Rapport de l'ASNR 2025

Île‑de‑France L’instruction du dossier du deuxième réexamen périodique de l’installation, transmis par le CEA en décembre 2023, s’est poursuivie en 2025. En 2025, le CEA a engagé une réflexion globale sur l’avenir de l’installation, incluant le transfert de certaines activités de recherche et développement vers le bâtiment le plus récent. S’il est mis en œuvre, ce projet entraînera des évolutions importantes des enjeux de sûreté de l’installation, notamment vis-à-vis du risque incendie. L’ASNR attend du CEA qu’il justifie, dans ce nouveau contexte, la priorisation des travaux nécessaires pour remettre l’installation en conformité. De plus, le projet visant à traiter, reconditionner et évacuer les déchets irradiants du LECI est en cours de redéfinition et de redimensionnement, afin de prendre en compte les évolutions de l’installation. Enfin, les inspections menées au cours de l’année 2025 ont été jugées satisfaisantes, même si des améliorations sont attendues concernant la réalisation des contrôles et essais périodiques et le suivi des opérations de maintenance. Irradiateur Poséidon L’installation Poséidon (INB 77), autorisée en 1972, est un irradiateur composé d’une piscine d’entreposage de sources de cobalt‑60, surmontée partiellement d’une casemate d’irradiation. L’INB comporte par ailleurs un autre irradiateur en casemate, Pagure, ainsi que l’accélérateur Vulcain. Cette installation permet de réaliser des études et des prestations de qualification pour les équipements installés dans les réacteurs nucléaires, notamment grâce à une enceinte immergeable, ainsi que la radiostérilisation de produits à usage médical. Le principal risque de l’installation est l’exposition du personnel aux rayonnements ionisants, du fait de la présence de sources scellées de très haute activité. L’ASN a encadré, par la décision du 22 novembre 2019, la poursuite de fonctionnement de l’installation à la suite de son premier réexamen périodique. Les points majeurs d’amélioration sont notamment la tenue du bâtiment aux aléas sismiques et climatiques (neige et vent notamment), ainsi que le suivi du vieillissement de la piscine de Poséidon. L’ASN a estimé en 2024, à la suite de l’instruction du rapport de conclusion du réexamen périodique transmis par le CEA fin 2021, n’avoir pas d’objection à la poursuite de fonctionnement de l’INB 77. Le suivi du vieillissement de la piscine reste toutefois un point d’attention. En 2025, l’ASNR a autorisé la prolongation de la durée d’utilisation de sources scellées de cobalt-60 de l’irradiateur Poséidon. L’ASNR estime que le niveau de sûreté nucléaire de l’installation est satisfaisant. Les inspections ont permis de constater que la surveillance et la maintenance de la piscine de Poséidon sont correctement réalisées. La gestion des sources demeure toutefois un point de vigilance, à la suite de deux contaminations en tritium de la piscine de l’installation survenues en 2021 et 2024 lors de l’approvisionnement en nouvelles sources de cobalt-60. En 2025, l’ASNR a examiné le retour d’expérience réalisé par le CEA et les mesures mises en place pour gérer les eaux issues des tests sur les emballages de transport potentiellement contaminées, qui sont apparues satisfaisantes. 1. Partie de l’inventaire des radionucléides d’une installation nucléaire qui regroupe les radionucléides susceptibles d’être dispersés dans l’installation lors d’un incident ou d’un accident, voire, pour une fraction d’entre eux, d’être rejetés dans l’environnement. 2. Ce projet comprend un procédé destiné à reprendre et conditionner des fûts actuellement entreposés en puits dans l’installation et contenant un mélange de déchets et de morceaux de combustibles. La reprise de ces fûts requiert un équipement spécifique, compte tenu des incertitudes sur leur intégrité. Enfin, le CEA a déposé en fin d’année 2024 une demande de modification du périmètre de l’INB 77, afin d’y inclure les nouveaux locaux de gestion des situations d’urgence, opérationnels depuis le 1er janvier 2025. L’ASNR a émis en décembre 2025 un avis favorable pour cette modification qui ne prévoit aucun changement dans le fonctionnement de l’INB 77. LES INSTALLATIONS DE TRAITEMENT DES DÉCHETS SOLIDES ET DES EFFLUENTS LIQUIDES Le CEA exploite des installations de natures diverses : des laboratoires liés aux recherches sur le « cycle du combustible » et également des réacteurs de recherche. Par ailleurs, le CEA procède à de nombreuses opérations de démantèlement. Ainsi, les types de déchets produits par le CEA sont variés. Pour les gérer, le CEA dispose d’installations spécifiques de traitement, de conditionnement et d’entreposage. Zone de gestion de déchets solides radioactifs La Zone de gestion de déchets solides radioactifs (ZGDS – INB 72) a été autorisée par le décret du 14 juin 1971. Cette installation, exploitée par le CEA, assure le traitement, le conditionnement et l’entreposage des déchets de haute, moyenne et faible activité des installations du centre de Saclay. Elle assure également l’entreposage de matières et de déchets anciens (combustibles usés, sources scellées, liquides scintillants, résines échangeuses d’ions, déchets technologiques, etc.) en attente d’évacuation. Compte tenu de « l’inventaire dispersable(1) » actuellement présent dans l’installation, l’INB 72 fait partie des priorités de la stratégie de démantèlement du CEA qui a été examinée par l’ASN, laquelle s’est prononcée en mai 2019 sur ces priorités (voir chapitre 12). L’INB 72 est à l’arrêt définitif depuis le 31 décembre 2022. Néanmoins, certains déchets ont pu être pris en charge par l’installation jusqu’en 2025. Après analyse du rapport de réexamen de l’INB 72 transmis fin 2017, instruit conjointement avec le dossier de démantèlement, l’ASN a encadré, en 2022, les conditions de poursuite d’exploitation de l’installation. Par ailleurs, le décret n°2022‑1107 du 2 août 2022 prescrivant au CEA de procéder aux opérations de démantèlement de l’INB 72 est entré en vigueur le 26 juillet 2023, date à laquelle l’ASN a approuvé la révision des règles générales d’exploitation. L’ASNR note positivement l’évacuation du dernier générateur isotopique et la fin du reconditionnement des résines échangeuses d’ions en 2025. La reprise du chantier de désentreposage des crayons de combustible contenus dans un emballage appelé « RCC », à l’arrêt depuis 2024, à la suite de la perte d’intégrité de pastilles de combustible lors des manipulations, est prévue en 2026 par le CEA, avec une adaptation des modalités de réalisation de certaines opérations. Par ailleurs, l’ASNR reste vigilante à l’avancement du projet « Évacuation des poubelles de combustibles » (EPOC(2)), au regard des difficultés rencontrées ces dernières années par le CEA dans sa gestion. En 2025, l’exploitant a poursuivi les investigations visant à améliorer la connaissance de l’état des fûts et des puits concernés. L’ASNR veillera également à la prise en compte par le CEA du retour d’expérience du dysfonctionnement rencontré en 2025 sur le château A, utilisé pour le transport des fûts. Le projet EPOC prévoit en effet l’utilisation d’un équipement similaire. 66 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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