LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT réalisées, notamment dans le cadre des opérations locales de sensibilisation organisées par les ARS et les collectivités territoriales pour couvrir les zones où les données sont insuffisantes. Ces opérations consistent à proposer des kits de dépistage gratuits aux habitants d’un territoire donné pour les sensibiliser au risque radon. Enfin, l’axe 3 doit permettre de mieux prendre en compte la gestion du risque radon dans les bâtiments. Afin d’accompagner la montée en compétence des adhérents des organisations de professionnels du bâtiment, ces dernières ont récemment développé des formations abordant les méthodes de prévention et de réduction de la concentration et divers supports pour répondre aux besoins. Les différents outils francophones ont été recensés. Pour compléter l’offre, un guide destiné aux professionnels et aux particuliers a été publié en 2023 par l’ASN et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB). Il propose des recommandations en matière de prévention dans les constructions neuves et de remédiation dans les bâtiments existants. Les avancées dans la connaissance de l’efficacité des normes de construction sur la réduction de la concentration en radon dans l’air intérieur seront consolidées. Un système d’indicateurs spécifiques, choisis en fonction de leur pertinence et des données disponibles permettant leur suivi a été mis en place. Leur évolution sur plusieurs années permettra de suivre l’efficacité de la stratégie nationale mise en œuvre dans le cadre du plan national d’action. Le premier bilan des indicateurs a été publié en septembre 2024 (voir focus n°5). Une mise à jour sera publiée en 2026. 4.3 Les doses reçues par les patients En France, l’exposition à des fins médicales représente la part la plus importante des expositions artificielles de la population aux rayonnements ionisants. L’ASNR publie tous les cinq ans, un rapport « ExPRI » relatif à l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants liée aux actes de diagnostic médical. Il analyse cette exposition par modalité d’imagerie (radiologie conventionnelle, dentaire, scanner et médecine nucléaire), par région anatomique explorée, par âge et selon le sexe du patient. (voir focus n°6). La dose efficace moyenne par habitant du fait des examens radiologiques à visée diagnostique a été évaluée à 1,57 mSv pour l’année 2022 (Étude ExPRI – ASNR 2025), en légère augmentation par rapport à 2017 (+2,6 %) pour un volume d’actes diagnostiques de l’ordre de 74 millions en 2022 (85 millions en 2017), soit 1082 actes pour 1000 bénéficiaires et par an. Il faut noter que l’exposition individuelle en 2022 varie fortement selon l’âge : les doses efficaces annuelles moyennes par patient varient de moins de 0,1 mSv par an pour les enfants de moins de 10 ans à plus de 5 mSv par an pour les hommes de 75 à 85 ans. D’une façon générale, la dose croît de plus en plus rapidement avec l’âge pour atteindre un maximum dans la tranche d’âge 75-79 ans chez les hommes et 80-84 ans chez les femmes, puis décroît ensuite assez rapidement. La radiologie conventionnelle (49,1 %), la scanographie (15,6 %) et la radiologie dentaire (32,1 %) regroupent le plus grand nombre d’actes. C’est la contribution de la scanographie à la dose efficace collective qui reste prépondérante (75,6 %), alors que celle de la radiologie dentaire reste très faible (0,3 %). Une attention particulière doit être exercée pour contrôler et optimiser les doses liées à l’imagerie médicale diagnostique, notamment lorsque des techniques alternatives peuvent être utilisées pour une même indication. La maîtrise des doses de rayonnements ionisants délivrées aux personnes lors d’un examen médical reste une priorité pour l’ASNR. 4.4 L’exposition des espèces non humaines (animales et végétales) Le système international de radioprotection a été construit en vue d’assurer la protection de l’homme vis‑à‑vis des effets des rayonnements ionisants. La prise en compte de la radioactivité dans FOCUS N°6 Enseignements du bilan 2025 de l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants en 2022 Conformément aux missions qui lui sont confiées par le code de la santé publique, l’ASNR analyse tous les cinq ans l’exposition de la population française aux rayonnements ionisants due aux examens d’imagerie médicale diagnostique. Une nouvelle édition de ce bilan, appelé « ExPRI » (Exposition de la population aux rayonnements ionisants), portant sur l’année 2022, a été publiée en mai 2025. Ce rapport détaille cette exposition par modalité d’imagerie (radiologie conventionnelle, dentaire, scanographie, médecine nucléaire et radiologie intervention‑ nelle à visée diagnostique), par région anatomique explorée, par âge et par sexe et présente, de façon agrégée, l’exposition ramenée à un bénéficiaire moyen qui en résulte, appelée dose efficace annuelle moyenne. Il est réalisé à partir des actes d’imagerie diagnostique extraits d’un échantillon représentatif des bénéficiaires de l’assurance maladie. Il présente l’évolution de l’exposition de la population française en imagerie diagnostique en 2022 comparativement au bilan précédent qui portait sur l’année 2017. La fréquence d’actes passe de 1181 à 1083 actes pour 1000 bénéfi‑ ciaires entre 2017 et 2022, ce qui représente une diminution de 8 %, principalement due à une diminution d’environ 19 % des actes de radiologie conventionnelle. La dose efficace annuelle moyenne par patient a très légèrement augmenté entre 2017 et 2022 (+2,6 %), passant de 1,53 mSv à 1,57 mSv. Cette augmentation est essentielle‑ ment liée aux actes de scanographie et de médecine nucléaire, qui entraînent des doses plus élevées, et dont la proportion a augmenté sur la période au regard de la radiologie conventionnelle. Près de 43 % de la population a bénéficié, en 2022, d’un ou plusieurs actes diagnos‑ tiques. La proportion de femmes exposées est très nettement plus élevée que celle des hommes : 47,3 % contre 37,8 %. La proportion d’individus exposés au sein de la population dépend fortement de l’âge, d’environ 15 % pour les plus jeunes enfants à un peu moins de 70 % pour les femmes âgées d’environ 65 à 74 ans. Cette population effec‑ tivement exposée a bénéficié en moyenne de 2,54 actes au cours de l’année 2022. Ce nombre est variable selon l’âge : les enfants de moins de 10 ans ont eu en moyenne moins de deux actes annuels, les adultes de plus de 75 ans environ 3,4. La dose efficace individuelle cumulée par cette population exposée en 2022 était en moyenne de 3,7 mSv. Trois sujets d’intérêt ont fait l’objet d’analyses complémentaires : • CBCT dentaire : compte tenu du développement rapide du CBCT dentaire (Cone Beam Computed Tomography), la radiologie dentaire a été analysée de manière plus spécifique. Les données montrent une forte augmentation (56 %) du nombre d’actes de CBCT dentaire entre 2017 et 2022, à mettre en regard d’une utilisation faible (une dizaine d’actes pour 1000 bénéficiaires) par rapport à la radiographie panora‑ mique dentaire (une centaine d’actes pour 1000 bénéficiaires). • Comparaison à l’international : les données françaises issues des rapports ExPRI ont été comparées à celles au niveau mondial issues du dernier rapport de l’UNSCEAR, paru en 2022, sur les données 20092018. De manière générale, les tendances sur les fréquences d’actes et les doses efficaces moyennes individuelles au niveau français sont similaires à celles observées au niveau mondial, en particulier pour les pays à niveau de revenu comparable. • Impact de l’épidémie de Covid-19 : entre la publication du précédent rapport ExPRI qui concernait les données de l’année 2017 et celle du rapport relatif aux données de 2022, la France a été touchée par l’épidémie de Covid-19. Aussi, l’impact de cette épidémie sur l’exposi‑ tion en imagerie diagnostique a été étudiée spécifiquement sur l’année 2020, la plus touchée par l’épidémie. Le nombre d’actes sur la totalité de l’année 2020 est inférieur de 10 % par rapport aux autres années, et a eu pour conséquence une diminution de la dose annuelle moyenne par bénéficiaire d’environ 8 % (1,44 mSv en 2020). Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 165 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z
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