Rapport de l'ASNR 2025

LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT L’ASN a pris position, après consultation du public et avis du Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires (GPR), en décembre 2024 sur ces orientations. Ce réexamen périodique permettra de définir les conditions de la poursuite de fonctionnement des réacteurs au‑delà de leurs 50 ans. L’ASNR considère que les orientations générales retenues par EDF pour ce réexamen sont pertinentes et cohérentes avec l’état actuel des connaissances. Ce cinquième réexamen périodique doit permettre de consolider les améliorations importantes en matière de sûreté apportées aux réacteurs lors de leur quatrième réexamen périodique et de renforcer la prise en compte des effets du changement climatique. Toutefois, l’ASNR a demandé à EDF de compléter ou de préciser certains de ces objectifs généraux. 3.3.2 – Les réacteurs de 1300MWe Le troisième réexamen périodique L’ASN a pris position début 2015 sur les aspects génériques de la poursuite du fonctionnement des réacteurs de 1300 MWe au‑delà de 30 années de fonctionnement. À cette occasion, l’ASN a souligné l’importance des modifications apportées par EDF à l’issue de leur troisième réexamen périodique. EDF déploie notamment dans le cadre de ce réexamen des modifications matérielles et de conduite en vue de limiter les conséquences des accidents de rupture d’un tube de GV, de prévenir l’occurrence des accidents graves avec perte précoce du confinement, et de réduire le risque de dénoyage des assemblages combustibles présents dans la piscine d’entreposage. Concernant les agressions, EDF modifie ses installations afin de garantir le fonctionnement des équipements nécessaires à la sûreté de ses réacteurs en cas de canicule, de protéger les matériels importants pour la sûreté à l’encontre des projectiles induits par des vents violents et de prévenir les risques d’explosion induits en cas de séisme. Dans le cadre de la conclusion de la phase générique de ce réexamen, l’ASN a formulé en 2021 des demandes complémentaires applicables à tous les réacteurs de 1300 MWe, visant à renforcer leur sûreté. Les troisièmes visites décennales des réacteurs de 1300 MWe se sont achevées en 2025. Le quatrième réexamen périodique En juillet 2017, EDF a transmis à l’ASN les orientations qu’elle envisageait pour la phase générique du quatrième réexamen périodique des réacteurs de 1300 MWe. En 2019, l’ASN a pris position sur ces orientations, après avoir associé le public et consulté le GPR : l’ASN a jugé les objectifs généraux retenus par EDF pour ce réexamen acceptables dans leur principe. Similaires à ceux retenus pour le quatrième réexamen périodique des réacteurs de 900 MWe, ces objectifs visent à montrer qu’en cas d’accident de dimensionnement il ne serait pas nécessaire de mettre en œuvre des mesures de protection de la population et, en cas d’accident grave, seules des mesures de protection de la population limitées dans l’espace et le temps seraient requises. Concernant la sûreté de la piscine d’entreposage du combustible, l’ASN a demandé à EDF de retenir comme objectif l’absence de découvrement des assemblages et de ramener à terme et de maintenir durablement l’installation dans un état correspondant à une absence d’ébullition de l’eau de la piscine. Par ailleurs, les modifications associées à ce réexamen périodique intégreront celles liées au déploiement du « noyau dur ». En 2024, l’ASN a poursuivi les instructions réalisées dans le cadre de la phase générique de ce réexamen périodique. L’ASN a réuni à quatre reprises ses GPE sur les agressions, les accidents sans fusion du cœur, les accidents graves et la tenue en service des cuves des réacteurs et les évolutions des méthodes de calcul utilisées pour justifier la tenue mécanique des équipements des CPP et CSP. Sur la base des conclusions de ces expertises, l’ASNR a pris position en juillet 2025, après consultation du public et avis du Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires (GPR), sur la phase générique de ce réexamen périodique (voir le fait marquant dédié en introduction de ce rapport). EDF engagera la première visite décennale associée à ce réexamen début 2026. 3.3.3 – Les réacteurs de 1450MWe Le troisième réexamen périodique L’ASN a pris position, après consultation du public et avis du GPR, en juillet 2023 sur les orientations envisagées par EDF pour son programme d’études de la phase générique du troisième réexamen périodique des réacteurs de 1450 MWe. Ce réexamen permettra de définir les conditions de la poursuite de fonctionnement de ces réacteurs jusqu’à leurs 40 ans. L’ASN a considéré que les objectifs généraux retenus par EDF pour ce réexamen étaient acceptables dans leur principe. Ces objectifs sont cohérents avec ceux retenus pour les quatrièmes réexamens périodiques des réacteurs de 900 MWe et de 1300 MWe. L’ASN a demandé à EDF de compléter ou de préciser certains de ces objectifs généraux, de la même façon qu’elle l’avait fait pour les réacteurs de 900 MWe et de 1300 MWe. La réévaluation de la sûreté de ces réacteurs et les améliorations qui en découlent seront réalisées au regard des objectifs de sûreté des réacteurs de nouvelle génération, comme l’EPR, dont la conception répond à des exigences de sûreté significativement renforcées. De plus, les modifications associées à ce réexamen périodique intégreront celles liées au déploiement du « noyau dur ». En 2025, l’ASNR a entamé les instructions réalisées dans le cadre de la phase générique de ce réexamen périodique. L’ASNR prendra position sur cette phase générique début 2029. FOCUS N°13 Quatrième réexamen périodique des réacteurs de 1300 MWe : des expertises adossées à un vaste programme d’études et de recherche mené par l’IRSN Entre 2019 et 2024, les experts de l’IRSN (aujourd’hui ASNR) ont produit, dans le cadre du quatrième réexamen périodique des réacteurs de 1300 MWe, plus de 40 avis techniques et quatre rapports destinés au Groupe permanent d’experts pour les réacteurs nucléaires (GPR). Ces expertises ont pu s’appuyer sur les conclusions de nombreuses études réalisées en interne, notamment à l’aide des outils de calculs développés au sein de l’institut. Ces outils de calcul capitalisent plusieurs années de retour d’expérience et de connaissances acquises à l’occasion de programmes expérimentaux spécifiques. À titre d’exemple, l’outil de calcul scientifique TENPO (pour TENue des POrtes) a été développé par les spécialistes de l’IRSN chargés de la compréhension des phénomènes physiques liés aux incendies à l’inté‑ rieur des bâtiments. Cet outil est un système expert permettant d’appré‑ cier la pertinence des dispositions retenues par les exploitants pour limiter les conséquences des incendies à l’intérieur des bâtiments. De même, s’agissant des études probabilistes de sûreté (EPS), plus de 60 études ont été réalisées à l’aide de modèles développés spécifique‑ ment en interne. Enfin, les experts de l’IRSN ont pu compter sur les connaissances acquises dans le cadre de la réalisation de nombreux programmes expérimentaux de portée internationale dans lesquelles l’ASNR est partenaire. Par exemple, le programme ROSAU (Reduction of Severe Accident Uncertainties), placé sous l’égide de l’OCDE et soutenu par 15 partenaires de huit pays, a permis de faire progresser la compréhen‑ sion des phénomènes physiques d’interaction entre le corium et le béton à la suite d’un accident avec fusion du cœur ayant conduit au percement de la cuve du réacteur. 316 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=