Concernant la seconde installation en démantèlement du Tricastin, Comurhex 1, l’ASNR souligne l’avancée du désentreposage de l’aire 61 à la suite de la mise en demeure de l’exploitant, qui devrait s’achever en 2026. L’ASNR note par ailleurs de manière positive la nouvelle démarche consistant à mettre en place des points d’étape, permettant un suivi rapproché des opérations de démantèlement. Les appréciations installation par installation Les appréciations de l’ASNR sur chaque installation nucléaire sont détaillées dans les pages du Panorama régional de ce rapport. CEA La majorité des installations nucléaires de recherche françaises sont historiquement exploitées par le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA). Si certaines contribuent toujours aux programmes de recherche scientifique et technique du CEA, un bon nombre d’entre elles sont désormais arrêtées, ce qui amène le CEA à faire face à des défis importants pour mener à bien leur démantèlement et gérer les déchets historiques qui s’y trouvent. L’ASNR considère que la sûreté des installations exploitées par le CEA reste maîtrisée, mais que les projets de pérennisation des installations en fonctionnement, de même que les projets de démantèlement des installations arrêtées et de reprise et conditionnement des déchets anciens, présentent toujours des résultats contrastés et restent exposés à des aléas potentiels majeurs. En effet, malgré le renforcement progressif des pratiques de pilotage des projets, la performance de mise en œuvre reste limitée par les moyens disponibles et par les capacités opérationnelles des prestataires de la filière. Par ailleurs, la réalité opérationnelle des chantiers est presque systématiquement plus complexe que prévu, au point de remettre parfois en cause l’ensemble d’un projet, ou d’en reporter très significativement les échéances, ce que l’ASNR déplore. L’ASNR estime à cet égard que la maîtrise des calendriers demeure un point de préoccupation. La stratégie de démantèlement et de gestion des matières et déchets du CEA Afin de suivre l’avancement des projets prioritaires pour la sûreté, l’ASNR et le CEA ont poursuivi en 2025 le dispositif de reporting régulier et à haut niveau des échéances présentant les enjeux de sûreté les plus significatifs. L’ASNR souligne positivement l’engagement constant des responsables du CEA dans le pilotage et le suivi de ces jalons, ainsi que la qualité des échanges techniques avec elle, qui se sont révélés globalement constructifs et réguliers. La majorité des engagements relatifs à la transmission de dossiers à l’ASNR ont été atteints en 2025. L’ASNR relève toutefois que ceux-ci consistent encore principalement en la transmission de dossiers, dont la portée opérationnelle demeure limitée. Si le recours à ce type d’engagement peut se justifier dans certains contextes, notamment au stade des travaux de préparation et de conception, l’ASNR rappelle que la crédibilité du pilotage des projets de démantèlement et de reprise et conditionnement des déchets anciens ne peut s’apprécier qu’à l’aune de la réalisation effective des opérations. En 2025, le CEA a poursuivi plusieurs actions contribuant à la réduction des risques résiduels de certaines installations à l’arrêt définitif ou en démantèlement, notamment par la poursuite de chantiers engagés les années précédentes. Ces actions témoignent de la capacité des équipes du CEA à conduire certaines opérations complexes. L’ASNR souligne notamment les premiers transferts de combustibles araldités de l’installation Pégase vers l’installation Cascad (projet DECAP), l’évacuation des générateurs isotopiques entreposés à l’INB 72 et la construction des équipements nécessaires au traitement de la soude présente dans l’installation Phénix (INB 71). L’ASNR constate néanmoins qu’en dépit de ces avancées, le CEA rencontre toujours en 2025 des difficultés importantes tant pour conduire simultanément l’ensemble des opérations de démantèlement et de reprise et conditionnement des déchets anciens que pour respecter les échéances initialement fixées. Les retards observés trouvent notamment leur origine dans des difficultés techniques ou des contraintes contractuelles avec certains prestataires. Ces difficultés se traduisent par des décalages répétés d’échéances, c’est le cas notamment des projets EPOC (INB 72) et EMC (INB 166) qui doivent permettre l’évacuation de déchets historiques hautement irradiants. Par ailleurs, l’ASNR note que ses alertes concernant certaines fragilités de la stratégie de gestion des déchets et des effluents du CEA demeurent inchangées. En effet, le CEA ne propose aucune mesure d’envergure pour sécuriser cette gestion qui repose en large partie sur des installations uniques, sans alternative opérationnelle, et engageant chacune le bon déroulement des multiples projets qui y recourent. À cet égard, l’ASNR est particulièrement attentive aux mesures qui seront mises en place par le CEA à la suite des défauts de génie civil constatés en 2024 sur la Station de traitement des déchets (INB 37-A) située sur le centre de Cadarache, ainsi qu’au suivi du calendrier de mise en service des nouvelles capacités d’entreposage nécessaires pour l’entreposage des déchets en provenance de l’ensemble des centres du CEA, notamment l’installation Diadem. L’ASNR constate également que le budget annuel du CEA pour financer les provisions des charges nucléaires est limité. Aussi, certaines opérations structurantes de démantèlement et de RCD font l’objet, en 2025, d’incertitudes liées à la disponibilité des ressources financières nécessaires à leur réalisation. L’ASNR rappelle que le CEA doit pouvoir disposer des moyens nécessaires à la mise en œuvre de l’ensemble des engagements qu’il a pris, lorsque ceux-ci répondent à des enjeux de sûreté prioritaires. 24 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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