LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT La radiothérapie à ultra haut débit de dose (RT-UHDD) ou radiothérapie FLASH est une technique qui permet d’obtenir un effet radiobiologique, appelé effet « FLASH », en utilisant un faisceau de rayonnements ionisants à très haut débit de dose(6), avec tous les types de faisceaux (protons, électrons, photons, ions). Le caractère innovant de cet effet réside dans l’amélioration de l’index thérapeutique, en permettant une meilleure protection des tissus sains tout en conservant le contrôle tumoral, voire en l’augmentant dans certaines conditions. Pour cela, des faisceaux à UHDD d’au moins 40 Gy/s en moins de 100 ms, semblent nécessaires – alors que les débits de dose utilisés jusqu’à présent, en radiothérapie conventionnelle, sont de l’ordre de 0,001 à 1 Gy/s. Le développement de cette technique implique un changement de paradigme, car l’approche thérapeutique se concentre prioritairement sur la minimisation des effets secondaires plutôt que sur le seul contrôle tumoral. La concrétisation de cet effet constituerait une rupture avec les pratiques actuelles et ouvrirait la voie à une réduction potentielle des effets secondaires pour les patients. Ceci permettrait, de fait, de mieux traiter des tumeurs actuellement complexes à traiter en radiothérapie conventionnelle (ré-irradiations, tumeurs radiorésistantes, etc.) Le développement de cette technique a fait l’objet d’un avis du Canpri en décembre 2025 et fera l’objet d’une publication en 2026. 2.1.2 – Les règles techniques applicables aux installations de radiothérapie externe En raison du débit de dose et de l’énergie des faisceaux importants lors de la délivrance de la dose au patient, les appareils doivent être implantés dans des salles spécifiquement conçues pour assurer la radioprotection des personnels ; ce sont en fait de véritables casemates (bunker), dont l’épaisseur des parois en béton ordinaire peut varier de 1 à 2,5 mètres. Une installation de radiothérapie se compose d’une salle de traitement incluant une zone technique où se trouve l’appareillage, d’un poste de commande extérieur à la salle et, pour certains accélérateurs, de locaux techniques annexes. Le bunker avec chicane reste la référence, dans la mesure où il permet de réduire le blindage requis à l’entrée des conduits de ventilation et des conduits électriques et offre une meilleure sécurité 6. Rapport IRSN n°2024-00179 de mars 2024. en cas de perte de motorisation de la porte ou d’enfermement accidentel de personnes. Cependant, si l’exploitant dispose d’un emplacement limité, qui compromet l’installation de l’accélérateur, une chicane réduite, voire l’absence de chicane est envisageable sous certaines conditions restrictives. De plus, l’arrivée de dispositifs autoblindés comme la plateforme ZAP-X® permet une installation avec des contraintes architecturales réduites (absence de casemate) et est susceptible de répondre plus directement aux besoins de certains territoires en matière d’offre de soins. L’ASNR recommande dans son avis n° 2024-AV-0447 du 22 octobre 2024 que des études médico‑économiques soient menées, pour conforter la justification de ce DM comparativement aux autres dispositifs existants et utilisés en France. Par ailleurs, les conditions d’installation et d’utilisation de cette plateforme doivent permettre d’optimiser le niveau d’exposition aux rayonnements ionisants pour les travailleurs qui interviennent sur cette plateforme ainsi que dans les locaux adjacents. L’ASNR considère que les niveaux d’exposition aux rayonnements ionisants de ces professionnels ne devraient pas être supérieurs à ceux actuellement rencontrés lors de l’usage des accélérateurs de particules médicaux installés en casemate. En outre, un ensemble de systèmes de sécurité permet de renseigner l’opérateur sur l’état de fonctionnement de la machine (tir en cours ou non) et d’assurer l’arrêt de l’émission du faisceau en cas d’urgence ou d’ouverture de la porte de la salle d’irradiation. La protection des locaux, en particulier de la salle de traitement, doit être déterminée de façon à respecter, autour de ceux‑ci, les limites annuelles d’exposition des travailleurs et/ou du public. Les conditions actuelles de conception de ces locaux ont été revues en 2019. Une étude spécifique pour chaque installation doit être réalisée par le fournisseur de la machine, en liaison avec le physicien médical et le conseiller en radioprotection (CRP). Elle permet de définir les épaisseurs et la nature des différentes protections à prévoir, qui sont déterminées en tenant compte des conditions d’utilisation de l’appareil, des caractéristiques du faisceau de rayonnements, ainsi que de la destination des locaux adjacents, y compris ceux situés à la verticale (au-dessus ou en dessous de la salle de traitement). Cette étude doit figurer dans le dossier présenté à l’ASNR à l’appui de la demande d’autorisation de détenir et d’utiliser une installation de radiothérapie. 0 20 40 60 80 100 120 Bordeaux Caen Châlons-enChampagne Dijon Lille Lyon Marseille Nantes Orléans Paris Strasbourg Centres autorisés (entités juridiques) Accélérateurs Nouvelles autorisations/reconductions 26 28 21 84 15 8 5 7 4 24 20 23 17 14 7 9 27 33 16 25 3 7 6 58 69 82 65 11 19 11 8 3 109 GRAPHIQUE 1 Répartition, par division territoriale de l’ASNR, du nombre de centres et d’accélérateurs de radiothérapie externe contrôlés et du nombre de nouvelles autorisations ou de reconductions d’autorisation par l’ASNR en 2025 204 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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