Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT cavité orale ou de la prostate par exemple. L’action de ce dispositif consiste en l’émission de particules alpha provenant de sources de radium-224 qui sont implantées dans la tumeur à l’aide d’un applicateur et y restent de 15 à 20 jours. La curiethérapie à débit de dose pulsé (Pulsed Dose‑Rate – PDR) délivre des débits de dose compris entre 2 et 12 Gy/h et utilise des sources d’iridium-192 présentant une activité maximale de 18,5 gigabecquerels (GBq), qui sont mises en œuvre avec un projecteur de source spécifique. Elle repose sur l’utilisation d’une seule source radioactive se déplaçant pas à pas et s’arrêtant à des positions et pour des durées prédéterminées. Les doses sont délivrées par séquence de 5 à 20 minutes, voire 50 minutes, toutes les heures pendant la durée du traitement prévu, d’où la dénomination de curiethérapie pulsée. La curiethérapie à haut débit de dose (High Dose‑Rate – HDR) est réalisée au moyen de sources scellées d’iridium-192 ou de cobalt-60 de forte activité (respectivement de 370 et 91 GBq). Les débits de dose sont supérieurs à 12 Gy/h. Le positionnement est réalisé à l’aide d’un projecteur contenant la source. Les traitements sont délivrés, en mode ambulatoire, en une ou plusieurs séances de quelques minutes, réparties sur plusieurs jours le cas échéant. 2.2.2 – Les règles techniques applicables aux installations de curiethérapie Les règles de gestion des sources radioactives en curiethérapie sont analogues à celles définies pour l’ensemble des sources scellées, quels que soient leurs usages (voir point 1.3.1). Dans le cas des techniques par implants permanents (LDR), les applications sont réalisées au bloc opératoire, sous contrôle échographique, et ne nécessitent pas d’hospitalisation en chambre radioprotégée. S’agissant des projecteurs de sources (en règle générale, 18,5 GBq d’iridium-192), cette technique PDR nécessite l’hospitalisation du patient durant plusieurs jours dans une chambre ayant des protections radiologiques adaptées à l’activité maximale de la source radioactive utilisée. Enfin, l’activité maximale utilisée dans les projecteurs de sources HDR étant élevée (370 GBq d’iridium-192 ou 91 GBq de cobalt-60), les irradiations ne peuvent être effectuées que dans un local dont la configuration s’apparente à une salle de radiothérapie externe en matière de protection collective, en raison du haut niveau de débit de dose utilisé. Par ailleurs, l’arrêté du 29 novembre 2019 fixe les obligations en matière de protection des sources de rayonnements ionisants et lots de sources radioactives de catégories A, B, C et D contre les actes de malveillance. Les exigences concernant les barrières et leur temps de résistance pour les sources de catégories A, B et C sont opposables depuis le 1er juillet 2022 (voir point 2.3.2 du chapitre 6). Certains centres ne pouvant s’agrandir ou ne pouvant construire de nouveaux bunkers, l’ASNR a autorisé deux centres avec des bunkers dits « mixtes » pour des pratiques conjointes de radiothérapie externe et de curiethérapie HDR sur la base d’une expertise relative aux règles de conception des locaux abritant à la fois des accélérateurs linéaires d’électrons médicaux et des projecteurs de source HDR. Les dispositions réglementaires contre la malveillance vis-à-vis des sources de haute activité ont, en outre, été prises en compte. L’ASNR s’est attachée à l’analyse des dispositions prévues par l’exploitant concernant les principaux points suivants : ∙organisation des alternances des différents traitements et des plages de contrôle de qualité (nombre de patients traités, organisation des plannings, plages pour les contrôles qualité des DM, plages pour les traitements, etc.) ; ∙positionnement des patients facilitant leur évacuation en cas d’urgence ; ∙dispositifs spécifiques de sécurité interdisant le fonctionnement simultané de deux appareils ; ∙signalisations lumineuses et arrêts d’urgence distincts pour les deux systèmes et clairement identifiés ; ∙plan du double zonage affiché à l’entrée ; ∙procédure en cas d’enfermement du personnel incluant les deux appareils. 2.2.3 – L’état de la radioprotection en curiethérapie L’ASNR a autorisé 57 centres de curiethérapie, dont 51 utilisent la technique HDR. Vingt-trois autorisations et renouvellements d’autorisation ont été délivrées en 2025 (voir graphique 3). Le nombre de centres autorisés reste stable en 2025. Cependant, l’ASNR constate que certains centres de curiethérapie ont des difficultés à poursuivre certaines activités du fait d’un manque de professionnels formés aux techniques de curiethérapie, même s’ils souhaitent maintenir ces activités afin de proposer aux patients les traitements les plus adaptés à leur pathologie. Par ailleurs, les traitements par curiethérapie HDR restent majoritaires (2 centres PDR, 3 centres LDR). L’Observatoire de l’INCa recense, par an, 600 à 700 traitements LDR, 700 à 750 traitements PDR pour les cancers gynécologiques et entre 4 500 et 5 000 traitements HDR. À l’instar de la radiothérapie externe, la sécurité des soins en curiethérapie constitue, depuis 2007, un domaine prioritaire de contrôle de l’ASNR, en raison de l’importance de la dose délivrée et, le cas échéant, des débits de dose. La curiethérapie étant réalisée au sein des services de radiothérapie, le programme d’inspection est réalisé avec une fréquence quadriennale et des contrôles analogues à ceux réalisés en radiothérapie externe (voir point 2.1.3.2). Du fait de l’utilisation de sources de haute activité, des inspections spécifiques sont réalisées sur la sécurité des sources. Ces inspections portent sur la formation des professionnels, notamment la connaissance des consignes à suivre en cas d’urgence (blocage de source) et la sécurité de ces sources (organisation mise en place pour la gestion des sources, mesures appropriées pour empêcher l’accès non autorisé aux sources, inventaire des sources, protection contre la malveillance et gestion des informations sensibles). En 2025, 16 inspections sur le thème de la radioprotection ont été réalisées, représentant 29 % des services autorisés. 2.2.3.1 La gestion des sources Les organisations mises en place permettent de connaître la catégorie de chaque source ou lot de sources, dans 94 % des centres inspectés, niveau similaire à celui de l’industrie et en hausse par rapport à 2024 (80 %). Cet indicateur est celui qui atteint le plus haut score de conformité et le nombre de sites qui n’a pas encore procédé à cette classification est très faible. Les autorisations nominatives délivrées par le RAN afin de permettre l’accès aux sources, leur convoyage ou l’accès aux informations relatives aux moyens ou mesures les protégeant n’appellent pas d’observation dans un peu moins de la moitié des situations (44 %) ce qui est stable par rapport à 2024. C’est un résultat inférieur au milieu industriel ; cette réglementation apparaît en effet a priori plus difficile à respecter au regard du nombre de personnes concernées et de la nature des établissements médicaux dont la fonction est d’accueillir du public. Quelques rares cas critiques (absence d’autorisation) dans le milieu médical ont néanmoins été observés par l’ASNR. En 2025, 44 % des inspections concluent à la mise en place satisfaisante d’une politique de protection contre la malveillance, ainsi que des dispositions mises en œuvre portant sur l’identification et la maîtrise des informations sensibles. Il s’agit d’un retrait par rapport à 2024 où 50 % des établissements avaient une politique satisfaisante, mais en progression par rapport à 2023 et 2022. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 209 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z

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