Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT compte des accidents hors réacteurs nucléaires susceptibles d’impliquer des radionucléides émetteurs alpha, ou encore sur la définition de stratégies visant à réduire la contamination des territoires affectés par un accident radiologique ou nucléaire – en lien avec la gestion des déchets générés – tout en intégrant les enjeux propres aux différentes typologies de milieux affectés (urbains, agricoles, forestiers, etc.). Ils examinent également la pertinence de la doctrine de gestion post‑accidentelle en cas de rejets de substances radioactives dans les milieux aquatiques marins. Ces travaux ont vocation à alimenter les décisions opérationnelles de l’organisation de crise de l’ASNR afin de garantir un soutien au Gouvernement efficace et pertinent en cas d’accident nucléaire ou radiologique. Enfin, dans le cadre du projet de recherche Demeterres Mousse (voir focus n°1), qui s’est terminé en 2025, l’ASNR a développé et appliqué des outils d’aide à la décision dans des situations post-accidentelles, notamment des plateformes logicielles pour simuler les impacts radiologiques des différentes stratégies de gestion de territoires contaminés ou pour évaluer les doses aux populations évitées grâce à la remédiation. L’approche permet d’apporter des éléments de comparaison entre différentes stratégies et peut ainsi éclairer les décideurs sur le choix des stratégies optimales pour la gestion post-accidentelle. 1. CRITER (CRIse TERrain) est un système d’information accessible sur Internet, développé par l’IRSN et conçu pour rendre compte spécifiquement, sous forme cartographique, des résultats de mesures environnementales en situation de crise. 2. CRIHOM (CRIse HOMme) est un système informatique pour la collecte, l’exploitation et la restitution des données de mesures réalisées chez les personnes exposées. 2 – Le rôle de l’ASNR en situation d’urgence et post‑accidentelle 2.1 Les cinq missions essentielles de l’ASNR En situation d’urgence, l’ASNR a pour missions : ∙de contrôler les dispositions prises par l’exploitant et s’assurer de leur pertinence ; ∙de conseiller les autorités sur les actions de protection des populations en évaluant la nature et la gravité de l’événement, son évolution et ses développements possibles, ainsi que les conséquences radiologiques avérées ou potentielles de la situation ; ∙de définir la stratégie de mesures dans l’environnement et sur l’homme et de déployer ses propres moyens sur le terrain ; ∙de participer à la diffusion de l’information de la population et des médias, et de garantir sa fiabilité ; ∙d’assurer la fonction d’autorité compétente dans le cadre des conventions internationales sur la notification rapide et sur l’assistance. Le contrôle des dispositions prises par l’exploitant De même qu’en situation normale, l’ASNR exerce en situation accidentelle sa mission d’autorité de contrôle. Dans ce contexte particulier, l’ASNR s’assure que l’exploitant exerce pleinement ses responsabilités pour maîtriser l’accident, en limiter les conséquences et informer rapidement et régulièrement les pouvoirs publics. Elle s’appuie sur son expertise et peut à tout moment prescrire à l’exploitant des évaluations ou des actions rendues nécessaires, sans pour autant se substituer à celui‑ci dans la conduite technique. Le conseil aux préfets de département et de zone et au Gouvernement La décision du préfet sur les dispositions à prendre pour assurer la protection de la population en situations d’urgence radiologique et post‑accidentelles dépend des conséquences effectives ou prévisibles de l’accident autour du site. De par la loi, il appartient à l’ASNR de faire des recommandations au préfet et au Gouvernement. Ces recommandations reposent sur les analyses conduites par les experts de l’ASNR tant sur le diagnostic de la situation – incluant la compréhension de l’état de l’installation accidentée et l’évaluation des impacts sur l’homme et l’environnement – que sur le pronostic, qui vise à apprécier les évolutions possibles de l’événement, notamment en matière de rejets radioactifs. Ces recommandations portent notamment sur les actions à mettre en œuvre pour la protection des populations en phase d’urgence et en phase post‑accidentelle. Le déploiement de moyens de mesures dans l’environnement et sur l’homme sur le terrain de la situation d’urgence L’ASNR peut dépêcher à proximité du lieu de l’événement une cellule mobile composée d’un ensemble de personnels (de 30 à 50 personnes, voire plus en fonction de l’événement) et de moyens dédiés aux mesures de la radioactivité dans l’environnement et au contrôle de la contamination interne des personnes. Ces moyens sont engagés par l’ASNR, en coordination avec les autres moyens éventuellement mobilisés. La cellule mobile est en charge de la coordination des mesures de radioactivité de l’environnement sur le territoire en proposant une stratégie déclinée en plans de mesure. Tous les résultats de mesure de la radioactivité sont centralisés dans une application dédiée dénommée CRITER(1) accessible par les pouvoirs publics et les exploitants. Les mesures collectées sont interprétées par le centre de crise de l’ASNR (situé à Fontenay-aux-Roses) et contribuent à étayer ses évaluations et recommandations. L’ASNR définit également la stratégie de contrôle de la contamination interne des personnes. Celle-ci peut conduire à mobiliser des moyens de mesure permettant de réaliser des examens individuels en cas de suspicion d’exposition à la radioactivité rejetée lors de l’accident. L’ensemble des résultats de ces mesures individuelles est centralisé dans une application dédiée dénommée CRIHOM(2) dont l’accès est mis à disposition des pouvoirs publics. Les résultats de mesure sont analysés par le centre de crise et permettent, le cas échéant, d’orienter les personnes concernées vers une prise en charge sanitaire adaptée au niveau de contamination détectée, ainsi que de vérifier l’efficacité des actions de protection mises en œuvre (mise à l’abri / évacuation et prise d’iode stable). FOCUS N°1 Un Serious Game Post-accident – Demeterres Mousse Dans le cadre du projet de recherche Demeterres Mousse, l’ASNR a développé un serious game(1) en 2023 pour faciliter la co-évaluation avec les parties prenantes des stratégies de remédiations possibles après un accident nucléaire de type Fukushima. Il met en situation les parties prenantes, à la suite d’un accident hypothé‑ tique sur la centrale nucléaire du Blayais, à l’aide d’une carte géogra‑ phique mettant en évidence les terres agricoles, viticoles, forestières et urbanisées qui seraient impactées selon les différentes zones définies dans la doctrine actuelle du Codirpa. Sous forme d’atelier participatif, ce jeu permet à chaque participant de s’exprimer sur les actions possibles de réduction de la contamination, sur ce qu’elles peuvent engendrer et sur des critères de choix à la fois d’un point de vue technique et sociétal. En 2025, un atelier a ainsi été organisé avec des étudiants de l’Institut français de géographie (IFG), et les enseignements des ateliers menés avec la Commission locale d’information nucléaire (CLIN) du Blayais et l’Anccli ont été restitués à l’ensemble des participants en novembre 2025. 1. Un jeu sérieux (ou serious game) est un type de jeux permettant de combiner une approche sérieuse d’un sujet (dans une optique de type formation, entraînement, information ou autre…) avec un aspect ludique, développé en vue de faciliter l’appropriation du sujet par les joueurs. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 187 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z

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