LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT zone à potentiel radon où se situe le lieu de travail, l’évaluation des risques doit prendre en compte le radon. Au besoin, un mesurage peut être réalisé dans ce cadre, s’il y a un risque d’atteinte ou de dépassement du niveau de référence de 300 Bq/m3. Si le niveau de référence est dépassé, l’employeur doit établir un plan d’actions et agir pour réduire l’activité volumique en radon. Si les actions se révèlent inefficaces, il doit identifier, signaler et vérifier les « zones radon » dans lesquelles la concentration est supérieure à 300 Bq/m3, et mettre en œuvre, si nécessaire, des mesures de radioprotection adaptées à l’exposition des travailleurs ; ∙dans certains ERP, des ajustements ont été apportés aux modalités de gestion du radon avec notamment l’ajout des établissements d’accueil d’enfants de moins de six ans dans le dispositif et une obligation d’informer le public par affichage des résultats de mesurage(4). La nature des actions à mettre en œuvre en cas de dépassement du niveau de référence de 300 Bq/m3 est graduée en fonction des résultats des mesurages : actions correctives en cas de concentration de radon comprise entre 301 et 999 Bq/m3, expertise et travaux si les actions correctives ne permettent pas de revenir à un niveau de concentration de radon inférieur ou égal au niveau de référence ou si les résultats de mesurage sont supérieurs à 1 000 Bq/m3. L’ASNR délivre des agréments aux organismes qui mesurent le radon dans certains ERP. En 2025, 37 agréments ont été délivrés, dont 32 de niveau 1 et 5 de niveau 2, portant leur nombre total à 67, dont 14 agréés de niveau 2 au 17 septembre 2025. La liste est disponible au Bulletin officiel de l’ASNR. Les organismes de niveau 1 réalisent les mesurages pour évaluer la concentration moyenne annuelle dans les bâtiments. Quatre types de mesurages peuvent être effectués : mesurage initial, mesurage décennal, contrôle d’efficacité des actions correctives ou des travaux et mesurage après travaux modifiant significativement la ventilation ou l’étanchéité du bâtiment. En 2024-2025, 1787 mesurages de niveau 1 ont été déclarés dont 85 % correspondent à des mesurages initiaux ou décennaux. En cas d’expertise, des mesurages supplémentaires, correspondant au niveau 2 des agréments, peuvent être effectués. Ils permettent 4. Arrêté du 26 février 2019 relatif aux modalités de gestion du radon dans certains établissements recevant du public et de diffusion de l’information auprès des personnes qui fréquentent ces établissements. de rechercher les sources, les voies d’entrée et de transfert du radon dans les ERP. Ils sont mis en œuvre, notamment pour les bâtiments de grande surface au sol avec des soubassements complexes. Sur les six dernières années, entre 30 et 100 mesurages supplémentaires ont été effectués chaque année. Les données transmises chaque année à l’ASNR par ces organismes dans leur rapport annuel portent sur les mesurages réalisés dans les ERP soumis à la surveillance de l’exposition du public, définis à l’article D. 1333‑32 du code de la santé publique (agréments de niveaux 1 et 2). L’analyse des données de niveau 1 sur les neuf dernières campagnes de mesurage continue à montrer une tendance à l’amélioration de la situation avec une hausse progressive du nombre d’établissements présentant un résultat inférieur ou égal au niveau de référence de 300 Bq/m3 dans le cadre des mesurages initiaux et décennaux (voir graphique 8). Lors de la dernière campagne 2024-2025, la concentration volumique en radon était inférieure ou égale au niveau de référence de 300 Bq/m3 dans les trois établissements thermaux ayant effectué des mesurages, 90 % des établissements d’accueil des enfants de moins de 6 ans, 82 % des établissements sanitaires, sociaux et médico‑sociaux, 77 % des établissements d’enseignement et dans deux des quatre établissements pénitentiaires mesurés. En cas de dépassement du niveau de référence, l’établissement est tenu de réaliser des actions correctives ou des travaux, puis d’en vérifier l’efficacité par un nouveau mesurage. L’analyse des résultats issus des contrôles d’efficacité sur les neuf dernières années montre que les résultats évoluent globalement plutôt favorablement malgré une baisse, sur la campagne 2024-2025, de la part des contrôles d’efficacité dont les résultats sont inférieurs ou égaux au niveau de référence de 300 Bq/m3, de près de 15 points (de 56 % en 2024 à 41 % en 2025). Ainsi, sur la dernière campagne, un peu plus de la moitié des contrôles d’efficacité (58 %) donnent lieu à des résultats supérieurs au niveau de référence avec une nette augmentation de la part de ceux avec des résultats supérieurs ou égaux à 1 000 Bq/m3 qui passent de 1 à 8 % (voir graphique 9). Sur les neuf dernières campagnes de mesurage, les catégories d’établissements ayant fait l’objet de mesurages initiaux 0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 % 2022-2023 2023-2024 2024-2025 2021-2022 2020-2021 2019-2020 2018-2019 2017-2018 2016-2017 Résultats ≤ 300 Bq/m3 Résultats > 300 et < 1 000 Bq/m3 Résultats ≥ 1 000 Bq/m3 72 23 6 68 26 5 83 15 3 80 17 2 85 13 2 81 16 3 83 15 80 17 2 3 73 22 5 Source : IRSN, 2021. GRAPHIQUE 8 Évolution de la répartition des mesurages radon initiaux et décennaux par tranche de résultats depuis 2016 0 % 10 % 20 % 30 % 40 % 50 % 60 % 70 % 80 % 90 % 100 % Résultats ≤ 300 Bq/m3 Résultats > 300 et < 1 000 Bq/m3 Résultats ≥ 1 000 Bq/m3 55 29 16 52 34 13 47 47 6 53 37 10 36 57 7 47 48 5 43 56 50 41 8 1 55 33 13 2022-2023 2023-2024 2024-2025 2021-2022 2020-2021 2019-2020 2018-2019 2017-2018 2016-2017 Source : IRSN, 2021. GRAPHIQUE 9 Évolution de la répartition des mesurages radon après actions correctives et travaux par tranche de résultats depuis 2016 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 163 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z
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