Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT 2.4 Les pratiques interventionnelles radioguidées Les pratiques interventionnelles radioguidées (PIR) regroupent l’ensemble des techniques d’imagerie utilisant des rayonnements ionisants à visée d’imagerie, de guidage ou de contrôle, pour la réalisation d’actes médicaux ou chirurgicaux invasifs, à but diagnostique, préventif ou thérapeutique. Elles reposent donc sur l’utilisation d’imagerie radiologique en temps réel pour guider des interventions médicales précises et mini‑invasives. Aujourd’hui, il est possible de traiter des patients qui autrefois étaient considérés comme inopérables ou qui nécessitaient des interventions chirurgicales majeures. Ils bénéficient ainsi de procédures moins traumatisantes, avec des temps de récupération plus courts et des risques de complications réduits. Depuis plusieurs années maintenant, ces pratiques médicales sont en évolution constante, et répondent à un nombre de plus en plus important de pathologies, ouvrant les portes à de nouvelles possibilités thérapeutiques et diagnostiques. Du fait de leur caractère interventionnel, ces actes sont réalisés dans deux environnements distincts en fonction de la cible et de la pathologie traitée, en blocs opératoires ou en services d’imagerie interventionnelle. Les salles fixes de radiologie interventionnelle ont été conçues et aménagées en prenant en compte l’utilisation des rayonnements ionisants, ce qui n’est pas encore le cas pour tous les blocs opératoires. Du fait des niveaux d’exposition mis en jeu, tant pour les patients que pour les professionnels qui peuvent être amenés à travailler à proximité des appareils émettant des rayonnements ionisants et en raison de l’augmentation du nombre d’actes réalisés sous rayonnements, les PIR et particulièrement les blocs opératoires, du fait d’une moindre culture de radioprotection, font partie des priorités nationales d’inspection de l’ASNR. 2.4.1 – La présentation des techniques Les établissements Selon les codes de la classification commune des actes médicaux et les données remontées en matière d’activités par les établissements 11. Formulaire que les établissements ont dû renseigner avec les informations demandées au paragraphe I de l’article 12 de la décision n° 2021-DC-0704 de l’ASN relative au régime de l’enregistrement dans le domaine médical « Pour les pratiques interventionnelles radioguidées ayant fait l’objet d’une déclaration à l’ASN, doivent être transmis, dans les douze mois suivant l’entrée en vigueur de la présente décision [avant le 1er juillet 2022] », une description des types d’actes exercés selon la liste figurant à l’article 1er [de la décision], ainsi que les références de la déclaration concernée. de santé à l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH), environ 900 établissements pratiquent des PIR à enjeux sur le plan de la radioprotection dans une ou plusieurs disciplines. Parmi les PIR à enjeux, peuvent être citées la cardiologie (pose de stimulateurs cardiaques et défibrillateurs, angioplastie, etc.), la neurologie interventionnelle (embolisation pour malformation artérioveineuse), la radiologie vasculaire (embolisation du tronc cœliaque), ou bien encore l’embolisation utérine. La répartition du nombre d’établissements par catégorie de PIR, pour les établissements ayant déclaré les PIR pratiquées(11), est présentée dans le graphique 10. Sur la base des informations disponibles, les activités les plus répandues dans les établissements sont celles réalisées sur le système digestif et viscéral, en urologie et sur l’appareil locomoteur (environ 450 établissements sont concernés). Les équipements Les équipements utilisés en PIR sont soit des équipements à arceaux fixes, installés dans les services d’imagerie interventionnelle où sont exercées les spécialités vasculaires (neuroradiologie, cardiologie, etc.), soit des arceaux déplaçables de radiologie, utilisés principalement dans les salles des blocs opératoires par plusieurs spécialités chirurgicales, notamment en chirurgie vasculaire, en gastro‑entérologie, en orthopédie et en urologie. Les détecteurs présents sur les équipements à arceaux sont des amplificateurs de luminance ou des capteurs plans. Ces équipements font appel à des techniques utilisant la radioscopie et la radiographie dynamique cadencée (appelée « fluorographie » ou encore « mode ciné ») destinées à produire des images à haute résolution spatiale et temporelle. Le mode d’obtention des images par soustraction peut être également utilisé par les praticiens, après injection de produit de contraste. De nouvelles technologies innovantes sont conçues par un nombre croissant de fabricants et le recours à l’intelligence artificielle (IA) se développe. Des DM de plus en plus performants et complexes sont installés dans les établissements pratiquant des PIR. Les installations de salles dites « hybrides », qui associent les caractéristiques d’un bloc de chirurgie classique à celles d’une salle d’imagerie interventionnelle continuent de se développer. Dans ces salles sont combinés des arceaux fixes ou mobiles et des scanners fixes ou mobiles. Cette combinaison permet au chirurgien d’effectuer de la chirurgie dite « mini-invasive » sous imagerie 2D et 3D. Compte tenu des niveaux de doses PIR intracrâniennes PIR sur le rachis PIR en cardiologie coronaire PIR en cardiologie rythmologique PIR dans le domaine vasculaire PIR viscérales ou digestives PIR en urologie PIR de l'appareil locomoteur Autres PIR 0 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1 000 89 207 314 416 611 570 627 978 409 GRAPHIQUE 10 Répartition du nombre d’enregistrements par catégorie de pratiques interventionnelles radioguidées en 2025 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 219 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z

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