Normandie La division de Caen contrôle la sûreté nucléaire, la radioprotection et le transport de substances radioactives dans les 5 départements de la région Normandie. En 2025, l’ASNR a réalisé 232 inspections en Normandie, dont 72 dans les centrales nucléaires de Flamanville, Paluel et Penly et 19 sur le réacteur EPR de Flamanville, 69 sur des installations du « cycle du combustible », de recherche ou en démantèlement, 49 dans le nucléaire de proximité, 11 dans le domaine du transport de substances radioactives et 12 concernant les organismes et laboratoires agréés par l’ASNR. En outre, 26 journées d’inspection du travail ont été réalisées dans les centrales nucléaires et sur le chantier EPR de Flamanville 3. En 2025, 16 événements significatifs classés au niveau 1 de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (échelle INES) ont été déclarés à l’ASNR, dont 15 sur les INB et 1 dans le nucléaire de proximité. Enfin, dans le cadre de leurs missions de contrôle, les inspecteurs de l’ASNR ont dressé un procès-verbal. 232 inspections 16 événements significatifs de niveau supérieur ou égal à 1 sur l’échelle INES 0 événement significatif de niveau supérieur ou égal à 2 sur l’échelle ASN-SFRO Centrale nucléaire de Flamanville La centrale nucléaire de Flamanville, exploitée par EDF dans le département de la Manche, sur le territoire de la commune de Flamanville, à 25 km au sud‑ouest de Cherbourg, est constituée de deux réacteurs à eau sous pression (REP) d’une puissance de 1 300 mégawatts électriques (MWe), mis en service en 1985 et 1986. Le réacteur 1 constitue l’installation nucléaire de base (INB) 108, le réacteur 2, l’INB 109. L’ASNR considère que les performances de la centrale nucléaire de Flamanville en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection rejoignent l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF. En revanche, ses performances en matière d’environnement sont considérées comme en retrait par rapport à l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF. Dans le domaine de la sûreté nucléaire, l’ASNR a observé une situation stable, avec des marges de progrès identifiées par l’exploitant. L’ASNR considère que plusieurs événements significatifs relatifs à des actions inappropriées lors d’opérations d’exploitation révèlent des insuffisances dans la préparation et la surveillance des activités ou des manquements dans le caractère opérationnel des documents d’exploitation. Sur ces points, l’ASNR demande que l’exploitant poursuive l’amélioration de l’organisation et renforce la rigueur au sein du service chargé de la conduite des réacteurs. Le redémarrage du réacteur 1, réalisé à l’issue d’un arrêt comportant de nombreuses opérations de maintenance, s’est globalement bien déroulé. Concernant les opérations de maintenance, l’ASNR considère qu’elles ont été réalisées de manière maîtrisée par l’exploitant pendant l’arrêt du réacteur 1 qui s’est achevé en 2025. L’ASNR estime que l’exploitant a eu une gestion satisfaisante et efficace de la fuite survenue au redémarrage sur une tuyauterie de faible diamètre connectée au circuit primaire, par la mise en œuvre d’un dispositif de colmatage provisoire pour permettre de décharger le combustible dans des conditions satisfaisantes de sûreté afin de réaliser la réparation définitive. Pour 2026, le site doit porter une attention particulière à la coordination et à la surveillance des activités durant l’arrêt du réacteur 2, débuté en fin d’année 2025 et qui doit se prolonger jusqu’à mi-2026, au cours duquel le remplacement des quatre générateurs de vapeur est programmé. Enfin, l’ASNR restera vigilante à la pérennisation du plan d’action interne visant la gestion du risque de corrosion sur certains matériels particulièrement sensibles à l’ambiance marine. Les performances du site en matière de radioprotection sont demeurées stables en 2025 avec un processus de détection et d’analyse des événements significatifs pour la radioprotection efficace. Une amélioration a été notée pour ce qui concerne les anomalies de port de la dosimétrie. Toutefois, il a été observé des lacunes dans la signalisation de points chauds, dans la gestion des accès des personnels à des zones contrôlées orange, et un manque de rigueur dans la mise en œuvre des parades visant à limiter l’exposition des intervenants. Des améliorations sont attendues par l’ASNR sur ces points, et d’une manière générale sur la culture de la radioprotection. En matière de protection de l’environnement, l’ASNR observe une dégradation des performances du site, avec notamment des dépassements récurrents de rejets d’hydrocarbures par les émissaires d’eaux pluviales et des défaillances dans le maintien en bon état de fonctionnement des déshuileurs. Des améliorations de fond sont attendues sur ces deux sujets en 2026. En matière d’inspection du travail, l’année 2025 a été marquée par de nombreux accidents ayant conduit à des investigations de la part de l’ASNR. Ces contrôles ont mis en évidence des lacunes dans la préparation des chantiers et la rigueur d’exécution entraînant des expositions aux dangers et des accidents notamment lors des activités de levage. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 71
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