Appréciation portée sur le site CEA de Saclay L’ASNR considère que les INB du site CEA de Saclay sont exploitées dans des conditions de sûreté satisfaisantes dans l’ensemble et constate la poursuite, au cours de l’année 2025, et conformément à ce qui a été entamé depuis plusieurs années, d’opérations visant à réduire l’inventaire radiologique entreposé dans les INB. Les opérations de préparation au démantèlement et les travaux de démantèlement continuent de se poursuivre pour les installations concernées. La gestion de leur avancement, ainsi que la maîtrise des calendriers associés, demeurent des enjeux majeurs pour le CEA de Saclay et font l’objet d’inspections et d’échanges réguliers avec l’ASNR. Par ailleurs, à la suite de l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima (Japon), l’ASN avait prescrit la mise en œuvre sur le site de Saclay de nouveaux moyens pour la gestion de crise résistant à des conditions extrêmes. Le chantier a connu des retards importants liés à des défauts de génie civil, conduisant au non-respect de l’échéance initiale de mise en service prévue fin 2021. Compte tenu de la baisse du risque nucléaire du site de Saclay après l’arrêt des réacteurs Orphée (INB 101) et Osiris (INB 40), une prescription portant sur la finalisation de la construction des nouveaux locaux de gestion des situations d’urgence fixait une nouvelle échéance à la fin d’année 2024. Leur mise en service a été constatée par l’ASNR en 2025, lors d’une inspection inopinée incluant un exercice de crise. Toutefois, des compléments restent attendus sur l’identification des équipements importants pour la protection des intérêts, ainsi que sur le protocole d’organisation des locaux. Par ailleurs, le plan d’urgence interne du CEA a été mis à jour, notamment pour intégrer ces nouveaux locaux. En 2026, l’ASNR portera une attention particulière à l’organisation et aux moyens de crise en place. Dans le cadre du retour d’expérience d’événements significatifs impliquant des sondes de température utilisées pour la détection incendie, l’ASNR a examiné en inspection les modalités de contrôle et de maintenance de ces équipements dans les INB du site CEA de Saclay. Des clarifications restent attendues sur les exigences définies, ainsi que sur les modalités de maintenance et qualification des sondes. Enfin, l’ASNR a réalisé en 2025 une inspection renforcée sur la surveillance des intervenants extérieurs, impliquant les services techniques du site CEA de Saclay et six des sept INB, afin de vérifier la mise en œuvre des engagements pris à la suite de l’inspection de revue menée par l’ASN en 2024. Une amélioration globale des pratiques du CEA a été relevée, même si la dynamique doit être poursuivie au niveau des INB. En revanche, des insuffisances persistent dans la maîtrise des exigences réglementaires, notamment en matière de formalisation, de traçabilité de la surveillance, ainsi que dans la réalisation du contrôle technique des activités importantes pour la protection des intérêts. Une attention particulière et un investissement conséquent du CEA sont attendus sur ces sujets. Enfin, l’ASNR reste vigilante sur la gestion des zones de déchets de très faible activité de l’INB 49, notamment en raison des travaux de démantèlement à venir qui engendreront une production de déchets supplémentaires. Aussi, l’adéquation des zones d’entreposage de déchets existantes avec les besoins futurs constitue un enjeu important pour le déroulement des opérations de démantèlement selon le planning envisagé. Usine de production de radioéléments artificiels de CIS bio international L’Usine de production de radioéléments artificiels (UPRA) constitue l’INB 29. Elle a été mise en service en 1964 par le CEA sur le site de Saclay, qui créa en 1990 la filiale CIS bio international, l’actuel exploitant. Cette filiale fut rachetée, à partir du début des années 2000, par plusieurs sociétés spécialisées dans la médecine nucléaire. En 2017, la maison mère de CIS bio international a fait l’acquisition de Mallinckrodt Nuclear Medicine LCC, pour former aujourd’hui le groupe Curium, qui possède trois sites de production (États‑Unis, France et Pays‑Bas). Le groupe Curium est un acteur important du marché français et international pour la fabrication et la mise au point de produits radiopharmaceutiques. Les produits sont majoritairement utilisés pour établir des diagnostics médicaux, mais également à des fins thérapeutiques. Ils sont fabriqués à partir d’un cyclotron présent sur le site ou à l’aide de radionucléides produits par des fournisseurs extérieurs ou d’autres installations du groupe Curium. L’INB 29 avait également pour mission, jusqu’en 2019, d’assurer la reprise des sources scellées usagées qui étaient utilisées à des fins de radiothérapie et d’irradiation industrielle. L’évacuation de ces sources, entreposées dans l’installation, a été finalisée en 2024. En 2025, l’ASNR a encadré la poursuite d’exploitation de l’INB 29, au regard des conclusions de son réexamen périodique, par la décision du 25 septembre 2025 fixant des prescriptions techniques. Ces prescriptions portent notamment sur la réduction de l’inventaire radiologique, ainsi que la maîtrise des risques liés à l’incendie, d’exposition aux rayonnements ionisants et de dissémination de matières radioactives. Par ailleurs, CIS bio international a décidé d’arrêter fin 2019 ses productions à bases d’iode-131 sur le site de Saclay, ce qui a significativement réduit les conséquences d’éventuelles situations accidentelles sur le site. En 2025, la mise à l’arrêt de la chaîne de production et de conditionnement des générateurs de technétium a également conduit à une diminution de l’inventaire radiologique présent dans certains bâtiments du site. L’ASNR a finalisé l’instruction de la mise à jour de l’étude des conséquences radiologiques aux populations en situation accidentelle. Cette étude intègre les évolutions des activités du site, ainsi que des évacuations de déchets prévues par l’exploitant en fin d’année 2026. Dans ce contexte, les travaux engagés à la demande de CIS bio international pour accéder au statut d’installation à risque réduit se poursuivront en 2026. En 2024 et en 2025, dans le cadre de la stratégie de CIS bio international de développement de la production de nouveaux radiopharmaceutiques sur le site de Saclay, la fabrication de nouveaux produits marqués au cuivre-64 et au lutétium-177 a été autorisée par l’ASNR. Depuis la dégradation du niveau général de sûreté de l’installation observée en 2023, l’ASNR constate que CIS bio international s’est fortement mobilisé en 2025 sur plusieurs sujets considérés comme prioritaires par l’ASNR. Les délais de transmission des réponses aux lettres de suite de l’ASNR et des comptes rendus d’événement significatif se sont améliorés, tout en maintenant la qualité des éléments fournis. Par ailleurs, plusieurs dossiers en lien avec la sûreté ou attendus depuis plusieurs années ont été fournis par l’exploitant, comme l’analyse des facteurs organisationnels et humains, la mise à jour du rapport de sûreté et des règles générales d’exploitation à la suite du réexamen périodique, l’actualisation du plan d’urgence interne (PUI), ainsi que des demandes de prolongation d’entreposage de déchets. Île‑de‑France 68 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025
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