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est plus complexe et s’étendra sur une plus longue

période.

Une réglementation des équipements

sous pression qui s’adapte

L’ arrêté du 12 décembre 2005 a modifié la réglemen-

tation applicable à la fabrication des équipements sous

pression nucléaires (ESPN), principalement en renfor-

çant les justifications attendues des constructeurs sur

la qualité de leurs fabrications et en organisant l’inter-

vention d’organismes de contrôle technique agréés.

Cette approche réglementaire a en particulier permis,

grâce aux justifications étendues qu’elle exige, la mise en

évidence d’anomalies sur la cuve de l’EPR en construc-

tion à Flamanville. Des essais complémentaires appro-

fondis doivent être effectués. Leur réalisation permettra

de statuer sur l’acceptabilité des pièces concernées au

regard des exigences de sûreté.

Ces constatations ont également conduit à l’engagement

d’une démarche de réexamen de la qualité de fabrica-

tion par Areva d’ESPN depuis une dizaine d’années.

Cependant lamise enœuvre de cette réglementation s’est

révélée plus complexe qu’anticipée, comme l’ont illustré

les difficultés d’évaluation de la conformité des généra-

teurs de remplacement du réacteur 3duBlayais. Un travail

conjoint a été engagé par l’ASNavec leministère chargé de

l’environnement et les industriels concernés en avril 2015

pour traiter ces problèmes au fond et permettre la pleine

application de la réglementation, modifiée par l’arrêté du

30 décembre 2015, qui introduit notamment un régime

transitoire prenant fin le 31 décembre 2018.

Le démantèlement à terme du parc nucléaire

actuel générera de très grandes quantités

de déchets de très faible activité qui pourraient

être stockées localement

Le démantèlement d’une installation nucléaire de base

(INB) est une opération longue et complexe, présentant

des risques, qui doit être anticipée dès la conception

de l’installation et préparée dès que son arrêt défini-

tif est décidé.

Les principaux exploitants d’INB auront à conduire

d’importants programmes de démantèlements dans

les années à venir.

Ainsi EDF, d’ores et déjà confrontée au démantèle-

ment d’installations arrêtées depuis plusieurs années,

doit se préparer au démantèlement à terme du parc

des réacteurs actuellement en service. Il en résultera

un afflux de déchets radioactifs renforçant encore

la nécessité d’accroître les capacités d’entreposage

des déchets à vie longue en attendant la disponibi-

lité d’installations de stockage. Les grandes quan-

tités de déchets très faiblement actifs poseront par

ailleurs une question nouvelle : pour limiter les flux

de transports, ne devrait-on pas envisager plusieurs

stockages régionaux plutôt qu’une seule installation

centralisée ? L’ ASN estime nécessaires une évaluation

et un débat sur ce point.

Le CEA est de son côté confronté à la nécessité de pro-

céder au démantèlement de nombreuses installations

situées dans des INB civiles ou relevant de la Défense.

Les opérations correspondantes ont enregistré d’impor-

tants retards au cours des dernières années. L’ ASN, en

accord avec l’Autorité de sûreté nucléaire de Défense,

considère qu’une telle situation est préjudiciable à la

sûreté et que les moyens nécessaires pour y remédier

doivent être mobilisés.

Dans un même ordre d’idées, les opérations engagées

par Areva sur son site de La Hague pour reprendre et

conditionner les déchets historiques nécessiteront des

moyens importants.

Les stockages de déchets à vie longue ont du retard :

les capacités d’entreposage doivent être réévaluées

Pour les déchets à vie longue, le stockage souterrain

est la solution qui offre le meilleur niveau de sûreté à

l’échelle de temps considérée. Elle est donc reconnue

internationalement comme la solution de référence.

L’ allongement constaté des durées d’études prélimi-

naires des projets de stockages de déchets à vie longue

confirme néanmoins la difficulté de mise en œuvre de

tels projets. Il apparaît en particulier :

que le calendrier fixé par la loi pour le développe-

ment du projet Cigéo doit être décalé d’ores et déjà

de cinq ans ;

que le choix d’un site de stockage de déchets de faible

activité à vie longue (FA-VL) soulève toujours des

difficultés.

Les producteurs de déchets doivent donc impérative-

ment réévaluer leurs capacités d’entreposage de façon

à assurer au système global de gestion de ces déchets

des marges suffisantes pour faire face, sans compro-

mettre la sûreté nucléaire, aux incertitudes portant sur

la disponibilité effective de solutions de stockage. Cette

démarche indispensable d’extension des entreposages

dans le court terme ne doit toutefois pas détourner de

l’objectif de stockage à long terme.

À cet égard, les études relatives au projet de stockage

en couche géologique profonde des déchets de haute et

moyenne activité à vie longue se poursuivent, en par-

ticulier sur le thème de la réversibilité, qui recouvre

une double exigence :

adaptabilité de l’installation aux avancées scienti-

fiques et technologiques tout comme aux conséquences

d’éventuelles évolutions de politique énergétique ou

de choix industriels pouvant conduire au stockage

de combustibles usés non retraités ;

récupérabilité, pendant une durée fixée, des déchets

déjà stockés.

ÉDITORIAL DU COLLÈGE

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Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015