Des écarts sont encore observés dans les domaines de
l’exploitation et de la surveillance des installations. En
particulier, la détection et le traitement des écarts relatifs
à la conformité des installations sont améliorables, voire
insuffisants, sur lamajorité des sites. Des défauts de confi-
nement des liquides, observés sur plusieurs sites,montrent
également que certaines dispositions d’exploitation et de
maintenance ne font pas l’objet d’une attention suffisante
de la part d’EDF. Enfin, la gestion des déchets est globale-
ment en progrès mais reste souvent perfectible, avec des
écarts aux différents référentiels d’exploitation.
L’ASNconsidère que la qualitéde ladocumentation relative
aux risques conventionnels et auxmodalités d’exploitation
des installations reste améliorable, notamment en ce qui
concerne l’affichage de certaines consignes au niveau des
installations et l’étiquetage des substances dangereuses.
L’ ASN note une progression dans la déclinaison et l’ap-
propriationdes prescriptions réglementant les rejets et les
déchets, et des dispositions de prévention et de limitation
des nuisances fixées par l’arrêté du 7 février 2012 et la
décision n° 2013-DC-0360 du 16 juillet 2013.
L’ASN considère enfin que la démarche d’intégration par
EDF des équipements et activités relatifs à la maîtrise des
nuisances et de l’impact sur l’environnement parmi les
équipements et activités importants pour la protectiondes
intérêts définis par l’arrêté du 7 février 2012 est toujours
insuffisante et doit être notablement renforcée.
4.1.6 L’analyse du retour d’expérience
Le processus de retour d’expérience
Le retour d’expérience (REX) s’appuiemajoritairement sur
les processus d’identification et de traitement des écarts
(« boucle duREX »). Ces processusmobilisent l’ensemble
des acteurs de l’exploitation des réacteurs, y compris les
intervenants extérieurs. Les actions engagées par EDF
depuis 2012, notamment dans le cadre de son « pro-
gramme d’actions correctives » se concrétisent par une
amélioration de la capacité d’EDF à détecter les écarts
aux exigences spécifiées et par une adhésion accrue des
prestataires et sous-traitants à ces processus. Il en résulte
un accroissement significatif des signalements qui exige
une adaptationdes organisations de l’exploitant. En2015,
l’ASN note cependant encore une trop faible efficacité
de la boucle du REX et estime que l’efficacité des actions
curatives, correctives et préventives mises en place doit
être mieux évaluée
a posteriori
.
Il existe par ailleurs des disparités dans la manière dont
les centrales prennent en compte le retour d’expérience.
Certaines centrales centrent leur action sur la prise en
compte de leur REX local alors que d’autres intègrent lar-
gement le REX national diffusé par les services centraux.
Le renforcement de la vigilance d’EDFdans la diffusiondu
REX vers ses prestataires et sous-traitants est également
nécessaire puisque ces derniers interviennent en général
sur plusieurs centrales.
Concernant notamment le retour d’expérience réactif
– c’est-à-dire à la suite d’un événement significatif (voir
chapitre 4, point 3.3) – les centrales utilisent une nouvelle
méthode d’analyse des événements significatifs proposée
par les services centraux d’EDF. L’ ASNnote une disparité
dans la qualité des rapports d’événements significatifs
en fonction des sites : les analyses effectuées par certains
sites permettent d’aller au-delà des causes apparentes et
mettent en exergue des dysfonctionnements organisa-
tionnels, tandis que les analyses effectuées sur d’autres
sites restent globalement toujours au niveau des causes
apparentes, malgré la présence de consultants « facteur
humain ». Le retour d’expérience réactif, qui comprend
principalement l’analyse des causes profondes souvent
organisationnelles et l’identification, la mise en œuvre
et le suivi des actions correctives, reste encore souvent
superficiel. Il est aussi régulièrement constaté par l’ASN
que lesmesures correctivesmises enœuvre par les sites ne
GRAPHIQUE 4 :
évolution du nombre d’événements significatifs classés sur l’échelle INES dans les centrales nucléaires d’EDF de 2008 à 2015
2013
2014
2015
2009
2008
2012
2011
2010
737
665
72
95
74
95
82
75
66
699
642
680
734
690
629
0
0
1
1
1
1
1
734
795
717
830
817
765
67
1
697
747
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
Total
Niveau 0
Niveau 1
Niveau 2
407
CHAPITRE 12 :
LES CENTRALES NUCLÉAIRES D’EDF
Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2015




