LES ACTIVITÉS NUCLÉAIRES : RAYONNEMENTS IONISANTS ET RISQUES POUR LA SANTÉ ET L’ENVIRONNEMENT 4 – Le contrôle du réacteur EPR de Flamanville L’EPR est un REP d’une puissance de 1600 MWe dont la conception comporte plusieurs évolutions par rapport à celle des autres réacteurs en fonctionnement en France. Il répond à des objectifs de sûreté renforcés : réduction de la fréquence des incidents ou accidents, limitation des rejets, réduction du volume et de l’activité des déchets, réduction des doses individuelles et collectives reçues par les travailleurs (en fonctionnement normal et en situation d’incident), réduction de la fréquence globale de fusion du cœur, en tenant compte de tous les types de défaillances et d’agressions, et réduction des conséquences radiologiques des accidents, en particulier en cas de fusion du cœur. Le Gouvernement a autorisé la création d’un réacteur de type EPR sur le site de Flamanville (déjà équipé de deux réacteurs de 1300 MWe) par le décret n° 2007‑534 du 10 avril 2007, après un avis favorable rendu par l’ASN à l’issue de son instruction. Par décision du 7 mai 2024, l’ASN a autorisé la mise en service du réacteur EPR de Flamanville. Cette autorisation a permis à EDF de charger le combustible nucléaire dans la cuve du réacteur en mai 2024 et de commencer à procéder aux essais de démarrage puis à l’exploitation du réacteur. L’autorisation délivrée par l’ASN est accompagnée de prescriptions techniques qui encadrent notamment la réalisation et le suivi des essais de démarrage de l’installation après le chargement du combustible nucléaire dans le réacteur. Ces prescriptions prévoient ainsi que la divergence et les passages au-delà de 25 % et 80 % de la puissance nominale sont soumis à une autorisation de l’ASN. EDF a ensuite engagé les essais de démarrage avec le cœur chargé et l’exploitation du réacteur. EDF a en particulier procédé à la première divergence du réacteur en septembre 2024 puis au premier couplage au réseau électrique en décembre 2024. EDF a poursuivi en 2025 le programme d’essais de démarrage, notamment les essais du cœur du réacteur à 25 % de sa puissance nominale. Au vu du résultat de ces essais et du bon fonctionnement des systèmes de surveillance et de protection du cœur, l’ASNR a donné son accord, par décision du 31 janvier 2025, à la poursuite des essais de démarrage à un niveau de puissance supérieur. EDF a ensuite réalisé des « grands transitoires » (test de perte des alimentations électriques externes, arrêt manuel du réacteur, déclenchement de la turbine et îlotage) et les essais du cœur à différents niveaux de puissance, jusqu’à 80 % de la puissance nominale. L’ASNR considère que ces essais de démarrage sont satisfaisants. Par décision du 12 décembre 2025, l’ASNR a donné son accord pour la poursuite de essais de démarrage au-delà de 80 % de la puissance nominale du réacteur. L’évaluation détaillée de l’exploitation de l’EPR de Flamanville en 2025 figure dans le panorama régional de la région Normandie (voir page 73). Retour d’expérience international L’ASNR participe au forum des autorités contrôlant la sûreté des réacteurs EPR dans le monde. Elle rencontre ainsi régulièrement les autorités de sûreté nucléaire finlandaise, chinoise et anglaise afin de bénéficier de leur expérience. L’ASNR examine avec attention les enseignements du retour d’expérience des réacteurs étrangers en exploitation et s’assure régulièrement de leur prise en compte par EDF. Une inspection spécifique en 2025 a examiné l’organisation mise en œuvre par EDF pour tirer parti du retour d’expérience des autres EPR : l’ASNR constate qu’EDF maintient un lien important avec ses homologues et bénéficie ainsi de leur retour d’expérience. 5 – Le contrôle du projet de réacteurs EPR 2 EDF a engagé un programme de construction de réacteurs de type EPR 2 en France. Une première paire de réacteurs est prévue sur le site de Penly en Seine‑Maritime, une deuxième sur le site de Gravelines dans le Nord et une troisième sur le site du Bugey dans l’Ain. Pour le site de Penly, un débat public a été organisé du 27 octobre 2022 au 27 février 2023, à la suite duquel EDF a déposé, fin juin 2023, une demande d’autorisation de création de deux INB auprès de la ministre chargée de la sûreté nucléaire. Les travaux préparatoires nécessaires à l’implantation des réacteurs ont été autorisés par un décret du 3 juin 2024. La construction de l’îlot nucléaire ne pourra être entreprise qu’après la délivrance de l’autorisation de création des INB. Pour les sites de Gravelines et de Bugey, un débat public a été organisé respectivement du 17 septembre 2024 au 17 janvier 2025 et du 28 janvier au 15 mai 2025. FOCUS N°14 Premier arrêt pour renouvellement du combustible du réacteur EPR de Flamanville EDF prévoit d’engager le premier arrêt pour renouvellement du combus‑ tible du réacteur EPR de Flamanville au début de l’automne 2026. Lors de cet arrêt, en plus de procéder au renouvellement du combustible, EDF effectuera des opérations de maintenance et d’essais de ses instal‑ lations. Elle procédera aussi à la première requalification complète du circuit primaire principal, qui inclura une épreuve hydraulique. Ces nombreux contrôles constituent des opérations importantes pour vérifier le bon état des équipements après un premier cycle de fonctionnement du réacteur. EDF modifiera certaines parties de ses installations à l’occasion de cet arrêt. Elle remplacera en particulier les échangeurs entre le circuit de réfrigération intermédiaire et le circuit d’eau brute, qui ont été sous- dimensionnés à la conception du réacteur, ainsi que le couvercle de la cuve, qui est concerné par une anomalie de fabrication. EDF réalisera également des activités qui ne l’ont pas été avant le démar‑ rage du réacteur, comme le traitement thermique de détensionnement de plusieurs soudures du circuit secondaire. Enfin, de nombreux équipements sous pression nucléaires vont atteindre simultanément des échéances réglementaires de contrôle, engendrant un pic de charge pour EDF et les organismes de contrôle. EDF a sollicité l’ASNR afin de reporter certaines activités et en permettre le lissage sur les arrêts ultérieurs. Cela permettra d’éviter les pics de charge lors de l’exploitation du réacteur. L’ASNR instruit actuellement les demandes d’autorisation de modification qu’EDF souhaite réaliser. Elle contrôlera par ailleurs les dispositions mises en œuvre par EDF pour préparer et programmer les activités qui seront réalisées pendant cet arrêt. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 317 01 05 09 02 06 10 03 07 11 13 04 08 12 A / Z
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