Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT audioconférences régulières sont organisées. Les échanges entre les acteurs conduisent aux décisions et orientations relatives à la sûreté de l’installation et à la protection de la population. De même, les relations entre les cellules de communication et les porte‑parole des centres de crise assurent la cohérence de l’information du public et des médias. Enfin, l’ASNR opère le réseau national d’alerte Téléray (voir chapitre 3, point 5.1.2). Téléray est constitué d’un ensemble de balises de mesure de la radioactivité gamma ambiante reliées en permanence, par un réseau de transmission de données, à un système de supervision centralisé. Cet ensemble de capteurs réparti sur le territoire national (incluant les DROM-COM) permet à ASNR d’assurer une surveillance permanente (24h/24 et 7j/7) de l’état radiologique du territoire pour le compte des citoyens et des pouvoirs publics. 3 – Exploiter les enseignements 3.1 S’exercer L’objectif principal des exercices d’urgence nucléaire et radiologique est de tester le dispositif prévu en cas de situation d’urgence radiologique afin : ∙de mesurer le niveau de préparation de toutes les entités impliquées (autorités de sûreté, experts techniques, exploitants) ; ∙de s’assurer que les plans sont tenus à jour, connus des responsables et des intervenants à tous les niveaux et que les procédures d’alerte et de coordination qu’ils comportent sont opérantes ; ∙d’entraîner les personnes qui seraient impliquées dans une telle situation ; ∙de mettre en œuvre les différents aspects de l’organisation et les procédures prévues par les directives interministérielles : les plans d’urgence, les plans de secours, les plans communaux de sauvegarde et les diverses conventions ; ∙de contribuer à l’information des médias et de développer une approche pédagogique destinée à la population, afin que chacun puisse concourir par son comportement à la sécurité civile ; ∙de capitaliser les connaissances et expériences en matière de gestion des situations d’urgence. Ces exercices, planifiés dans une instruction interministérielle annuelle, associent l’exploitant, les ministères, les préfectures et les services départementaux, l’ASNR, l’Autorité de sûreté nucléaire de défense (ASND) et Météo‑France, ce qui peut représenter jusqu’à 300 personnes lorsque des moyens sont déployés sur le terrain. Ils visent à tester l’efficacité des dispositifs d’évaluation de la situation, la capacité à placer l’installation ou le colis dans un état maîtrisé, à prendre les dispositions adéquates pour protéger les populations et à mettre en place une bonne communication vers les médias et les populations intéressées. 3.1.1 – Les exercices nationaux d’urgence nucléaire et radiologique Dans la continuité des années antérieures, l’ASNR, en liaison avec le SGDSN, la DGSCGC et l’ASND, a préparé le programme 2025 des exercices nationaux d’urgence nucléaire et radiologique concernant les INB et les transports de substances radioactives. Ce programme a été annoncé aux préfets par l’instruction interministérielle du 3 février 2025. De façon générale, ces exercices permettent de tester les cercles décisionnels au plus haut niveau et la capacité de communication des principaux acteurs sur lesquels une pression médiatique simulée est parfois exercée. Le tableau 2 décrit les caractéristiques essentielles des exercices nationaux menés en 2025. Outre les exercices nationaux, les préfets sont invités à mener des exercices locaux pour les sites implantés dans leur département, afin d’approfondir la préparation aux situations d’urgence radiologique et de tester spécialement les délais de mobilisation des acteurs. La réalisation d’un exercice national d’urgence nucléaire et radiologique, selon une périodicité maximale de cinq ans sur les sites nucléaires soumis à un PPI et d’au moins un exercice annuel concernant le transport de substances radioactives, apparaît comme un juste compromis entre l’objectif d’entraînement des personnes et le délai nécessaire pour faire évoluer les organisations. En 2025, outre les objectifs généraux des exercices listés dans le tableau 2, des objectifs complémentaires ont été introduits dans la planification en intégrant les enseignements tirés des retours d’expérience, ainsi que les résultats des exercices et entraînements expérimentaux réalisés en 2024. L’ASNR s’investit également dans la préparation et la réalisation d’exercices de crise ayant un volet de sûreté nucléaire et organisés par d’autres acteurs tels que : ∙ses homologues pour la sécurité nucléaire (Haut Fonctionnaire de défense et de sécurité – HFDS, auprès du ministre chargé de l’énergie) ou pour les installations relevant de la défense (ASND) ; ∙les instances internationales (AIEA, Commission européenne, Agence pour l’énergie nucléaire – AEN) ; ∙les ministères de la Santé, de l’Intérieur, etc. L’expérience acquise au cours de ces exercices doit permettre aux personnels de l’ASNR de répondre plus efficacement aux situations d’urgence réelles. FOCUS N°2 Un exercice de déploiement grandeur nature des moyens de mesure de l’ASNR Les 12 et 13 juin 2025, la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire) a été le théâtre du déploiement de grande ampleur des moyens de mesure environnement et santé de l’ASNR dans le cadre de l’exercice national de crise. Une cinquantaine d’experts et d’intervenants de l’ASNR ont été mobilisés avec l’ensemble des moyens de mesure de la radioactivité déployables sur le terrain : véhicules d’intervention, véhicules laboratoires, balises nomades, dispositifs de mesure spectrométriques mobiles embarqués sur un vecteur aérien (hélicoptère) et des vecteurs terrestres (véhicules légers), véhicule de transmission, véhicules et moyens portables de mesure de la contamination interne des personnes (boxer, shelter, dispositif Syalma). L’un des objectifs de cet exercice était de tester la stratégie de mesure afin de renforcer la coordination des équipes ASNR avec les acteurs locaux et nationaux : Préfecture, sapeurs-pompiers (SDIS et Cellule mobile d’intervention radiologique – CMIR), équipes de l’exploitant. 190 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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