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De plus, les personnels concernés se soucient peu de leur

propre radioprotection et n’ont pas conscience des doses

qu’ils sont susceptibles de recevoir et/ou qu’ils reçoivent

en raisonnotamment de l’absence de port des dosimètres

adaptés et réglementaires.

Par ailleurs, une mise en place encore incomplète de la

dosimétrie et l’absence de suivi dosimétrique adapté,

notamment au niveau des extrémités pour certains actes

radioguidés, ainsi que l’absence de suivi médical des

praticiens, rendent difficile l’évaluation de l’état de la

radioprotection des travailleurs dans ce secteur. L’ ASN

constate toutefois des améliorations dans les services

ayant été inspectés et une prise de conscience des pro-

fessionnels liée au retour d’expérience des événements

déclarés.

Des difficultés d’ordre méthodologique et organisation-

nel persistent toujours pour les PCR, lesquelles n’ont pas

toujours les moyens leur permettant de remplir pleine-

ment leurs missions. En outre, dans le secteur libéral,

les analyses de postes des praticiens libéraux, leur suivi

dosimétrique, leur suivi médical, et le cas échéant celui

de leurs employés, constituent une difficulté récurrente.

5.7.2 La radioprotection des patients en radiologie

interventionnelle

Les constats établis à l’issue des inspections de 2014 confir-

ment également, pour la radioprotection des patients, les

observations faites au cours de ces dernières années. Il en

est ainsi des défaillances constatées dans l’application du

principe d’optimisationdes doses tant auniveaudu réglage

des appareils, des protocoles utilisés que des pratiques.

Elles résultent d’une insuffisance de formationdes opéra-

teurs à la radioprotection des patients et à une utilisation

nonmaîtrisée des appareils de radiologie, l’ensemble des

fonctionnalités des appareils permettant d’optimiser les

doses délivrées étant insuffisamment connues.

On constate, cependant, une nette amélioration au niveau

des installations dédiées en particulier en cardiologie

et en neuroradiologie où des revues dosimétriques se

généralisent en vue de l’optimisation des procédures ;

des niveaux de référence, pour les examens les plus cou-

rants, sont de plus en plus fixés au niveau local. Cette

démarche permet, en outre, de mettre en place un suivi

médical du patient adapté en fonction des niveaux de

dose reçus.

Dans le domaine de la radiologie interventionnelle et des

actes radioguidés, les démarches d’évaluationdes pratiques

professionnelles sont peu répandues. Les spécialités les

plus avancées en matière de démarche d’évaluation sont

la neuroradiologie, la chirurgie vasculaire et la coronaro-

graphie pour lesquelles entre 20 et 30 %des services ins-

pectés ontmené une évaluation. Ces démarches sont quasi

inexistantes pour les autres spécialités, tout en relevant le

très faible nombre de services inspectés.

Le faible recours aux radiophysiciens dans les services

pratiquant la radiologie interventionnelle constitue un

frein à la mise enœuvre du principe d’optimisation ; une

plus grande implication du physicienmédical permettrait,

Inspection de l’ASN sur le thème de la radiologie interventionnelle, hôpital de Villefranche-de-Rouergue, décembre 2010.

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CHAPITRE 09 :

LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015