Rapport de l'ASNR 2025

Provence-Alpes-Côte d’Azur • le Laboratoire d’études et de fabrications des combustibles avancés (Lefca – INB 123) ; • le laboratoire Chicade (INB 156) ; • l’installation d’entreposage Cedra (INB 164) ; • le magasin d’entreposage Magenta (INB 169) ; • l’Atelier de gestion avancée et de traitement des effluents (Agate – INB 171) ; • le Réacteur Jules Horowitz (RJH – INB 172), en construction. Le centre CEA de Cadarache assure l’exploitation de nombreuses installations, de nature variée et aux enjeux de sûreté divers. Sur le centre de Cadarache, dix installations sont définitivement arrêtées, neuf installations sont en fonctionnement et une installation est en construction. L’ASNR a engagé ou poursuivi l’instruction des dossiers d’orientation de réexamen (DOR) périodique ou des rapports de réexamen pour 16 des 20 installations : Pégase et Cascad, Cabri, Rapsodie, STE, Masurca, ATUe, MCMF, LECA, STAR, le parc d’entreposage, Phébus, Lefca, Chicade, Cedra, Magenta et Agate, et a rendu ses conclusions sur le réexamen de Cabri. Dans l’instruction de ces rapports, l’ASNR est particulièrement attentive à la robustesse des plans d’action proposés et déployés. Elle veille à la mise en conformité des installations par rapport à la réglementation applicable et à l’efficacité de la maîtrise des risques et inconvénients. Par ailleurs, l’exploitant Stellaria a déposé auprès du ministre en décembre 2025 une demande de création de l’INB dénommée « ALPHA » qui est en cours d’instruction à l’ASNR (voir chapitres 9 et 11). Installation Pégase‑Cascad Centre du CEA L’INB 22 est constituée de deux installations distinctes, Pégase et Cascad : • le réacteur Pégase a été mis en service en 1964, puis exploité une dizaine d’années sur le site de Cadarache. Par décret du 17 avril 1980, le CEA a été autorisé à réutiliser l’installation Pégase pour entreposer des substances radioactives, en particulier des éléments combustibles irradiés en piscine. Le décret du 4 septembre 1989 impose au CEA de solliciter auprès de l’ASNR une autorisation de prolongation de l’entreposage à sec de combustible irradié dans Cascad tous les dix ans ; • l’installation Cascad, autorisée par le décret du 4 septembre 1989 modifiant l’installation Pégase et exploitée depuis 1990, est pérenne et dédiée à l’entreposage à sec, dans des puits, de combustible irradié. En décembre 2024, le CEA a transmis à l’ASN les dossiers d’orien- tation de réexamen pour les installations Pégase et Cascad. L’ASNR a rendu ses avis sur ces deux dossiers en 2025. Les rapports de conclusion des réexamens périodiques de sûreté devront être remis au plus tard le 30 octobre 2027. La consultation du public relative au dossier de démantèlement de l’installation Pégase déposé en 2020 auprès du ministre en charge de la sûreté nucléaire s’est également tenue en 2025. Dans le cadre du projet DECAP de désentreposage des combustibles araldités, l’ASNR a noté que le CEA avait respecté la prescription technique fixée par la décision CODEP-CLG-2017-006524 en réalisant en mars 2025 le premier transport d’un conteneur de combustibles de Pégase vers Cascad. Les inspections menées par l’ASNR ont porté sur la surveillance des intervenants extérieurs, le confinement statique et dynamique, ainsi que les agressions externes. Le niveau de sûreté nucléaire et de radioprotection de l’INB 22 est jugé satisfaisant sur ces thématiques. Toutefois, des améliorations restent nécessaires : la traçabilité des contrôles techniques sur les activités importantes pour la protection demeure insuffisante, notamment pour les contrôles et essais périodiques, l’analyse du retour d’expérience issu des plans de surveillance des intervenants extérieurs doit être approfondie et les critères à vérifier lors des contrôles périodiques doivent être mieux formalisés. En 2026, l’ASNR restera vigilante sur la poursuite des opérations DECAP, ainsi que sur la réalisation des transports internes vers Cascad. Réacteur de recherche Cabri Centre du CEA Le réacteur expérimental Cabri (INB 24) créé le 27 mai 1964 est destiné à la réalisation de programmes expérimentaux visant à une meilleure compréhension du comportement du combustible nucléaire en cas d’accident de réactivité. Le réacteur est équipé d’une boucle à eau sous pression depuis 2006, afin d’étudier le comportement du combustible à taux de combustion élevé en situations accidentelles d’augmentation de la réactivité dans un réacteur à eau sous pression (REP). Depuis janvier 2018, un programme d’essais dénommé « CIP » (Cabri International Program) est mené dans l’installation, qui avait été engagé au début des années 2000 et a nécessité d’importants travaux de modification de l’installation et de mise à niveau en matière de sûreté. Le programme d’essais CIP et d’essais d’irradiation de composants électroniques s’est poursuivi en 2025 avec la réalisation du dernier essai CIP du programme le 13 octobre 2025. En 2025, l’instruction par l’ASNR du réexamen de sûreté de 2017 a été finalisée. Les conclusions de l’ASNR (décision et lettre de suite) ont été transmises à l’exploitant le 12 juin 2025. Les prescriptions sont essentiellement liées à la maîtrise du risque sismique, du risque d’incendie mais aussi au vieillissement de l’installation. L’ASNR estime que le niveau de sûreté et de radioprotection est satisfaisant sur les thèmes inspectés de la conduite, des agressions externes, des modifications matérielles et du transport interne. L’exploitant devra consolider sa stratégie de reprise des déchets sodés et du sodium contaminé encore présents sur l’INB, qui doivent être évacués selon un planning à produire. Enfin, le CEA, après la fin de la campagne d’essais CIP qui s’est achevée en octobre 2025, doit entreprendre les travaux et entretiens nécessaires à la pérennisation de l’activité du réacteur. Le dossier relatif à la réparation de l’hodoscope, à la suite d’un changement de solution technique, doit être déposé début 2026 à l’ASNR. En parallèle, l’ASNR instruit des conditions de fonctionnement réduites du réacteur, proposées par le CEA, pour permettre dans l’intervalle le maintien des activités de formation des opérateurs. Réacteur de recherche Rapsodie Centre du CEA Le réacteur Rapsodie (INB 25) est le premier réacteur à neutrons rapides (RNR) refroidi au sodium construit en France. Il a fonctionné de 1967 à 1978. Un défaut d’étanchéité de la cuve du réacteur a conduit à son arrêt définitif en 1983. Des opérations de démantè- lement ont été entreprises par la suite, mais ont été, en partie, arrêtées consécutivement à un accident mortel survenu en 1994, lors du lavage d’un réservoir de sodium. Le décret de démantèlement a été signé le 9 avril 2021. Ce décret fixe le périmètre de l’installation et encadre, jusqu’en 2030, les opérations de traitement du sodium du réacteur jusqu’à la mise en air de la cuve le contenant. Le cœur est actuellement déchargé de son combustible ; celui-ci a été évacué de l’installation. Par ailleurs, une grande partie des fluides et des composants radioactifs ont été éliminés, et la cuve du réacteur est confinée. La piscine du réacteur a été vidée, partiellement assainie et démantelée, et les déchets contenant du sodium, évacués. Durant l’année 2025, les travaux de démantèlement relatifs à la caractérisation, au reconditionnement et à l’évacuation des colis 90 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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