Rapport de l'ASNR 2025

Occitanie Usine Melox L’INB 151, dénommée «Melox », créée en 1990 et exploitée par Orano Recyclage, est une usine de production de combustible MOX, combustible constitué d’un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium. L’ASNR considère que le niveau de sûreté nucléaire est satisfaisant dans les domaines de la maîtrise des réactions en chaîne, des déchets, du management de la sûreté et du transport des substances radioactives. Une inspection de revue, impliquant plusieurs équipes d’inspecteurs, a été réalisée en 2025 sur le thème de la modernisation des installations. L’ASNR considère que l’organisation mise en place par l’exploitant pour déployer le plan de modernisation des installations de l’usine est satisfaisant. Une inspection sur le thème de l’incendie a été considérée assez satisfaisante, du fait notamment de la présence importante de charges calorifiques dans des locaux contenant des éléments importants pour la protection. Les écarts constatés ont été traités par l’exploitant. L’ASNR considère que le niveau de radioprotection est satisfaisant au regard de l’inspection réalisée sur ce thème. Les barrières de confinement sont maintenues à un niveau satisfaisant d’efficacité. Par ailleurs, l’exploitant a été confronté depuis quelques années à des difficultés à assurer la production des quantités prévues de combustibles conformes aux spécifications de sûreté des réacteurs nucléaires. Cette situation a engendré la production d’une quantité importante de rebuts de fabrication, envoyés à La Hague pour entreposage, induisant notamment un risque de saturation à court terme des entreposages de plutonium dans cet établissement, pouvant ainsi déstabiliser l’ensemble du « cycle du combustible ». Pour pallier les difficultés de production et notamment le taux de rebuts, l’exploitant a qualifié en 2022 une nouvelle poudre d’oxyde d’uranium qui a permis une réduction de la quantité de rebuts générés depuis 2023, éloignant ainsi la perspective de saturation à court terme des entreposages de plutonium à La Hague. Les objectifs de production de l’usine Melox pour 2025 ont ainsi été atteints. Pour 2026, Orano envisage d’entreprendre une phase de qualification à Melox de la poudre d’uranium provenant de son nouvel atelier appelé « nouvelle voie humide » (NVH) situé dans son usine de Malvési (voir chapitre 10 « Installations du “cycle du combustible” ») et permettra de sécuriser l’approvisionnement en oxyde d’uranium dans la durée. Par ailleurs, le rattrapage de plusieurs années de fonctionnement dégradé de l’installation induit, à Melox, des besoins importants de maintenance visant à restaurer le taux de disponibilité des outils de production. En matière de radioprotection, afin de limiter l’augmentation observée de la dose collective due à la situation de l’installation vis-à vis de ses objectifs de production, aux opérations de maintenance intégrant un appel croissant à des intervenants extérieurs et à l’état de propreté radiologique des équipements, l’exploitant procède notamment à des nettoyages approfondis des boîtes à gants pour améliorer les niveaux de doses ambiants. Enfin, concernant la modernisation de l’usine et l’extension des capacités de production, les travaux de mise en place d’une nouvelle boîte à gants, afin d’installer un second poste de dosage secondaire, ont démarré en 2025. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre du projet GoMOX consistant à doubler certaines unités de production critiques afin de fiabiliser le fonctionnement de l’usine. D’autres projets sont en cours dans ce domaine. Usine Centraco L’INB 160, dénommée « Centraco » et créée en 1996, est exploitée par la société Cyclife France, filiale à 100 % d’EDF. L’usine Centraco trie, décontamine, valorise, traite et conditionne – en particulier en réduisant leur volume – des déchets et des effluents faiblement et très faiblement radioactifs. Les déchets issus de son procédé sont ensuite acheminés vers le Centre de stockage de l’Aube (CSA) de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). L’installation est constituée : • d’une unité de fusion, où sont fondus les déchets métalliques, pour un tonnage annuel maximal de 3 500 tonnes (t) ; • d’une unité d’incinération, où sont brûlés les déchets incinérables, pour un tonnage annuel maximal de 3 000 t de déchets solides et 2 000 t de déchets liquides ; • de capacités d’entreposage. En 2025, l’ASNR considère que le niveau de sûreté de l’installation est assez satisfaisant. Une mise en situation conduisant à une activation du PC de crise a cependant mis en évidence des lacunes dans la maîtrise des dispositions d’organisation de crise par le personnel de l’installation. Un plan d’action a été mis en place en 2025 pour pallier ces lacunes. La gestion des risques non radiologiques a également été considérée comme perfectible à la suite d’une inspection conduite sur cette thématique. Les écarts détectés lors de l’inspection ont été depuis corrigés par l’exploitant. Une inspection réactive a par ailleurs été menée à la suite de la déclaration d’un événement significatif concernant l’absence de réalisation d’une partie des analyses réglementaires de surveillance. Des lacunes ont été relevées concernant l’organisation en place pour la surveillance de l’environnement. Une nouvelle organisation visant à fiabiliser cette surveillance a été mise en place fin 2025. Des inspections conduites sur les thèmes de l’incendie, du management de la sûreté et des agressions externes, ont été considérées dans l’ensemble satisfaisantes par l’ASNR. Le rapport de conclusion de réexamen périodique a été transmis en 2021 et son instruction est en cours. Les autorisations de rejet de l’installation ont été révisées en 2025 par l’ASNR pour prendre notamment en compte, lorsque cela est adapté, la réglementation relative aux émissions industrielles dite IED des installations d’incinération afin de parvenir à un niveau élevé de protection de l’environnement grâce à une prévention et à une réduction intégrée de la pollution. Irradiateur Gammatec La société Steris exploite depuis 2013 un irradiateur industriel, dénommé « Gammatec » (INB 170), qui assure le traitement de produits par ionisation (émission de rayonnement gamma) dans l’objectif de les stériliser ou d’améliorer les performances des matériaux. L’installation est constituée d’une casemate industrielle et d’une casemate expérimentale. Toutes les deux renferment des sources scellées de cobalt‑60 de haute activité, qui produisent le rayonnement nécessaire aux opérations. L’exploitant a remis le rapport de conclusion du réexamen périodique de son installation fin décembre 2023. L’instruction de l’ASNR a conduit à des demandes de compléments. Celle-ci s’est finalisée au cours d’une inspection qui s’est déroulée fin 2025. Elle a notamment consisté à contrôler l’organisation mise en œuvre par l’exploitant pour la réalisation de son réexamen ainsi que la qualité de ses conclusions et le suivi de son plan d’action. Le plan d’action de l’exploitant tiré de son rapport de conclusion est globalement satisfaisant. Rapport de l’ASNR sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2025 85

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