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des exigences plus ambitieuses que celles de la conven-

tion internationale, et par la directive européenne sur

la radioprotection de 2013.

L’ harmonisation européenne de la sûreté et de la radio-

protection reste une priorité de l’ASN, qui continuera

à participer activement aux travaux de l’ENSREG

(European Nuclear Safety Regulators Group)

, organe

consultatif de la Commission européenne dans le

domaine de la sûreté nucléaire, et de WENRA (Western

European Nuclear Regulators Association)

et HERCA

(Heads of the European Radiological protection Competent

Authorities),

associations des Autorités de sûreté et de

radioprotection européennes. Le président de l’ASN

a d’ailleurs été porté à la présidence de l’ENSREG

en 2015.

L’ ASN soutiendra en particulier les projets d’harmoni-

sation de la gestion des situations d’urgence en Europe,

portant notamment sur la coordination des mesures

de protection des populations et de l’environnement à

mettre en œuvre par les différents pays concernés par

les rejets, en cas d’accident nucléaire grave.

L’éventuelle poursuite de fonctionnement

d’installations anciennes est un enjeu majeur

EDF souhaite étendre la durée de fonctionnement du

parc de ses réacteurs actuellement en service signifi-

cativement au-delà de quarante ans, durée prise en

compte lors de leur conception initiale. Dans l’avenir,

ce parc coexisterait ainsi avec des réacteurs nouveaux,

de type EPR ou équivalent, répondant à des exigences

de sûreté significativement renforcées. La poursuite du

fonctionnement des réacteurs actuels au-delà de qua-

rante ans doit donc être examinée en tenant compte de

l’existence d’une technologie plus sûre. Deux objectifs

s’imposent dès lors. L’ exploitant doit en premier lieu

justifier la conformité des réacteurs avec la réglemen-

tation applicable, notamment en analysant et en trai-

tant les problèmes de vieillissement et d’obsolescence

des équipements. Il doit par ailleurs améliorer leur

niveau de sûreté au regard des exigences applicables

aux réacteurs nouveaux.

Sur ce sujet, l’ASN a pris position en 2013 sur la liste

des thèmes à approfondir et des études génériques à

mener dans la perspective des quatrièmes réexamens

périodiques des réacteurs de 900 MWe. Début 2016,

elle doit se prononcer sur les orientations retenues par

EDF pour les programmes d’études et de vérifications

associés à ces réexamens.

Le réacteur 1 de la centrale du Tricastin sera le premier

en France à faire l’objet, en 2019, de sa quatrième visite

décennale. Cette échéance est très contraignante compte

tenu de l’ampleur des analyses et travaux à effectuer.

Elle soulève de nombreuses questions : capacité d’EDF

à réaliser les études nécessaires, capacités industrielles

à réaliser les travaux correspondants, capacité de l’ASN

et de l’IRSN à mobiliser les moyens nécessaires pour

analyser les propositions puis contrôler la réalisation

du programme décidé.

L’ ASN prévoit de rendre en 2018 un avis générique

sur la poursuite de fonctionnement des réacteurs de

900 MWe au-delà de quarante ans. L’ élaboration de cet

avis global fera l’objet d’une participation du public.

Par la suite, le réexamen périodique de chaque réac-

teur donnera lieu à l’enquête publique prescrite par

la loi relative à la transition énergétique pour la crois-

sance verte (TECV).

Les installations autres que les réacteurs de puissance

(laboratoires, usines déchets et démantèlement)

recouvrent une grande variété d’activités : recherche,

cycle du combustible, gestion des déchets, production

de radiopharmaceutiques et irradiateurs industriels…

Ce sont souvent des installations anciennes.

Plusieurs dizaines de ces installations doivent faire

l’objet, souvent pour la première fois, d’un réexamen

périodique. Il en résulte d’ores et déjà, pour l’ASN

et l’IRSN, une augmentation notable de la charge de

travail qui ne fera que s’amplifier dans les années à

venir. Le renforcement, sur une base récemment for-

malisée, d’un contrôle proportionné aux enjeux de

sûreté permettra d’optimiser l’utilisation des moyens

de l’ASN et de l’IRSN.

En tout état de cause, l’ASN veillera à ce que les mises

à niveau prescrites à la suite de ces réexamens soient

effectivement réalisées en dépit des contraintes éco-

nomiques, financières et budgétaires auxquelles sont

confrontés les exploitants.

Les équipements fixes post-Fukushima

doivent être déployés

La prise en compte des enseignements de l’accident

de Fukushima est une priorité de l’ASN depuis 2011.

L’ ASN a fixé des prescriptions visant à renforcer signi-

ficativement la sûreté de l’ensemble des installations

nucléaires et en contrôle la mise en œuvre. L’ ASN a

en particulier prescrit la mise en place dans chaque

installation d’un « noyau dur » de dispositions maté-

rielles et organisationnelles permettant, dans des condi-

tions extrêmes telles que celles ayant conduit à la

catastrophe de Fukushima, de prévenir un accident

grave et, s’il se produisait néanmoins, d’en limiter

les conséquences.

Ce « noyau dur » comprend des matériels mobiles

connectables à l’installation ainsi que des équipements

fixes, permettant de cumuler les avantages de la dis-

ponibilité immédiate des équipements fixes et de la

souplesse d’utilisation des équipements mobiles. Au

niveau international, de nombreux pays se sont limi-

tés, pour l’essentiel, à la mise en œuvre d’équipements

mobiles. Ces équipements mobiles sont complètement

déployés en France comme dans la plupart des autres

pays européens. La mise en place d’équipements fixes

ÉDITORIAL DU COLLÈGE

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Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015