Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT ou décennaux se répartissent de la façon suivante : 60 % d’établissements d’enseignement (de la maternelle au lycée), 27 % d’établissements sanitaires, sociaux et médico‑sociaux, 13 % d’établissements d’accueil d’enfants de moins de 6 ans, 0,4 % d’établissements pénitentiaires et 0,3 % d’établissements thermaux (voir graphique 10). Plus globalement, la stratégie de gestion du risque lié au radon est déclinée dans un plan national d’action. Sa mise en œuvre doit permettre d’améliorer l’information du grand public et des acteurs concernés, de progresser dans la connaissance de l’exposition au radon dans l’habitat et de suivre son évolution. Le 4e plan national d’action a été publié début 2021. Il s’inscrit dans le cadre du 4e plan national santé environnement qui coordonne désormais tous les plans sectoriels portant sur la santé ou l’environnement, lui‑même porté par la stratégie nationale de santé publique. Il devait couvrir la période 2020-2024, mais la crise sanitaire a retardé l’achèvement du dispositif réglementaire et le lancement de certaines actions. Aussi, le plan a été prolongé pour une durée de deux ans et se terminera en 2026. Une évaluation portera sur la pertinence, l’efficacité et l’efficience de ses actions. Les enseignements seront exploités pour élaborer le plan suivant. Ce plan s’inscrit dans la continuité des plans précédents. Il se décline en 13 actions regroupées autour de trois axes : L’axe 1 vise à mettre en place une stratégie d’information et de sensibilisation. L’enjeu sanitaire que représente le radon nécessite de poursuivre les actions de sensibilisation et d’information en direction de l’ensemble des acteurs (collectivités territoriales, employeurs, professionnels du bâtiment, professionnels de santé, enseignants, etc.) et du grand public, tant au niveau national que local, avec la promotion et l’accompagnement des actions territoriales de gestion intégrée du risque lié au radon dans l’habitat. Les fumeurs font l’objet d’une communication spécifique, car ils constituent la population la plus à risque de développer un cancer du poumon lié à une exposition cumulée au radon et au tabac. La mise en œuvre opérationnelle du système d’information regroupant l’ensemble des résultats de mesures de radon, ainsi que la consolidation et la centralisation des mesures existantes, apparaissent par ailleurs essentielles pour l’information de la population. L’axe 2 vise à poursuivre l’amélioration des connaissances. La publication en 2018 d’une nouvelle cartographie à l’échelle communale, fondée sur trois zones à potentiel radon, a permis la mise en œuvre d’une approche graduée de la gestion du risque radon. Cette cartographie doit toutefois être améliorée de manière à mieux prendre en compte certains facteurs géologiques particuliers pouvant faciliter le transfert du radon vers les bâtiments (zones karstiques en particulier). De plus, le 4e plan radon prévoit d’actualiser à terme la connaissance de l’exposition de la population en France en organisant la collecte des données de mesures 12,7 % Établissements d’accueil d’enfants de moins de 6 ans 60,1 % Établissements d’enseignement 0,4 % Établissements pénitentiaires 26,6 % Certains établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux 0,3 % Établissements thermaux Source : IRSN, 2021. GRAPHIQUE 10 Répartition des mesurages initiaux et décennaux par type d’ERP de 2016-2017 à 2024-2025 Modalité d’imagerie Actes Dose efficace collective totale Nombre % % Radiologie conventionnelle 36 122 193 49,1 8,9 Radiologie dentaire 23 606 291 32,1 0,3 Scanographie 11 450 368 15,6 75,6 Médecine nucléaire 1 907 543 2,6 13,1 Radiologie interventionnelle diagnostique 467 896 0,6 2,1 Total 73 554 291 100 100 Source : ASNR, rapport ExPRI – Exposition de la population française aux rayonnements ionisants liée aux actes de diagnostic, 2025. TABLEAU 10 Nombre d’actes et dose efficace collective associée pour chaque modalité d’imagerie (valeurs arrondies) en France en 2022 FOCUS N°5 Enseignements du premier bilan des indicateurs du plan national d’action pour la gestion du risque lié au radon Un système d’indicateurs spécifiques, choisis en fonction de leur pertinence et des données disponibles permettant leur suivi, a été mis en place. Les indicateurs pourront être complétés au fil des années, en fonction des nouvelles données disponibles. Un bilan publié en 2024 présente les premiers enseignements suivants : Établissements recevant du public Dans les ERP soumis à la surveillance de l’exposition au radon, 82% des établissements qui ont réalisé un mesurage sur la période 2019‑2020 à 2022‑2023 présentent un résultat inférieur au niveau de référence de 300 Bq/m3 et n’ont donc pas de suite à donner. Les 18 % qui présentent un résultat supérieur au niveau de référence de 300 Bq/m3 doivent mettre en place des actions correctives sur le bâtiment, en vue de descendre en dessous de cette valeur. Parmi eux, 2,5 % présentent un résultat supérieur ou égal à 1 000 Bq/m3 et doivent faire réaliser une expertise du bâtiment afin d’identifier les travaux adaptés. À ce jour, seule la moitié des établissements réus‑ sit à revenir en dessous du niveau de référence après actions correctives ou travaux. Lieux de travail Dans les lieux de travail, l’employeur doit prendre en compte le radon dans l’évaluation des risques professionnels. Certains textes et guides d’application étant en cours d’achèvement, il faudra encore quelques années pour que tous les employeurs aient réalisé l’évaluation du risque radon. Ainsi, le nombre de déclarations auprès de l’ASNR des lieux de travail avec un résultat supérieur à 300 Bq/m3 après travaux de réduction déclarés est encore très faible à ce jour. À partir de juin 2024, la base du système d’information de la surveillance de l’exposition des travailleurs aux rayonnements ionisants, deuxième version (SISERI 2) permettra d’identifier le nombre de travailleurs réellement exposés au radon. Habitat Dans l’habitat, les ARS et des collectivités territoriales sont soute‑ nues chaque année dans l’organisation d’opérations locales de sensibilisation et d’accompagnement du public. Le nombre de détecteurs distribués gratuitement dans le cadre de ces opérations a fortement augmenté entre 2019‑2020 et 2022‑2023, en passant de 2 520 à 4 415 détecteurs. Les résultats collectés contribuent à la connaissance de l’exposition de la population. Par ailleurs, le risque sanitaire lié au radon est l’un des moins connus par les Fran‑ çais parmi les risques liés à l’environnement. Une lente amélioration est néanmoins constatée et le niveau d’information est globalement meilleur dans les territoires concernés par le radon. Le bilan complet est disponible sur asnr.fr. 164 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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