Rapport de l'ASNR 2025

Appréciation portée sur le site CEA de Fontenay‑aux‑Roses L’ASNR considère que le niveau de sûreté du CEA de Fontenay-auxRoses est acceptable. Le CEA doit toutefois maintenir ses efforts pour assurer la sûreté d’exploitation de ses installations. Après des retards identifiés les années précédentes dans la réalisation des études, dans la programmation des projets et dans le calendrier de démantèlement des installations nucléaires de Fontenay‑aux‑Roses, le CEA a connu en 2023 l’arrêt de deux chantiers majeurs liés au démantèlement, pour des raisons contractuelles et techniques. Cette situation a entraîné des modifications techniques dans le choix de conception des équipements et un décalage des échéances de démantèlement. Une vigilance particulière devra être portée par le CEA sur l’articulation des dossiers et des travaux projetés sur le site, afin de diminuer l’inventaire radiologique mobilisable au sein des installations. L’exploitant doit également poursuivre la mise en place d’actions fortes pour maîtriser et fiabiliser les délais associés à ces projets, en particulier ceux liés à la remise des études préparatoires aux chantiers de démantèlement. En 2023, l’ASN a encadré la poursuite d’exploitation de l’INB 165, au regard des conclusions de son réexamen périodique, par une décision fixant des prescriptions techniques. Pour l’INB 166, compte tenu des engagements pris par le CEA et du plan d’action élaboré à l’issue du réexamen, l’ASN a estimé, en 2024, à la suite de l’instruction du rapport de conclusion du réexamen périodique, n’avoir pas d’objection à la poursuite de l’exploitation de l’INB 166. En 2025, l’ASNR a suivi l’avancement des plans d’action issus de ces deux réexamens. L’ASNR souligne positivement l’implication du CEA dans la mise à jour de l’ensemble des règles générales d’exploitation, obsolètes depuis plusieurs années, et l’engage à poursuivre ces travaux en 2026. Cependant, des améliorations restent attendues concernant les moyens de gestion de crise. Le plan d’urgence interne (PUI) actualisé, transmis par le CEA en fin d’année 2025, est en cours d’instruction. Par ailleurs, l’ASNR considère que les actions engagées par le CEA en matière de maîtrise du risque incendie doivent être poursuivies pour atteindre le niveau de sûreté attendu. A ce titre, afin d’encadrer la qualification du nouveau système d’extinction incendie des chaînes blindées de l’INB 165, l’ASNR a prescrit par décision du 30 septembre 2025 la réalisation de certaines activités, et sera attentive au respect des échéances associées. Enfin, la gestion des déchets historiques constitue un point de vigilance majeur de l’ASNR, deux événements significatifs ayant été déclarés en lien avec cette thématique en 2025. Un déchet présentant une activité radiologique très supérieure à la limite maximale fixée dans le local d’entreposage, transféré depuis vers un lieu d’entreposage adapté, a ainsi été découvert. Par ailleurs, un départ de feu lors de la manipulation de déchets a conduit au déclenchement du PUI du site CEA de Fontenay-aux-Roses et à l’activation du centre de crise de l’ASNR. Si cet événement n’a pas eu d’impact sur la population et l’environnement, l’ASNR attend que le CEA en tire pleinement les enseignements et adapte en conséquence les modalités de réalisation des travaux. Les sites et sols pollués en Île-de-France En Île‑de‑France, la division de Paris contrôle les activités de dépollution de sites pollués radiologiques, qui concernent le plus souvent des pollutions historiques issues d’activités passées, industrielles ou de recherche, qui mettaient en œuvre du radium. Les acteurs peuvent être des industriels, mais aussi des particuliers. La division de Paris peut intervenir, à la demande du préfet de département, pour rendre des avis techniques sur les mesures envisagées de gestion de la pollution et sur la réalisation effective des assainissements (voir point 4 du chapitre 13). Au titre de son expertise sur les enjeux des sites et sols pollués, la division de Paris de l’ASNR a émis en 2025 : • quatre avis concernant la gestion de la pollution des sites du Fort d’Aubervilliers (93), Vaujours (93 et 77), un appartement parisien (75) et Charvet-VLM (93) ; • quatre avis à destination de l’autorité environnementale ou de collectivités territoriales, concernant Saclay (91), CoudrayMontceaux (91), Grand Paris Sud Seine-Essonne-Sénart (91) et la ZAC du Moulon (91). De plus, la division de Paris a réalisé en 2025 six inspections pour contrôler les opérations d’assainissement ou d’aménagement, respectivement sur le site de l’ancien fort de Vaujours (93 et 77), sur le site d’un ancien laboratoire de Marie Curie à Arcueil (94), sur le site Charvet – VLM de l’Île Saint‑Denis (93), sur le site du Fort d’Aubervilliers (93), sur un site de Mazeau Recyclage à Gennevilliers (92) et à l’Hôpital Paul Brousse (94). Par ailleurs, dans le cadre du suivi de ces dossiers au long cours, dont l’assainissement dure depuis plusieurs années, la division de Paris a également participé en 2025 à la commission de suivi de site du laboratoire de Marie Curie à Arcueil (94). L’ASNR a également réalisé en 2025 les actions suivantes : • sept levées de doute et mises en sécurité après des découvertes d’objets radioactifs chez des particuliers ; • différentes réunions techniques avec le corps préfectoral et la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement, de l’aménagement et des transports (DRIEAT) concernant la dépollution du site Charvet – VLM (93) et les Galeries Lafayette (93) ; • rédaction d’un « secteur d’information » sur les sols concernant la pollution radiologique résiduelle d’une parcelle de Gif‑sur‑Yvette après assainissement. Île‑de‑France 70 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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