Rapport de l'ASNR 2025

aboutir courant 2026 à sa révision. L’ASNR vise un contrôle plus anticipé et progressif de la conception et de la fabrication des ESPN, pour éviter l’émergence ou le traitement trop tardif des écarts, et en précisant les exigences de contrôle suffisamment en amont pour permettre aux acteurs de les anticiper et d’en tenir compte dans un cadre stable. L’ASNR a également instruit jusqu’en ce début d’année 2026 la conception de gros équipements du circuit primaire principal et des circuits secondaires principaux des premiers EPR 2, permettant aux industriels d’en engager la fabrication. Compte tenu du retour d’expérience de la construction de l’EPR de Flamanville, l’ASNR rappelle l’importance de garantir la qualité des composants des futurs EPR 2 et a poursuivi les inspections de la chaîne d’approvisionnement des matériels importants pour la sûreté. Ces inspections ont permis de contrôler les processus de fabrication mis en œuvre par les fournisseurs, leurs dispositions organisationnelles, la déclinaison des exigences de l’exploitant au sein de la chaîne de sous-traitance ainsi que la surveillance qu’EDF doit exercer. L’ASNR considère que le travail d’accompagnement mené par EDF doit être poursuivi afin que l’ensemble de la filière, qui présente encore des fragilités, atteigne le niveau de qualité et de rigueur adapté aux enjeux. Enfin, dans le cadre d’une instruction anticipée spécifique au projet d’implantation d’une paire d’EPR 2 à Gravelines (Nord), où le sol est assez meuble sur une forte épaisseur, l’ASNR a relevé des points de vigilance sur la conception des fondations. Sur la base de nouveaux éléments apportés par EDF, portant sur les connaissances géotechniques détaillées du sous-sol du site et sur la conception des fondations, l’instruction de ce sujet se poursuivra en 2026. INSCRIRE DANS LA DURÉE LE CONTRÔLE DE LA SÛRETÉ DU PARC ÉLECTRONUCLÉAIRE EN EXPLOITATION L’année 2025 a été marquée par le démarrage et la montée en puissance de l’EPR de Flamanville, qui ont fait l’objet d’un contrôle spécifique par les équipes de l’ASNR. La transition entre la gestion d’un chantier de construction et l’exploitation d’un réacteur a été marquée par des événements nombreux, mais sans impact majeur en matière de sûreté nucléaire. Pour le premier arrêt pour remplacement du combustible, EDF prévoit à partir de l’automne 2026 un programme d’activités ambitieux en matière de contrôles et de remplacements d’équipements. L’ASNR instruit actuellement les demandes de modification correspondantes. En ce qui concerne la corrosion sous contrainte (CSC) affectant certaines tuyauteries auxiliaires des réacteurs du parc en fonctionnement, les contrôles d’EDF se sont poursuivis et ont permis de détecter jusqu’à présent plus de 80 fissures significatives, dont certaines remettaient en cause la tenue mécanique des tuyauteries. Aujourd’hui, l’ASNR considère que la situation est maîtrisée dans la mesure où EDF a identifié les tuyauteries sensibles, dispose de moyens de contrôles non-destructifs performants et, quand c’est nécessaire, de techniques de remplacement des tronçons de tuyauterie affectés. Dans ce contexte, EDF a proposé une stratégie de surveillance à long terme des tuyauteries concernées, sur laquelle l’ASNR se prononcera en 2026. L’ASNR considère qu’EDF doit en parallèle approfondir la compréhension des conditions d’apparition des fissures de CSC. Au 1er janvier 2026, 25 des 56 réacteurs électronucléaires actuellement en fonctionnement (hors EPR de Flamanville) ont dépassé 40 ans, durée de fonctionnement retenue pour la conception de certains de leurs équipements. Poursuivre leur exploitation suppose notamment de s’assurer de la maîtrise du vieillissement de leurs composants, de s’adapter aux évolutions des conditions d’exploitation (changement climatique, etc.), et d’apporter les améliorations permettant de rapprocher leur niveau de sûreté de celui des réacteurs les plus récents. Ce niveau a été défini à l’aune du retour d’expérience des accidents majeurs ayant affecté l’industrie nucléaire. L’expérience acquise pendant l’instruction des quatrièmes réexamens périodiques des réacteurs de 900 MWe, les plus anciens du parc, a permis à l’ASNR de se positionner sur les conditions de la poursuite d’exploitation jusqu’à 50 ans des 20 réacteurs de 1300 MWe, dès juillet 2025, donc suffisamment en amont de la première visite décennale associée, qui a débuté à la centrale nucléaire de Paluel en janvier 2026. Le réacteur de 900 MWe le plus âgé atteindra quant à lui sa cinquième visite décennale en 2029. Inscrit dans des objectifs de sûreté stabilisés, le cinquième réexamen périodique des réacteurs de 900 MWe, portera, selon les orientations définies en 2025, sur la maîtrise de la conformité des installations et sur la prise en compte du changement climatique. Enfin, dans un contexte énergétique laissant présager un intérêt pour la prolongation d’exploitation de réacteurs à long terme, l’ASNR a souhaité depuis 2023 que s’engage avec EDF une démarche générique visant à anticiper les effets de vieillissement, essentiellement sur des composants non remplaçables, susceptibles d’obérer la possibilité d’exploiter en toute sûreté des réacteurs de plus de 60 ans, et à identifier les leviers de remédiation éventuels. À l’issue de l’instruction du dossier fourni par EDF et d’un dialogue technique avec les parties prenantes, l’ASNR rendra un avis fin 2026. Par ailleurs, les inspections réalisées par l’ASNR en 2025 montrent que pour inscrire l’exploitation du parc dans la durée, EDF doit encore progresser sur plusieurs sujets comme la préparation des activités de maintenance, la gestion des pièces de rechange, ou la qualité de la surveillance des activités sous-traitées. 6 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

RkJQdWJsaXNoZXIy NjQ0NzU=