie Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 79
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