1. LES UTILISATIONS
INDUSTRIELLES, DE RECHERCHE
ET VÉTÉRINAIRES DES SOURCES
RADIOACTIVES
1.1 Les sources radioactives scellées
Les sources radioactives scellées sont définies comme les
sources dont la structure ou le conditionnement empêche,
en utilisation normale, toute dispersion de substances
radioactives dans le milieu ambiant. Leurs principales
utilisations sont présentées ci-après.
1.1.1 L’irradiation industrielle
L’ irradiation industrielle est mise en œuvre pour la sté-
rilisation de dispositifs médicaux, de produits pharma-
ceutiques ou cosmétiques et la conservation de produits
alimentaires. Elle est également un moyen utilisé afin de
modifier volontairement les propriétés dematériaux, par
exemple pour le durcissement des polymères.
Ces techniques d’irradiation de produits de consommation
peuvent être autorisées car, à l’issue de leur traitement, ces
produits ne présentent aucune radioactivité artificielle rési-
duelle(lesproduitssontstérilisésenpassantdansunrayonne-
mentsansêtreeux-mêmes« activés »àl’issuedutraitement).
Les irradiateurs industriels utilisent souvent des sources
de cobalt-60 dont l’activité peut être très importante et
dépasser 250000 térabecquerels (TBq). Certaines de ces
installations sont classées installations nucléaires de base
(INB) (voir chapitre 14). Dans de nombreux secteurs,
l’utilisation de sources scellées de haute activité pour
l’irradiationde produits est progressivement remplacée par
l’utilisation d’appareils électriques émettant des rayons X
(voir point 2).
1.1.2 La gammagraphie
La gammagraphie est une méthode très fréquemment
utilisée et qui permet d’apprécier des défauts d’homo-
généité dans des matériaux notamment dans le contrôle
des cordons de soudure. Cette technique utilise prin-
cipalement des sources d’iridium-192, de cobalt-60
ou de sélénium-75 dont l’activité peut atteindre une
vingtaine de térabecquerels. Un appareil de gamma-
graphie est le plus souvent un appareil mobile pou-
vant être déplacé d’un chantier à l’autre. Il se compose
principalement :
•
d’un porte source contenant la source radioactive ;
•
d’un projecteur, servant de conteneur de stockage et
assurant une protection radiologique quand la source
n’est pas utilisée;
•
d’une gaine d’éjection et d’un embout destinés à per-
mettre et à guider le déplacement de la source entre le
projecteur et l’objet à radiographier;
•
et d’une télécommande permettant la manipulation à
distance par l’opérateur.
L
e secteur industriel et la recherche
utilisent depuis longtemps des sources de
rayonnements ionisants dans une grande variété d’applications et de lieuxd’utilisa-
tion. L’enjeude la réglementation relative à la radioprotection est de contrôler que la
protectiondes travailleurs, dupublic et de l’environnement est correctement assurée.
Cette protectionpasse notamment par lamaîtrise de la gestiondes sources, souvent
mobiles et utilisées sur chantiers, et par le suivi de leurs conditions de détention, d’utilisation
et d’élimination, depuis leur fabrication jusqu’à leur fin de vie. Elle passe également par la res-
ponsabilisation et le contrôle d’acteurs centraux: les fabricants et les fournisseurs des sources.
Le cadre réglementaire des activités nucléaires en France s’inscrit dans le code de la santé
publique et le code du travail et oriente l’action de contrôle dont l’Autorité de sûreté nucléaire
(ASN) a la responsabilité. Il découle de la transposition des directives Euratom et évoluera
dans les prochaines années avec la transposition de la directive 2013/59/Euratom fixant les
normes de base relatives à la protection sanitaire contre les dangers résultant de l’exposition
aux rayonnements ionisants et à la mise en place d’un contrôle de la protection des sources
de rayonnements ionisants contre les actes de malveillance (voir chapitre 3).
Les rayonnements utilisés proviennent soit de radionucléides – essentiellement artificiels – en
sources scellées ou non, soit d’appareils électriques générant des rayonnements ionisants. Les
applications présentées dans ce chapitre concernent la fabrication et la distribution de toutes
les sources, les utilisations industrielles, de recherche et vétérinaires (les activités médicales
sont présentées dans le chapitre 9) et les activités ne relevant pas du régime des installations
nucléaires de base (celles-ci sont présentées dans les chapitres 12, 13 et 14).
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CHAPITRE 10 :
LES UTILISATIONS INDUSTRIELLES, DE RECHERCHE ET VÉTÉRINAIRES ET LA SÉCURITÉ DES SOURCES
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




