Rapport de l'ASNR 2025

Centrale nucléaire de Paluel La centrale nucléaire de Paluel, exploitée par EDF dans le département de la Seine‑Maritime sur le territoire de la commune de Paluel, à 30 km au sud‑ouest de Dieppe, est constituée de quatre REP d’une puissance de 1 300 MWe chacun, mis en service entre 1984 et 1986. Les réacteurs 1, 2, 3 et 4 constituent respectivement les INB 103, 104, 114 et 115. La centrale nucléaire dispose d’une des bases régionales de la Force d’action rapide du nucléaire (FARN), force spéciale d’intervention créée en 2011 par EDF à la suite de l’accident survenu à la centrale nucléaire de Fukushima au Japon. Son objectif est d’intervenir, en situation pré‑accidentelle ou accidentelle, sur n’importe quelle centrale nucléaire en France, en apportant des renforts humains et des moyens matériels de secours. L’ASNR considère que les performances de la centrale nucléaire de Paluel en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection rejoignent l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF. En revanche, ses performances en matière d’environnement sont considérées comme en retrait par rapport à l’appréciation générale portée sur les centrales nucléaires d’EDF. En matière de sûreté nucléaire, l’ASNR considère que les performances de la centrale nucléaire sont stables et globalement satisfaisantes. Toutefois, l’ASNR estime nécessaire que les équipes chargées de la conduite des réacteurs apportent plus de rigueur lors des phases de préparation et de réalisation des activités, dont les essais périodiques. De même, une vigilance doit être maintenue concernant les défaillances d’équipements du contrôle-commande qui peuvent entraîner des indisponibilités de matériels et des replis de réacteur. Dans le domaine de la maintenance, l’ASNR estime que la centrale nucléaire de Paluel fait preuve d’une bonne maîtrise dans la réalisation des travaux pendant les arrêts de réacteur et que la gestion des aléas rencontrés a été satisfaisante. Néanmoins, des améliorations sont attendues dans la préparation des activités non programmées et dans les modalités de caractérisation des écarts rencontrés. Dans la perspective des quatrièmes visites décennales des réacteurs 1 et 2 qui débuteront en 2026, l’ASNR estime que l’exploitant doit apporter une vigilance particulière au caractère opérationnel de la documentation de maintenance et à la qualité de la réalisation des interventions. De manière plus générale, l’ASNR considère que l’exploitant doit prendre en compte les constats issus des inspections de l’ASNR préalables à la visite décennale du réacteur 1 pour les autres visites décennales du site. En matière de radioprotection, l’ASNR considère que les résultats opérationnels sont en progrès et globalement satisfaisants. Cependant, l’ASNR attend que l’exploitant poursuive les efforts initiés sur le renforcement de la culture de radioprotection, et ce notamment en vue de la forte charge industrielle prévue sur l’année 2026. En matière de protection de l’environnement, l’ASNR constate une baisse des performances de la centrale nucléaire de Paluel. La gestion d’une fuite d’un caniveau de la station de déminéralisation, engendrant un rejet non maîtrisé dans le milieu d’acide sulfurique et de soude, doit donner lieu à un retour d’expérience approfondi à l’échelle de l’établissement. Plus généralement des améliorations sont attendues sur la maîtrise des équipements concourant au confinement des substances dangereuses pour l’environnement. En matière d’inspection du travail, l’ASNR constate que les exigences de sécurité sont globalement connues et respectées par les intervenants. Les actions de contrôle ont notamment porté sur le respect de la durée du travail, la prise en compte des risques vitaux et les accidents du travail. Ces actions n’ont pas mis en exergue d’écarts notables à la réglementation. Toutefois, certains sujets ont nécessité la mise en place d’actions correctives qui seront suivies de manière attentive par l’ASNR. Centrale nucléaire de Penly La centrale nucléaire de Penly, exploitée par EDF dans le département de la Seine‑Maritime sur le territoire de la commune de Penly, à 15 km au nord‑est de Dieppe, est constituée de deux REP d’une puissance de 1 300 MWe chacun, mis en service entre 1990 et 1992. Le réacteur 1 constitue l’INB 136, le réacteur 2 l’INB 140. L’ASNR considère que les performances de la centrale nucléaire de Penly en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et de protection de l’environnement rejoignent globalement l’appréciation générale des performances portée sur les centrales nucléaires d’EDF. En matière de sûreté nucléaire, l’ASNR estime que les performances de la centrale nucléaire, dont notamment la rigueur d’exploitation, sont en léger retrait malgré les efforts consentis. En effet, de nombreux événements significatifs pour la sûreté sont dénombrés. Ils sont notamment liés à des lacunes dans la gestion de la configuration de l’installation (lignages ou condamnations), à des défaillances de communication au sein du collectif de conduite et à un manque de rigueur dans la surveillance de l’installation. L’ASNR estime qu’un renforcement des actions menées sur la qualité de la préparation des activités et des documents associés aux activités d’exploitation courante (essais périodiques, lignages, etc.) doit être mis en œuvre en prenant en compte les facteurs organisationnels et humains. Concernant la gestion de crise, l’ASNR considère que l’exploitant doit engager des actions afin d’améliorer son organisation et de garantir un déploiement efficace des moyens locaux de crise. En ce qui concerne la maintenance, l’ASNR considère que l’organisation mise en place par le site est robuste et permet de garantir la conformité et le maintien en bon état général des matériels. Cependant, l’ASNR a constaté des lacunes ponctuelles dans la réalisation des activités de maintenance, qu’il s’agisse des phases de préparation, d’exécution ou de traçabilité des écarts. Des efforts doivent également être poursuivis afin de limiter les non-qualités de maintenance dues à des défauts d’ergonomie ou de complétude des documents. Ainsi, l’ASNR portera une vigilance accrue sur ces sujets durant les arrêts des deux réacteurs prévus en 2026. Dans le domaine de la radioprotection, l’ASNR considère que l’organisation mise en œuvre pour le suivi de la dosimétrie et la prévention de la radioprotection de travailleurs est satisfaisante. Les inspections menées ont permis de constater un bon niveau de suivi des équipements de prévention collective. Toutefois, des progrès sont attendus sur les processus à enjeux de radioprotection (tirs radios, gestion des accès en zones orange) ou des fragilités ont été relevées. Enfin, l’ASNR considère que le site doit poursuivre les efforts engagés pour la prévention du risque de contamination notamment en lien avec la gestion des déchets et du linge contaminés. Concernant la protection de l’environnement, l’ASNR considère que les performances sont globalement satisfaisantes. Néanmoins, des progrès sont attendus sur l’entretien des déshuileurs et sur les dispositifs de confinement liquide. L’ASNR considère également que la gestion des déchets est perfectible et plus particulièrement au sein des aires de collecte et de tri. En matière d’inspection du travail, l’ASNR constate que les exigences de sécurité sont globalement connues et respectées par les intervenants. Cependant, les contrôles ont ponctuellement mis en évidence des écarts concernant la prévention des risques vitaux, notamment ceux liés aux activités de levage, mais également en ce qui concerne les risques liés à l’aération des locaux de travail ou la prévention vis-à-vis du risque d’incendie. L’ASNR sera ainsi particulièrement attentive aux actions engagées pour renforcer les mesures de prévention de ces risques. Normandie 72 Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025

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