Auvergne‑Rhône‑Alpes En 2025, le décret d’autorisation d’Iceda a été modifié (décret n° 2025-192 du 26 février 2025) pour autoriser la prise en charge de déchets issus du démantèlement du site de Fessenheim, non prévue lors de la création de l’installation. Après une année 2024 marquée par une longue période sans opération de production, l’activité a repris en mars 2025 avec la réception de déchets provenant du site de Fessenheim. Fin 2025, 44 colis de type C1PGsp étaient entreposés dans les halls d’Iceda, pour une capacité de 2180 colis. À l’issue des inspections réalisées en 2025, l’ASNR considère que l’installation Iceda est exploitée dans des conditions de sûreté et de radioprotection satisfaisantes. Magasin interrégional Situé au Bugey et exploité par EDF, le Magasin interrégional (MIR – INB 102) est une installation d’entreposage de combustibles nucléaires neufs à destination du parc de centrales nucléaires en exploitation. L’ASNR a mené une inspection en 2025 pour contrôler l’organisation mise en place pour la réception de conteneurs renfermant des assemblages combustibles neufs. Les conclusions de cette inspection sont positives et l’ASNR juge satisfaisante la tenue des engagements pris lors de l’inspection précédente. Centrale nucléaire de Saint‑Alban La centrale nucléaire de Saint‑Alban, exploitée par EDF dans le département de l’Isère sur le territoire des communes de Saint‑Alban‑du‑Rhône et de Saint‑Maurice‑l’Exil à 40 km au sud de Lyon, est constituée de deux REP d’une puissance de 1 300 MWe chacun, mis en service en 1986 et 1987. Le réacteur 1 constitue l’INB 119, le réacteur 2, l’INB 120. L’ASNR considère que les performances de la centrale nucléaire de Saint-Alban en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection se distinguent favorablement par rapport à l’appréciation générale que l’ASNR porte sur les centrales nucléaires d’EDF. Ses performances en matière de protection de l’environnement rejoignent l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF dans ce domaine. En matière de sûreté nucléaire, l’ASNR relève que les installations du site sont exploitées et maintenues de façon satisfaisante, dans un contexte de préparation des quatrièmes visites décennales qui commenceront en 2027. L’ASNR considère que l’arrêt pour rechargement et maintenance du réacteur 2 a été réalisé dans des conditions de sûreté satisfaisantes. Les activités à enjeux, telles que les travaux de rénovation du système d’instrumentation du réacteur, ont été réalisées conformément aux exigences de sûreté. En matière de radioprotection, l’ASNR considère que les résultats opérationnels sont satisfaisants et que l’exposition des travailleurs est maîtrisée. Néanmoins, l’ASNR a relevé quelques écarts en matière de culture de radioprotection et de rigueur du balisage des chantiers. En matière de protection de l’environnement, l’ASNR considère que la prise en charge et le traitement des aléas techniques impactant les dispositifs de protection de l’environnement se sont améliorés. Les équipements relatifs au confinement des pollutions liquides, et notamment les dispositifs de rétention, sont dans un état technique satisfaisant. En matière de santé et sécurité au travail, l’ASNR constate que le site poursuit le déploiement d’actions nationales, notamment en matière de levage, d’aération et de ventilation des locaux à risque de pollution spécifique et de gestion du risque lié à l’amiante. Les actions spécifiques en lien avec le risque de contamination au plomb sont suivies de manière satisfaisante. L’arrêt du réacteur 2 en 2025 a donné lieu à une accidentologie maîtrisée, notamment grâce à la mise en place d’une démarche de prévention des risques davantage exprimée sur le site. Centrale nucléaire de Cruas‑Meysse La centrale nucléaire de Cruas‑Meysse, mise en service entre 1984 et 1985 et exploitée par EDF dans le département de l’Ardèche sur le territoire des communes de Cruas et de Meysse, est constituée de quatre REP d’une puissance de 900 MWe chacun. Les réacteurs 1 et 2 constituent l’INB 111, les réacteurs 3 et 4 constituent l’INB 112. L’ASNR considère que les performances de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse en matière de sûreté nucléaire et de protection de l’environnement rejoignent l’appréciation générale des performances que l’ASNR porte sur les centrales nucléaires d’EDF. En revanche, ses performances en matière de radioprotection sont en retrait par rapport à l’appréciation générale que l’ASNR porte dans ce domaine. En matière de sûreté nucléaire, l’ASNR relève des insuffisances dans la préparation des activités, dans la qualité des procédures d’intervention ou dans leur respect. Le plan d’action d’amélioration de la rigueur d’exploitation, en place depuis 2023, paraît s’essouffler. L’ASNR relève l’amélioration de la surveillance en salle de commande et du respect des spécifications techniques d’exploitation. Dans le domaine de la maintenance, l’ASNR relève la préparation satisfaisante des arrêts de réacteurs et le déroulement dans des conditions de sûreté satisfaisantes de la quatrième visite décennale du réacteur 1. Néanmoins, la détection de quelques écarts dans la réalisation d’activités de maintenance appelle à une vigilance accrue dans ce domaine. En matière de radioprotection, l’ASNR relève, au travers de ses inspections et des événements survenus, des écarts récurrents concernant la culture de radioprotection, la gestion des dosimètres, l’affichage des conditions d’accès, ainsi que la gestion des appareils de mesure de la contamination. L’ASNR attend des améliorations dans ce domaine. Concernant la protection de l’environnement, l’ASNR relève que la situation est restée stable par rapport à 2024. Elle attend des améliorations de la gestion des dispositions de confinement des pollutions liquides et notamment des rétentions prévues pour prévenir les atteintes à l’environnement en cas de déversement d’effluents sur le site. En matière de santé et de sécurité au travail, l’ASNR considère que les résultats du site sont en retrait. Si l’accidentologie est en amélioration par rapport à 2024, il demeure une prédominance des risques de chute de hauteur et de plain-pied. Un accident grave de chute de hauteur est notamment survenu sur le site en 2025. A contrario, le processus de déclaration de situations dangereuses apparaît efficient, permettant un traitement adapté des situations à risques. 40 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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