lourdes (contenant l’uranium-238) se concentrent à la
périphérie, tandis que les plus légères (contenant l’ura-
nium-235) sont récupérées au centre. En associant
plusieurs centrifugeuses, qui constituent ce que l’on
appelle une cascade, il est alors possible de récupérer
un flux enrichi en isotope-235 fissile et un flux appauvri.
Ce procédé présente deux avantages importants par rap-
port au procédé de l’ancienne usine d’enrichissement
Eurodif par diffusion gazeuse : il est moins consomma-
teur en énergie électrique (75 MWe contre 3000 MWe)
et il est plus sûr car les quantités de matière présentes
dans les cascades de centrifugeuses sont notablement
réduites (6 tonnes sur GB II au lieu de 3000 tonnes sur
Eurodif) et mises en œuvre sous forme gazeuse à pres-
sion sous-atmosphérique.
L’usine GB II est composée de deux unités d’enrichisse-
ment distinctes (unités SudetNord) et d’unatelier support,
le REC II. L’ASNa autorisé, début 2009, lamise en service
de l’unité Sud d’enrichissement. Aujourd’hui, toutes les
cascades de l’unité Sud sont en service.
L’unitéNord est construite sur lemêmemodèle que l’unité
Sud mais n’est composée que de six modules au lieu
de huit et a la spécificité d’être autorisée à enrichir de
l’uranium issu du traitement de combustibles usés dans
la première paire de modules. L’autorisation de mise en
service de cette unité a été donnée par l’ASN le 31 janvier
2013. L’enrichissement d’uranium issudu retraitement n’a
jamais été mis en œuvre dans l’installation et est soumis
à autorisation préalable de l’ASN. Lamise en production
progressive des cascades d’enrichissement a quasiment
été achevée en 2015 sous la supervision de la commis-
sion d’autorisation interne de démarrage des cascades
qui a fonctionné de façon satisfaisante.
Après une inspection conduite par l’ASN en 2014 sur le
thème du risque de criticité dont les conclusions n’étaient
passatisfaisantes,l’ASNavérifiéen2015quelaSETavaitmis
enplacedes actions pour améliorer lamaîtrisede ce risque.
Enoutre, l’ASNa autorisé lamise en servicede l’atelier dédié
au transfert, à l’échantillonnage et au contrôle de lamatière
nucléaire (REC II) par sa décision n° 2014-DC-0461 du
7 octobre 2014. Cet atelier regroupe les principaux enjeux
en termes de sûreté nucléaire et chimique de l’installation
GB II. L’ASN a vérifié en 2015 les conditions de mise en
service de cette installation. L’ASN considère que le fonc-
tionnement de l’installation devra être fiabilisé.
L’ usine Georges Besse II a présenté un niveau de sûreté
satisfaisant en 2015. Les technologies mises en œuvre
dans l’installation permettent d’atteindre des standards
de sûreté, de radioprotection et de protection de l’envi-
ronnement élevés.
L’ installation Atlas
Le décret n
o
2015-1210 du 30 novembre 2015 a autorisé
la création par Areva NC de l’INB Atlas (Areva Tricastin
laboratoires d’analyse). Cette installation a pour vocation
de regrouper les activités exercées actuellement par les
laboratoires d’analyses industrielles propres aux dif-
férentes installations Areva des sites du Tricastin et de
Romans-sur-Isère. L’ exploitant a par la suite transmis une
demande d’autorisation de mise en service de cette INB.
Cette demande est en cours d’instruction et devrait aboutir
fin 2016 - début 2017.
Le regroupement des parcs d’entreposage du site
du Tricastin au sein d’une même INB
Areva avait déposé en2012undossier d’options de sûreté
pour le projet Écureuil, relatif à la création sur le site du
Tricastin d’une extension des capacités d’entreposage
d’U
3
O
8
de retraitement utilisant des bâtiments existants
précédemment déclassés. L’ ASN a rendu un avis sur ce
dossier d’options en octobre 2013. Ce projet a ensuite été
abandonné par l’exploitant.
Areva a fait part à l’ASN en février 2015 de sa volonté de
créer une nouvelle INB destinée à la gestion du stock de
matières uranifères du site du Tricastin. Dans ce cadre
et après avoir entrepris des actions d’optimisation des
entreposages existants du site permettant de repousser
la date de saturation des entreposages de 2019 à 2021,
Areva a transmis à l’ASN en avril 2015 un dossier d’op-
tion de sûreté concernant la création de nouveaux bâti-
ments d’entreposage en remplacement du projet Écureuil.
L’ ASN a formulé un avis négatif sur ce dossier d’option
de sûreté qui ne prenait pas en compte les évolutions
réglementaires intervenues depuis 2012 et se fondait sur
des aléas naturels obsolètes. Areva envisage de déposer
une demande d’autorisation de création d’une nouvelle
installation nucléaire de base fin 2016.
Usine FBFC de fabrication de combustible à Romans-sur-Isère.
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CHAPITRE 13 :
LES INSTALLATIONS DU CYCLE DU COMBUSTIBLE NUCLÉAIRE
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




