Provence-Alpes-Côte d’Azur de déchets se sont poursuivis. Le pont polaire a été rénové dans le cadre de la préparation des opérations de traitement du sodium secondaire du réacteur Rapsodie, dites « Recure Na ». La demande de réalisation de ce projet a été transmise à l’ASNR au titre de l’article R. 593-70 du code de l’environnement. Le CEA a par ailleurs annoncé un nouveau planning aboutissant à la fin de ces opérations en 2052 au lieu de 2030, échéance prescrite dans le décret de démantèlement. Le CEA n’étant pas en mesure de respecter l’échéance prescrite dans le décret, l’exploitant devra déposer un dossier de demande de modification de ce décret. L’opération « Pétole » qui consiste à mettre à l’arrêt définitif et à déposer les équipements participant au confinement dynamique de cellules chaudes assainies s’est terminée en 2025. L’exploitant a déposé son dossier d’orientation du réexamen fin décembre 2022. À la suite de l’examen de ce dossier, l’ASNR a demandé à l’exploitant de prendre en compte certains points supplémentaires dans le rapport de réexamen périodique remis à l’ASNR le 21 mai 2025. L’ASNR considère que le niveau de sûreté nucléaire et de radioprotection de cette installation est satisfaisant en 2025, notamment en ce qui concerne la gestion des déchets, le management de la sûreté et la gestion des produits chimiques, thèmes inspectés en 2025. Station de traitement des déchets solides – Centre du CEA L’INB 37 du CEA de Cadarache comportait historiquement la Station de traitement des effluents actifs (STE) et la Station de traitement des déchets solides (STD), regroupées en une installation unique. Le CEA souhaitant pérenniser la STD et procéder à l’arrêt définitif de la STE, l’INB 37 a été séparée en deux INB : 37-A (STD) et 37-B (STE), par décisions n° CODEP‑DRC-2015‑027232 et n° CODEP‑DRC-2015‑ 027225 de l’ASN du 9 juillet 2015. Ces enregistrements ont été réalisés consécutivement à la définition des périmètres de ces deux INB par arrêtés du 9 juin 2015. La STD constitue à ce jour la seule INB civile du CEA autorisée à conditionner des déchets radioactifs de moyenne activité à vie longue (MA-VL), avant leur entreposage dans l’installation Cedra (INB 164), dans l’attente d’une expédition vers une installation de stockage en couche géologique profonde. Cette situation particulière rend la STD incontournable dans la stratégie de démantèlement et de gestion des déchets du CEA. Les travaux principaux du projet de rénovation de l’installation, dénommée « Pagode », ainsi que son exploitation ont été interrompus à la suite de la découverte de défauts de génie civil en mai 2024, événement classé au niveau 1 de l’échelle INES. A la suite des résultats des investigations menées tout au long de l’année 2025, le projet Pagode, dont l’échéance de fin des travaux est prescrite au 30 juin 2028, n’est plus désormais d’actualité. L’INB ne peut notamment pas atteindre le niveau de sûreté attendu vis-à-vis du risque sismique. Par conséquent, le CEA a revu sa stratégie de gestion des déchets, afin d’assurer le traitement des déchets MA-VL, le temps de définir une solution pérenne de traitement à un horizon de 10 à 15 ans. Elle prévoit une reprise d’activité, malgré les défauts de structure, qui exigent des limitations du domaine de fonctionnement de l’installation. Ces dispositions doivent faire l’objet d’un dossier de demande d’autorisation, qui sera instruit par l’ASNR. L’exploitation de l’installation étant interrompue, l’ASNR considère que le niveau de sûreté global de l’installation reste maîtrisé. Les conditions de reprise d’exploitation restent cependant encore à établir. Par ailleurs le management de la sûreté, la conduite et la maintenance, thèmes inspectés en 2025, sont gérés de manière satisfaisante. Le suivi des engagements, également inspecté en 2025, est quant à lui perfectible. En effet, la gestion globale de la ventilation et les modalités de solde des engagements relatifs au plan d’action issu du troisième réexamen périodique restent à améliorer. Station de traitement des effluents actifs – Centre du CEA La Station de traitement des effluents actifs (STE – INB 37-B) est à l’arrêt depuis le 1er janvier 2014. Le CEA a transmis en décembre 2021 le dossier de démantèlement de cette installation. L’instruction du dossier de démantèlement de l’installation s’est poursuivie en 2025. Le CEA prévoit une mise à jour de son dossier incluant les nouveaux éléments relatifs à la reprise des résidus de fond de cuve par voie sèche. La consultation de l’Autorité environnementale puis l’enquête publique sont prévues pour 2026. Dans le cadre des opérations préalables au démantèlement, l’exploitant poursuit l’évacuation des déchets et a démarré en 2025 les prélèvements de résidus en fond de cuves béton du bâtiment 322 afin d’améliorer la connaissance de leur contenu et de déterminer le scénario de traitement. Les inspections télévisuelles des cuves des bâtiments 320 et 321 se sont poursuivies en vue de leur caractérisation. Une campagne de prélèvements de sols en surface au niveau du talus du bâtiment 322 a été lancée pour statuer de leur marquage et affiner la stratégie d’assainissement. L’exploitant a également poursuivi la rénovation du mur de soutènement du bâtiment 322, celui-ci présentant des éclats au niveau du béton. Dans le cadre des suites du réexamen de 2017, le CEA a réalisé des opérations de jouvence de la centrale incendie en 2025 et posé un revêtement étanche sur les radiers du bâtiment 322 afin d’éviter les infiltrations d’eau. L’exploitant a également transmis le plan de gestion des sols du champ de la Grande Bastide, dans l’objectif de traiter les marquages radiologiques historiques constatés dans le champ de la Grande Bastide et d’éviter leur dissémination lors d’épisodes pluvieux. Par ailleurs, l’installation a connu plusieurs marquages des eaux pluviales entraînant la présence de radionucléides artificiels en dehors des zones contaminées identifiées qui ont fait l’objet de déclarations d’événements significatifs à l’ASN entre 2021 et 2023, malgré la mise en œuvre d’un plan d’action sur la gestion des eaux pluviales. L’évaluation de l’efficacité du plan de gestion des eaux pluviales ayant montré la nécessité de mise en œuvre d’actions complémentaires, la surveillance des eaux pluviales s’est poursuivie en 2025, ainsi que les actions d’amélioration comme le déplacement du point de rejet principal afin d’écarter l’hypothèse d’une contamination des eaux par le sol du champ de la Grande Bastide. La stratégie de gestion proposée par le CEA est en cours d’instruction à l’ASNR. Dans le même cadre, l’ASNR attend la transmission de la stratégie globale du CEA au sujet des sols pollués en cours de définition. L’ASNR estime que le niveau de sûreté nucléaire et de radioprotection de l’INB 37-B sur les thématiques inspectées des travaux de démantèlement, de la radioprotection et des contrôles et essais périodiques en 2025 est satisfaisant. La gestion des marquages historiques de l’environnement autour de l’installation reste un sujet de vigilance pour l’ASNR. Atelier de technologie du plutonium et Laboratoire de purification chimique Centre du CEA L’Atelier de technologie du plutonium (ATPu – INB 32) assurait la production d’éléments combustibles à base de plutonium, destinés aux RNR ou réacteurs expérimentaux à partir de 1967, puis, de 1987 à 1997, aux REP utilisant du combustible MOX (Mélange d’OXydes). Les activités du Laboratoire de purification chimique (LPC – INB 54) étaient associées à celles de l’ATPu : contrôles physico‑chimiques et examens métallurgiques, traitement des effluents et déchets contaminés. Les deux installations ont été arrêtées en 2003 et sont en cours de démantèlement depuis la publication des décrets n°2009-262 et 2009-263 publiés le 6 mars 2009. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 91
RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=