LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT Décision Expertise Intervention Communication Pouvoirs publics Gouvernement (CIC) Préfecture (COD, COZ) – Préfecture Sécurité civile Gouvernement (CIC) Préfecture (COD) ASNR (CDC) ASNR (CDC) Météo‑France ASNR (cellule mobile) ASNR Exploitants Niveaux national et local Niveaux national et local Niveau local Niveaux national et local CDC : Centre de crise – CIC : Cellule interministérielle de crise – COD : Centre opérationnel départemental – COZ : Centre opérationnel de zone TABLEAU 1 Positionnement des différents acteurs en situation d’urgence radiologique En 2025, le centre de crise de l’ASNR a été gréé à 17 reprises pour 9 exercices nationaux, 2 exercices internationaux et 6 situations réelles. En plus de ces événements, l’ASNR a participé à plusieurs exercices locaux avec les différents exploitants (EDF, CEA, Orano) afin d’entraîner ses équipes d’expertise de crise et de permettre de roder la nouvelle organisation du centre de crise. L’organisation de crise de l’ASNR a été sollicitée à plusieurs reprises en 2025 à la suite de déclenchements de PUI sur des installations nucléaires ou d’événements à caractère radiologique. En 2025, quatre centrales nucléaires ont déclenché leur PUI pour un incendie hors zone contrôlée, c’est-à-dire dans une zone ne contenant pas de substances radioactives : le 28 janvier à la centrale nucléaire de Chinon (incendie de véhicules sur le parking de la centrale), le 29 mai à la centrale nucléaire du Bugey (incendie dans un bâtiment administratif), le 6 juin à la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly (incendie au niveau de la turbine du réacteur 3) et le 20 décembre à la centrale nucléaire de Chooz (incendie au niveau de la turbine du réacteur 1). Pour chacune de ces situations, l’organisation de crise de l’ASNR a été mobilisée et le centre de crise partiellement gréé pour suivre la situation. Ces quatre situations ont toutes été maîtrisées par les équipes d’EDF sans entraîner de conséquences sur la sûreté des installations. Par ailleurs, le 20 novembre 2025, le CEA de Fontenay-aux-Roses a déclenché son PUI à la suite d’un départ de feu dans un local d’une installation en démantèlement. Une personne présente dans le local à l’origine du départ de feu a été légèrement blessée et contaminée. L’ASNR a mobilisé ses équipes au centre de crise de Fontenayaux-Roses afin d’évaluer la situation et les risques associés. Une cellule mobile a également été envoyée sur place pour réaliser des mesures de la radioactivité à proximité du site, lesquelles ont confirmé l’absence de rejet. Ces cinq situations ont eu un impact limité sur les installations et n’ont pas nécessité la recommandation d’action de protection de la population. L’ASNR a, à chaque fois, autorisé la levée du PUI quelques heures après son déclenchement. En outre, le 22 mars, la centrale nucléaire de Flamanville a mis en œuvre une organisation spécifique à la suite de la détection d’une fuite sur une tuyauterie de faible diamètre connectée au circuit primaire le 22 mars, sans que les critères de déclenchement du PUI ne soient atteints. De manière réactive, la centrale nucléaire a appliqué les consignes prévues et en a informé l’astreinte de l’ASNR qui a partiellement mobilisé son organisation de crise pour suivre l’événement. Celui-ci n’a pas eu de conséquence pour l’environnement. Dans le domaine du nucléaire de proximité, le 12 mars 2025, l’ASNR a été informée par l’Institut Gustave Roussy (IGR) de Villejuif (94) d’un rejet incidentel d’effluents radioactifs par le service de médecine nucléaire de l’Institut. L’équipe d’astreinte de l’ASNR, ainsi que la division de Paris de l’ASNR, ont mobilisé l’organisation de crise de l’ASNR pour suivre l’événement afin d’accompagner les pouvoirs publics dans la gestion de l’événement. Les équipes de l’ASNR ont notamment réalisé des évaluations des conséquences sanitaires de l’incident et réalisé des prélèvements d’eau usée en amont immédiat des trois stations d’épuration concernées, en coordination avec le laboratoire central de la Préfecture de police de Paris (LCPP) et la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), sous le mandat du préfet du Val-de-Marne. La division de Paris de l’ASNR a également conduit une inspection réactive à l’IGR le 14 mars 2025. Cet événement n’a pas eu de conséquence pour les travailleurs potentiellement concernés. Enfin, depuis le début du conflit entre la Russie et l’Ukraine, l’ASNR assure une veille régulière des niveaux de radioactivité sur le territoire ukrainien. Cette surveillance s’appuie notamment sur les données de balises automatiques du site internet ukrainien SaveEcoBot qui agrège les mesures de la radioactivité ambiante dans l’air issues de plusieurs sources. Cette surveillance s’appuie également sur les données du réseau européen EURDEP transmises par les autorités des États européens. En particulier, à la suite de l’événement ayant eu lieu dans la nuit du 13 au 14 février 2025 – un drone a percuté l’arche de confinement du réacteur accidenté n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl, provoquant une perforation de la paroi et un incendie au niveau de l’impact qui a été maitrisé dans la matinée du 14 février 2025 – l’ASNR s’est mobilisée pour s’assurer qu’aucune élévation du niveau de la radioactivité n’avait été détectée dans l’environnement. Le système d’alerte de l’ASNR permet la mobilisation de tous les équipiers de crise. Ce système automatique envoie un signal d’alerte aux agents équipés d’un moyen de réception, dès son déclenchement à distance par l’exploitant de l’INB à l’origine de l’alerte. Il diffuse également l’alerte à des agents du SGDSN, de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC), du Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises, de Météo‑France et du Centre ministériel de veille opérationnelle et d’alerte (CMVOA) des ministères Aménagement du territoire et Transition écologique. Un numéro vert d’urgence radiologique permet également à l’ASNR de recevoir les appels signalant des événements impliquant des sources de rayonnements ionisants utilisées hors des INB ou lors du transport de substances radioactives. Il est accessible 24 h/24, 7 j/7. Ce numéro est réservé aux sociétés titulaires d’une autorisation de détention de sources radioactives délivrée par l’ASNR au titre du code de la santé publique et aux sociétés effectuant des transports de matières radioactives. En fonction de la gravité de l’événement, l’ASNR peut activer son centre de crise à Fontenay-aux-Roses en déclenchant le système d’alerte. Dans le cas contraire, seul l’échelon local de l’ASNR (division concernée) intervient dans ses missions d’appui au préfet et de communication, en recourant au besoin à l’expertise des directions nationales. Afin de renforcer la gradation de la réponse et de l’organisation de l’ASNR en cas de crise, pour des situations ne nécessitant pas l’activation du centre de crise, l’équipe d’astreinte apporte un appui pour soutenir la division territoriale concernée. Le schéma 2 présente de façon synthétique le rôle de l’ASNR en situation d’urgence radiologique. Ce schéma fonctionnel illustre l’importance du représentant de l’ASNR auprès du préfet, qui relaie et présente les recommandations provenant du centre de crise de l’ASNR. Le tableau 1 montre le positionnement des pouvoirs publics (le Gouvernement, l’ASNR et les experts techniques) et des exploitants en situation d’urgence radiologique. Ces acteurs interviennent dans leurs champs de compétence respectifs relatifs à l’expertise, à la décision, à l’intervention et à la communication, pour lesquels des Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 189 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z
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