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notamment, une meilleure utilisation des équipements

avec la mise en place de protocoles adaptés aux actes

réalisés. Lorsqu’il est fait appel à des sociétés propo-

sant des prestations externes en physique médicale, il

est constaté que les établissements s’approprient peu

les démarches et les productions documentaires de ces

dernières. Le retour d’expérience sur les événements

déclarés, détaillé dans une lettre circulaire de l’ASN

datant du 24 mars 2014

7

, a déjà permis de mettre en

évidence des gains de doses considérables, de 40 à

70 %, à l’issue de ces démarches d’optimisation réali-

sées par le radiophysicien.

Ces constats concourent à l’application insuffisante du

principe d’optimisation et peuvent engendrer des situa-

tions potentiellement à risque.

5.7.3 Synthèse

Comme en 2014, l’ASN estime que les mesures urgentes

qu’elle préconise depuis plusieurs années ne sont toujours

pas prises pour améliorer la radioprotection des patients

et des professionnels pour l’exercice des pratiques inter-

ventionnelles, notamment dans les blocs opératoires. Ces

mesures portent sur le renfort des effectifs en radiophy-

siciens, la formation des utilisateurs, l’assurance qualité,

la mise en place d’audit des pratiques professionnelles,

l’augmentation des moyens alloués aux PCR, la forma-

tion des professionnels à la radioprotection des patients

et la publication de guides de bonnes pratiques par les

sociétés savantes.

En particulier, dans le domaine de la physique médicale,

l’effort consenti depuis 2007 pour renforcer les effectifs

de radiophysiciens doit être poursuivi pour couvrir les

besoins en imagerie médicale.

L’ ASN a demandé à la HAS d’établir des recommanda-

tions nationales pour le suivi des patients ayant bénéfi-

cié d’un acte de radiologie interventionnelle susceptible

d’entraîner des effets tissulaires. Ces recommandations

ont été publiées en 2014 par la HAS

8

. En lien avec cette

publication, l’ASN estime que lamise enœuvre de revues

dosimétriques afin d’établir des niveaux de références

pour les actes les plus courants et/ou irradiants est à

poursuivre pour toutes les spécialités, en particulier, au

bloc opératoire. Ces évaluations permettront d’analyser

sa pratique et de déclencher un suivi adapté du patient,

le cas échéant.

Le bilandes actions recommandées par l’ASNen imagerie

médicale, publié en 2015, a été l’occasion de faire aussi le

point sur des sujets spécifiques dudomaine interventionnel

tels que la diffusion de guides de bonnes pratiques pour

les différentes spécialités, la formation des professionnels

7.

http://professionnels.asn.fr/Activites-medicales/Radiologie-

interventionnelle/Lettres-circulaires-en-radiologie-interventionnelle

8. «Améliorer le suivi des patients en radiologie interventionnelle

et actes radioguidés – réduire le risque d’effets déterministes ».

à la radioprotection des patients, la définition deNRDou

l’augmentation des moyens alloués aux PCR.

Du fait des enjeux tant pour la radioprotection des pro-

fessionnels, où des dépassements de limite de doses sont

toujours constatés, que pour celle des patients, où des

ESR sont déclarés, et en raison d’un manque de culture

de radioprotectiondes intervenants, notamment dans les

blocs opératoires, l’ASNmaintient le contrôle de la radio-

logie interventionnelle comme priorité nationale dans son

programme d’inspection 2016.

6. PERSPECTIVES

En radiothérapie, lesmesures prises depuis 2007enmatière

de ressources humaines et dans les domaines, de la for-

mation, du contrôle des équipements, de la qualité et de

la gestion des risques ont permis d’améliorer la sécurité

des traitements. Si les inspections de l’ASN permettent

de mesurer les progrès accomplis par les centres, des fra-

gilités sont encore constatées en termes de management

de la qualité et de gestion des risques. En effet, si les sys-

tèmes qualité s’étoffent au fil du temps et les études de

risque se déploient, ces démarches sont insuffisamment

évaluées et peinent à s’inscrire dans les pratiques. Les évé-

nements déclarés à l’ASNsoulignent, par ailleurs, les forts

enjeux de radioprotection, pour les patients, des traite-

ments hypofractionnés.

S’agissant des recommandations émises par leGPMEDsur

les conditions demise enœuvre des techniques d’irradia-

tion de haute précision en radiothérapie et des pratiques

associées, notamment celles conduisant à la réalisation

de traitements hypofractionnés, l’ASN engagera avec le

ministère chargé de la santé, l’INCa, la HAS ainsi que les

sociétés savantes les actions nécessaires pour renforcer

la sécurité et la protection des patients lors de leur mise

enœuvre. Elle sera particulièrement attentive au suivi de

ces actions, en particulier celles portant sur l’adaptation

des moyens nécessaires au déploiement de ces nouvelles

techniques ou pratiques, sur lamise enœuvre des procé-

dures d’audit clinique, sur le recueil prospectif des données

concernant les patients afind’être enmesure d’évaluer les

bénéfices et les risques et sur une meilleure implication

des patients dans leur sécurité.

Avec l’année 2015, s’est achevé le programme d’inspec-

tions quadriennal (2012-2015) des centres de radiothé-

rapie. Le nouveau programme d’inspections de l’ASN

pour les années 2016-2019, prenant en compte les

recommandations émises par un groupe de travail asso-

ciant les professionnels de radiothérapie, fera l’objet

d’une large communication début 2016. La gestion des

risques, en particulier l’évaluation des barrières orga-

nisationnelles et humaines mises en place, les traite-

ments hypofractionnés ainsi que le déploiement de

nouvelles techniques ou pratiques seront au cœur de

ses inspections.

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CHAPITRE 09 :

LES UTILISATIONS MÉDICALES DES RAYONNEMENTS IONISANTS

Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015