UNE RÉCURRENCE INÉDITE, EN RADIOLOGIE CONVENTIONNELLE, D’ÉVÉNEMENTS CONCERNANT DES COHORTES L’année 2025 a été marquée par une récurrence inédite, en radiologie conventionnelle, d’événements significatifs de radioprotection sur des cohortes de patients, dont des enfants. Ces événements ont en commun un défaut de paramétrage de l’appareil à sa mise en service, entraînant des erreurs systématiques, détectées tardivement. Ils témoignent d’insuffisances dans la culture de radioprotection, notamment dans la démarche d’optimisation des doses. L’ASNR souligne l’importance de la formation et de l’habilitation du personnel, ainsi que de la formalisation des pratiques lors de la mise en service de tout nouveau matériel ou nouvelle pratique. Elle attire l’attention sur l’importance de l’évaluation dosimétrique à des fins d’optimisation dès l’installation et pendant toute la durée de service. Sur le terrain, l’ASNR renforcera son contrôle en 2026 par une campagne d’inspection en radiologie conventionnelle dans les centres qui réalisent des examens pédiatriques. Pour assurer la sensibilisation de l’ensemble des professionnels, un outil d’auto-évaluation sera mis à leur disposition, pour les accompagner dans la maîtrise de la conformité réglementaire et dans le déploiement des bonnes pratiques. Enfin, une fiche d’information « Retour d’expérience » sera diffusée, pour alerter sur ces incidents, favoriser leur détection et éviter leur répétition. Par ailleurs, le déploiement de l’audit par les pairs centré sur les pratiques cliniques et qui apporte le regard critique et la légitimité de professionnels exerçant des activités comparables, serait une plus-value importante pour l’évaluation de la justification des actes et leur optimisation. Au-delà de l’information délivrée aux patients, l’information du public nécessite d’être plus lisible, lui permettant de distinguer plus facilement un incident mineur d’un événement plus grave. En radiothérapie et curiethérapie, l’échelle ASNSFRO permet ainsi de distinguer l’importance de la défaillance à l’origine de l’événement de la gravité médicale liée à l’exposition. L’ASNR appelle les sociétés savantes à réfléchir à l’élaboration d’échelles adaptées, tant pour les procédures radiologiques et de médecine nucléaire à visée diagnostique que pour la radiothérapie interne vectorisée. ANTICIPER ET ACCOMPAGNER L’INNOVATION DANS LE DOMAINE MÉDICAL Anticiper l’innovation, c’est, pour l’ASNR, s’assurer que les enjeux de radioprotection soient intégrés dès la conception et contribuent à guider les choix et les pratiques. Son accompagnement, dans le cadre des essais cliniques, nécessite une adaptation des modalités d’encadrement réglementaire, tout en garantissant le maintien du niveau de radioprotection. Ainsi devant l’essor des essais cliniques avec de nouveaux radionucléides, en radiothérapie interne vectorisée, l’ASNR a délivré une autorisation anticipée de détention et d’utilisation. Cela permet d’anticiper certaines mesures pertinentes pour la radioprotection – comme l’étalonnage des activimètres et des caméras – et facilite la mise en œuvre de protocoles d’essai. Plus largement, les enjeux liés à l’émergence de nouveaux radiopharmaceutiques concernent, au-delà des patients, les professionnels, le public et l’environnement. L’ASNR prendra position en 2026 pour améliorer la radioprotection dans le cadre des essais cliniques avec les nouveaux radionucléides. Dans les techniques innovantes, le recours à l’intelligence artificielle (IA) se développe. L’ASNR organisera en 2026 un séminaire sur l’IA dans les applications médicales. Dans ce domaine, l’IA est déjà largement déployée et mature, mais avec un manque de transparence quant aux critères d’évaluation utilisés. Par ailleurs, son développement appelle une réflexion sur l’évolution des responsabilités, des compétences et des métiers. D’une manière générale, la veille sur les nouvelles techniques et pratiques s’appuie, au sein de l’ASNR, sur ses compétences en matière de recherche et d’expertise ainsi que sur ses différents groupes d’experts et comités. Le renforcement des liens et le partage des connaissances entre tous les acteurs institutionnels du domaine de la santé et les sociétés savantes permettraient d’améliorer la veille et de favoriser le déploiement de l’innovation dans un cadre sécurisé, au bénéfice des patients. TIRER LE RETOUR D’EXPÉRIENCE DE L’EPR DE FLAMANVILLE POUR GARANTIR LA SÛRETÉ NUCLÉAIRE DANS LA DURÉE DU PROGRAMME INDUSTRIEL EPR 2 Les équipes de l’ASNR ont été particulièrement mobilisées en 2025 pour instruire la demande d’autorisation de création de deux réacteurs de type EPR 2 sur le site de Penly (SeineMaritime). Dans la continuité de l’instruction des options de sûreté des nouveaux EPR menée en 2019, l’expertise technique (conception des principaux systèmes, prise en compte des risques d’agression interne et externe, études d’accidents sans fusion du cœur, etc.) a abouti début 2026 sans révéler de point bloquant. Cette mobilisation efficiente permettra à l’ASNR de prendre position dès 2026. À la suite du retour d’expérience de la construction du réacteur EPR de Flamanville et en vue de la construction en série de réacteurs EPR 2, l’ASNR a fait évoluer son contrôle de la conception et de la fabrication des équipements sous pression nucléaires (ESPN). Après le travail mené par les industriels pour mettre à niveau le code RCC-M (règles de conception et de construction des matériels mécaniques des îlots nucléaires des réacteurs à eau sous pression), l’ASNR s’est prononcée sur son caractère approprié pour assurer et démontrer le respect des exigences réglementaires. Engagée depuis plusieurs années, cette évolution majeure permet de disposer d’un référentiel technique stabilisé pour le programme EPR 2. En parallèle, les concertations relatives au guide de l’ASNR sur l’évaluation de la conformité des ESPN se poursuivent pour Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 5
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