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des industriels concernés ; une vérification de la qua-

lité des fabrications passées doit donc être menée ;

les principaux industriels, Areva, CEA, EDF, pre-

miers responsables de la sûreté de leurs installations,

connaissent des difficultés économiques ou financières.

Des réorganisations profondes sont en cours. Il faudra

du temps pour qu’elles prennent pleinement effet ;

l’ASN et l’Institut de radioprotection et de sûreté

nucléaire (IRSN) n’ont pas obtenu pour 2016 les ren-

forts nécessaires pour faire face à ces enjeux. Dans ces

conditions, l’ASN donnera la priorité au contrôle des

installations en fonctionnement et non à l’examen des

installations nouvelles. Une telle situation n’est néan-

moins pas durable, et l’ASN en appelle à nouveau à

une réflexion sur son financement lui permettant de

disposer de ressources adaptées et adaptables à ses

besoins, et à ceux de l’IRSN.

Ce contexte préoccupant doit inciter l’ensemble des

acteurs à la plus grande vigilance pour que la sûreté

reste prioritaire. L’ ASN, pour sa part, sera attentive aux

capacités techniques et financières des industriels, ainsi

qu’au maintien en leur sein des compétences clés pour

la sûreté. Elle veillera également à la bonne réalisation

des investissements de sûreté nécessaires.

L’approche européenne de la sûreté

se développe avec ambition

L’ accident de Fukushima a conduit à envisager le ren-

forcement des dispositions de la convention interna-

tionale sur la sûreté nucléaire adoptée après l’accident

de Tchernobyl. Une déclaration politique a été adop-

tée en février 2015 : elle énonce des objectifs de sûreté

renforcés mais n’impose aucune nouvelle obligation en

la matière. L’ absence de vision partagée sur le niveau

de sûreté à atteindre explique ce résultat, que l’ASN

juge décevant. Dans ces conditions, il est particulière-

ment important d’entretenir la dynamique instaurée

en Europe dans ce domaine, illustrée par la directive

européenne de 2014 sur la sûreté nucléaire, qui impose

Montrouge, le 1

er

mars 2016

L

année 2015

s’inscrit dans la continuité

des années précédentes : la situation en

matière de sûreté nucléaire et de radio-

protection est globalement satisfaisante.

La sûreté d’exploitation des installations

nucléaires s’est en particulier maintenue à un bon niveau,

la radioprotection méritant néanmoins une vigilance

particulière, notamment dans le domaine médical qui

a connu une dizaine d’incidents de niveau 2 en 2015.

Mais ce jugement positif pour 2015mérite d’être nuancé,

car il s’inscrit dans un contexte préoccupant, porteur

d’inquiétude pour l’avenir. Ce jugement résulte de trois

constats :

les enjeux de sûreté et de radioprotection ne feront

que croître sur la période 2015-2020 :

-- l’éventuelle poursuite du fonctionnement des réac-

teurs de 900 MWe au-delà de leur quatrième réexa-

men périodique est un enjeumajeur. L’ avis générique

de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) sur ce sujet

interviendra au plus tôt fin 2018 après analyse des

études restant à mener par EDF ;

-- les autres grandes installations nucléaires, installa-

tions du cycle du combustible, réacteurs de recherche

notamment, vont devoir pendant la même période

faire l’objet d’un réexamen périodique. L’ ASN va

devoir d’ici fin 2017 engager le traitement d’une

cinquantaine de dossiers de réexamen ;

-- les améliorations des installations imposées à la

suite de l’accident de Fukushima doivent continuer

à être déployées, notamment pour les équipements

fixes du « noyau dur », qui doivent compléter les

moyens mobiles déjà mis en place ;

-- les projets ou chantiers d’installations nouvelles,

EPR, Cigéo, RJH, ITER prennent du retard. La sûreté

n’est généralement pas en cause, à l’exception de

l’anomalie de la cuve de l’EPR de Flamanville qui

fait l’objet d’un traitement particulier. Cette ano-

malie a été découverte tardivement, à la suite des

demandes formulées par l’ASN, et non à l’initiative

ÉDITORIAL DU COLLÈGE

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Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015