Auvergne‑Rhône‑Alpes En matière de santé et de sécurité au travail, l’ASNR considère que les résultats du site sont satisfaisants dans un contexte d’activité industrielle moindre. Des actions appropriées ont été mises en place de manière réactive pour tenir compte de l’accidentologie. Toutefois, l’ASNR relève un point de vigilance vis-à-vis des risques liés à la consignation des systèmes. Réacteur 1 en démantèlement Bugey 1 est un réacteur de la filière UNGG. Ce réacteur de première génération, qui fonctionnait avec de l’uranium naturel comme combustible, utilisait le graphite comme modérateur et était refroidi au gaz. Les opérations de démantèlement de l’installation ont été autorisées par décret en 2008, mais EDF a demandé en 2022 sa modification pour prendre en compte un changement complet de stratégie de démantèlement sur les réacteurs de ce type. Cette demande est en cours d’instruction par l’ASNR. En 2025, les travaux de préparation au démantèlement de Bugey 1 se sont poursuivis, avec notamment le démantèlement d’anciens réseaux de ventilation dans les locaux nucléaires et la finalisation de la construction d’une nouvelle station de traitement des effluents, ainsi que d’un atelier de tri de déchets dans l’ancienne salle des machines. Néanmoins, plusieurs chantiers de déconstruction (salle des machines, locaux électriques et cellule de mise en conteneur) sont actuellement suspendus. Des échanges sont en cours entre EDF et ses prestataires en vue de pouvoir reprendre ces activités en 2026. Par la décision CODEP-LYO-2025-020543 du 27 mars 2025, l’ASNR a autorisé EDF à créer une « base de maintenance d’emballages de transport » (BAMET) sur le périmètre INB du réacteur Bugey 1. Cette installation, qui relève de la législation des ICPE, servira à terme à la maintenance des emballages de transport utilisés dans le cadre de l’exploitation de l’installation de conditionnement et d’entreposage de déchets Iceda. L’ASNR considère que les opérations de démantèlement du réacteur Bugey 1 se déroulent dans des conditions de sûreté et de radioprotection satisfaisantes. En matière de radioprotection, le site reste néanmoins sujet à des cas d’exposition interne par des radioéléments émetteurs alpha, même si tous les cas identifiés en 2025 ont conduit à des évaluations de dose faibles (< 0,5 mSv). Installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés L’installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés (Iceda) constitue l’INB 173 et a pour objet le conditionnement et l’entreposage de diverses catégories de déchets radioactifs sur le site du Bugey (Ain). Elle est conçue pour réceptionner, conditionner et entreposer : • des déchets de graphite de faible activité à vie longue (FA‑VL) issus de la déconstruction du réacteur de Bugey 1, destinés, après entreposage, à un stockage en faible profondeur dont le concept est encore à l’étude ; • des déchets métalliques activés, de moyenne activité à vie longue (MA‑VL), issus de l’exploitation des centrales en fonctionnement, par exemple des pièces ayant séjourné à proximité du cœur du réacteur, comme des grappes de commande, destinés, après entreposage, à un stockage en couche géologique profonde ; • certains déchets de faible ou moyenne activité à vie courte (FMA‑VC), dits à « envoi différé », destinés au stockage en surface, mais nécessitant une décroissance radioactive de quelques années à quelques dizaines d’années avant leur acceptation au Centre de stockage de l’Aube (CSA – INB 149), exploité par l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). LE PARC D’INSTALLATIONS ET D’ACTIVITÉS À CONTRÔLER COMPORTE : ▸ des centrales nucléaires exploitées par EDF : • Bugey (4 réacteurs de 900 MWe), • Cruas-Meysse (4 réacteurs de 900 MWe), • Saint-Alban (2 réacteurs de 1300 MWe), • Tricastin (4 réacteurs de 900 MWe) ; ▸ les usines de fabrication de combustibles nucléaires exploitées par Framatome à Romans‑sur‑Isère ; ▸ les usines du « cycle du combustible nucléaire » exploitées par Orano sur la plateforme industrielle du Tricastin ; ▸ la Base chaude opérationnelle du Tricastin (BCOT) d’EDF en démantèlement ; ▸ le Réacteur à haut flux (RHF) exploité par l’Institut Laue‑Langevin à Grenoble ; ▸ l’Installation de conditionnement et d’entreposage de déchets activés (Iceda) sur le site nucléaire du Bugey et le Magasin interrégional (MIR) de combustible du Bugey, exploités par EDF ; ▸ le réacteur 1 en démantèlement de la centrale nucléaire d’EDF du Bugey ; ▸ le réacteur d’EDF Superphénix en démantèlement, ainsi que ses installations annexes ; ▸ l’irradiateur Ionisos à Dagneux ; ▸ le Centre de recherche international de l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), situé à la frontière entre la Suisse et la France ; ▸ des activités nucléaires de proximité du domaine médical : • 23 services de radiothérapie externe, • 6 services de curiethérapie, • 24 services de médecine nucléaire, • 123 établissements mettant en œuvre des pratiques interventionnelles radioguidées, • 183 scanners au sein de 125 établissements, • environ 4 000 utilisateurs d’appareils de radiologie médicale et dentaire ; ▸ des activités nucléaires de proximité du domaine industriel, vétérinaire et de la recherche : • 1 synchrotron, • environ 500 structures vétérinaires (cabinets ou cliniques), • 35 agences de radiologie industrielle, • environ 1200 utilisateurs d’équipements industriels, de détecteurs de plomb dans les peintures ou de contrôleurs à bagages, • environ 75 unités de recherche publiques ou privées ; ▸ des activités liées au transport de substances radioactives ; ▸ des laboratoires et organismes agréés par l’ASNR : • 1 organisme et 3 agences agréés pour les vérifications de radioprotection au titre du code de la santé publique, • 11 laboratoires agréés pour la mesure de la radioactivité dans l’environnement, • 13 organismes agréés pour procéder aux mesures d’activité volumique du radon au titre du code de la santé publique. Chap.7 Chap 6 Chap.5 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 39
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