Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT en février 2021. La survenue d’aléas techniques lors de la mise en œuvre de certaines dispositions, les évolutions de la programmation des arrêts pour renouvellement du combustible liées notamment à la découverte de corrosion sous contrainte des lignes auxiliaires, à des arrêts fortuits de longue durée ou aux besoins du réseau électrique durant la période hivernale, ainsi que la concomitance des autres réexamens périodiques, entraînant une tension sur ses capacités d’ingénierie, ont conduit EDF à revoir sa capacité à réaliser dans les délais les activités nécessaires au respect des prescriptions. L’ASN a considéré la demande d’EDF comme acceptable au vu des justifications apportées. Le déploiement du réexamen périodique sur les sites EDF a réalisé la première des quatrièmes visites décennales en 2019 (réacteur 1 de la centrale nucléaire du Tricastin). Fin 2025, EDF a réalisé ou engagé 25 de ces visites décennales. Ces visites constituent une étape majeure des quatrièmes réexamens périodiques. Pendant ces arrêts, EDF réalise les contrôles attendus et déploie la majeure partie des améliorations de sûreté associées au réexamen. Les quatrièmes visites décennales des réacteurs de 900 MWe se poursuivront jusqu’en 2031. En 2025, les enquêtes publiques liées au quatrième réexamen périodique des réacteurs 2 et 4 de la centrale nucléaire de Gravelines et du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Chinon ont eu lieu. Le cinquième réexamen périodique EDF a transmis à l’ASN en 2023 les orientations envisagées pour le programme d’études de la phase générique du cinquième réexamen périodique des réacteurs de 900 MWe. Compte tenu des modifications importantes mises en œuvre dans le cadre du quatrième réexamen périodique, dont la réalisation se poursuivra jusqu’en 2036 pour le dernier réacteur, EDF prévoit d’axer le cinquième réexamen : ∙sur la vérification de la conformité des installations à leurs exigences applicables, le maintien de la qualification des matériels et la maîtrise du vieillissement pour un fonctionnement jusqu’à 60 ans ; ∙sur la réévaluation de la maîtrise des risques et inconvénients, en anticipant les effets du changement climatique (agressions externes, ressource en eau, etc.) – voir focus n°12. FOCUS N°11 Le vieillissement des équipements des centrales nucléaires Comme dans toute installation industrielle, les équipements des centrales nucléaires sont sujets au vieillissement. Ce vieillissement résulte de phénomènes physiques (corrosion des métaux, durcis‑ sement des polymères, durcissement de certains aciers sous l’effet de l’irradiation ou de la température, gonflement de certains bétons, etc.) qui peuvent dégrader leurs caractéristiques en fonction de leur âge ou de leurs conditions d’exploitation. Ces dégradations obligent l’exploitant à réparer ou remplacer des matériels ou bien à limiter la durée de vie des équipements non remplaçables tels que la cuve du réacteur (voir point 2.2.4). Le processus de maîtrise du vieillissement mis en place par EDF s’appuie sur trois axes principaux : l’anticipation des effets du vieillissement dès la conception, la surveillance de l’état réel de l’installation, et la réparation ou le remplacement des matériels dégradés par les effets du vieillissement. En particulier, les équi‑ pements importants pour la sûreté font l’objet, avant d’être installés, d’un processus de qualification visant à s’assurer de leur capacité à remplir leurs fonctions dans les conditions correspondant aux situations dans lesquels ils seront nécessaires, en particulier les situations d’accident. Cette qualification, qui prend en compte les phénomènes de vieillissement, définit une durée de vie limitée des équipements. Lorsque celle-ci pourrait être dépassée, l’exploitant doit soit vérifier que les équipements demeurent aptes à assurer leurs fonctions pour une durée additionnelle, soit procéder à leur remplacement. La maîtrise du vieillissement des matériels, ainsi que celle du risque d’obsolescence – qui désigne les difficultés liées au maintien dans le temps de l’approvisionnement en pièces de rechange – sont essentielles au maintien d’un niveau de sûreté satisfaisant. Elles contribuent en particulier au maintien dans le temps de la confor‑ mité des réacteurs aux exigences de sûreté qui leur sont appli‑ cables. Les dispositions mises en œuvre ou prévues par EDF font l’objet d’instructions et d’inspections par l’ASNR, afin de s’assurer que les risques associés au vieillissement et à l’obsolescence sont maîtri‑ sés de façon satisfaisante. L’ASNR considère que la démarche mise en œuvre par EDF permet de maîtriser de manière satisfaisante ces risques. FOCUS N°12 L’adaptation des centrales nucléaires face au changement climatique Dans un contexte où les effets du change‑ ment climatique sont de plus en plus marqués, EDF doit adapter ses installations et leur exploitation afin de prendre en compte les évolutions attendues en matière de maîtrise des risques d’accident (canicules, hausse du niveau marin, etc.) et d’impact sur l’environnement (prélèvement et consomma‑ tion d’eau, rejets thermiques, etc.). Les niveaux d’aléas naturels auxquels doivent pouvoir faire face les centrales nucléaires sont réévalués tous les dix ans dans le cadre des réexamens périodiques. Ces réévalua‑ tions conduisent EDF à renforcer la protec‑ tion des centrales nucléaires. En particulier, le changement climatique modifie les aléas météorologiques susceptibles d’affecter le fonctionnement des équipements des centrales nucléaires : il est pris en compte dans le cadre des réexamens périodiques sur la base des évaluations du Groupe d’ex‑ perts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Le changement climatique a également des conséquences sur l’environnement autour des centrales nucléaires. Il rend plus critiques les problématiques de prélèvement d’eau en surface et en nappe ainsi que de dilution des rejets d’effluents radioactifs, chimiques et thermiques dans le milieu naturel. Afin de maîtriser l’impact sur l’environnement, les conditions des prélèvements d’eau et des rejets d’effluents des installations sont enca‑ drées par des décisions de l’ASNR propres à chaque centrale nucléaire. Le changement climatique nécessite de développer une démarche d’anticipation, un approfondissement des connaissances scientifiques, ainsi qu’une réflexion sur les évolutions technologiques des installations, dans le cadre d’une approche globale et de long terme, tant en ce qui concerne les futurs réacteurs EPR 2 que les réacteurs actuelle‑ ment en fonctionnement. C’est la raison pour laquelle le cinquième réexamen périodique des réacteurs sera axé sur le renforcement de la prise en compte des effets du changement climatique sur les centrales nucléaires. Cela se traduira par exemple par une évaluation des effets du changement climatique sur la ressource en eau, qui permettra de dégager une vision prospective sur les enjeux présentés par chaque centrale nucléaire. Par ailleurs, afin de poursuivre l’approfondis‑ sement des connaissances sur le change‑ ment climatique et ses effets, l’ASNR s’est dotée d’une feuille de route dédiée pour ses travaux d’expertise et de recherche. À cet égard l’ASNR s’implique dans la recherche dans ce domaine en participant à des travaux de thèse sur l’estimation locale et régionale des événements de pluies extrêmes, sur les températures extrêmes en 2100 ou encore sur l’impact du changement climatique sur la fréquence et l’intensité des événements météorologiques extrêmes. L’ASNR a également créé un groupe de travail réunissant les exploitants d’INB et des experts pluralistes pour constituer un état de l’art sur la prise en compte des agressions liées aux températures de l’eau et de l’air dans la démonstration de sûreté des INB. Ce rapport pourra servir de base pour la rédaction d’un guide à l’attention des exploitants d’INB. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 315 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z

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